20.11.2008
Captain M.
Extrait d'un journal intime, écrit en Afrikaans et en Anglais:
« Namibie, décembre 1976, zone frontalière avec l’Angola.
Notre mission est simple : sécuriser la frontière. Nous avons nos moyens pour procéder en silence sans laisser de traces. Pays difficile d’accès. Pas d’hôtels. Pas de touristes. Pas de journalistes.
L’une de nos armes les plus efficaces est un poison dont une petite dose peut tuer un éléphant. Notre cible nous est transmise par message crypté. Ce n’est écrit nulle part mais c’est un satellite US qui l’aura identifiée hier.
Nous connaissons les traditions des tribus et savons les utiliser à notre avantage sans jamais attirer l’attention sur nos actions de nettoyage.
Notre tactique « poison » est toujours la même : envoyer un bushman en éclaireur. Ils bougent sans bruit et sont capables de rester immobiles pendant des heures même par grande chaleur. Ils se confondent tellement avec l’environnement que mêmes les blacks passent à un mètre d’eux sans jamais les apercevoir.
Quand le bushman revient vers nous, quelques signes suffisent pour nous informer si les villageois sont partis au travail et si la marmite chauffe au milieu du village.
Alors l’un de nous pénètre la zone et déverse un sachet du poison dans la marmite avant de nous rejoindre en bordure du village.
Puis l’attente. Nous voyons les villageois, hommes, femmes et enfants rentrer. Nous les entendons parler, rire et chanter. A la tombée de la nuit, distribution de la viande bouillie dans la marmite à tous les villageois. Ils mangent tous ensemble, hommes, femmes et enfants.
Quelques heures plus tard, plus aucun bruit humain.
Le bushman repart en éclaireur. Nous suivons. Elimination des quelques survivants par injection. S'assurer qu'il ne reste aucun témoin.
Le lendemain, message au QG : « Avons découvert village. Une centaine de morts probablement des suites d’une intoxication alimentaire. Proposons de brûler les corps.» Un médecin de l’armée ne tardera pas à confirmer le constat.
Evidemment, nous utilisons d’autres moyens, la tactique « poison » ne pouvant s’appliquer qu’une ou deux fois par mois.
Cela me fait vomir. Que Dieu me pardonne.
[...]
Captain M.,
Special Forces,
South African Army.»
***
Le capitaine M. a disparu après avoir déserté en 1978. Personne ne sait ce qu’il est devenu. J’ai découvert son journal intime caché dans la bibliothèque de son père, mon oncle Peter, décédé il y a deux ans et qui ne m’a jamais parlé de son fils aîné. Par respect pour mon oncle, héros de la deuxième guerre mondiale ayant combattu les Nazis, je ne mentionne pas son nom.
00:56 Publié dans Souvenir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : horreur, guerre, guerilla
18.11.2008
Normalité, quand tu nous tiens...
C’est quoi, « Être normal » ?
Cette question, je me la pose depuis toujours ayant grandi à coté de mon petit frère handicapé mental de naissance. Je dis « petit » frère, mais il mesure quand même 1 mètre 92 centimètres, 14 centimètres de plus que moi. Son handicap ne l’a pas empêché d’être beau comme un dieu, d’avoir une santé d’enfer et d’être la plupart du temps souriant. Il a l’air normal. Mais il ne parle pas. A peine quelques sons qui ressemblent à des mots style « au évo » pour dire « au revoir » ce qu’il dira aussi bien quand on arrive que lorsqu’on part. Il a le vocabulaire d’un bébé de 2 ans. Jusqu’à ses douze ans, il s’exprimait de deux façons : en pleurant quand c’était « Non » ou « Pas content » ou « Faim » ou « Soif » ou « Pipi » etc. En souriant pour le solde des émotions que nous exprimons tous. Normalement.
Ma sœur a toujours été normale. Bien que. Elle est très belle. Plus belle que la normale. Mensurations parfaites et en couverture de plusieurs magazines en vogue au début des années ’80. Top-modèle quoi. Comme elle était une star de la mode et qu’aujourd’hui encore, elle bouge dans le milieu fashion NY, Paris et Milan, elle est souvent en compagnie de celles qui font rêver les gens normaux – Kate M***, Claudia S***, Ellie Mc***, Adriana L***… ’Elle a parfois la bonne idée de m’inviter au resto avec ses copines. Normal que cela me plaise et que je suis fier d’elle. Non ?
Mon père est normal lui aussi. Sauf qu’il est vraiment très intelligent. Pas émotionnellement mais objectivement. QI supérieur à 200 à quarante ans. Il paraît que c’était fou. Faut dire qu’il a bossé en recherche scientifique avec deux chercheurs prix Nobel aux USA et qu’il est PhD dans plusieurs domaines de la science. Quand j’étais jeune, j’avais toujours du mal à communiquer avec lui. Il me répondait avant même que je ne pose ma question. Aux échecs, il me disait « Echec et mat » alors que j’étais sur le point de scratcher sa reine. Pas facile d’avoir un père au-dessus de la normale. Il m’a fallu des années avant de le rattraper - c'est plutôt lui qui a regressé - et d’enfin pouvoir lui parler normalement des choses de la vie.
Et ma mère ? Elle a l’air normal. Mais quand on la connaît, on sait qu’elle sort du commun. Une force de caractère incroyable. Très exigeante et sévère, très assise sur les principes. Ce n’est que récemment qu’elle m’a étonné par sa perspicacité et son intelligence émotionnelle : « Je savais que tu n’étais pas heureux dans ton mariage. Je suis heureuse pour toi qu’une maîtresse t’a sauvé et qu’aujourd’hui, ton amie africaine te comble. » Peut-être est-ce le rôle de toute mère normale de ressentir l’humeur de ses ouailles mais la mienne, elle m’a vraiment étonné.
Mes amis et connaissances ? C’est curieux : à mes yeux ils sont tous riches. Je ne parle pas de leur condition au sens matériel du terme. Ils ont tous un truc par lequel je suis heureux de les connaître. Soit parce qu’ils réussissent dans la vie, soit parce qu’ils sont artistes, soit parce qu’ils font des choses que je ne sais pas faire, soit parce qu’ils n’ont besoin de rien pour être heureux, soit parce qu’ils répandent la joie de vivre, soit parce qu’ils m’impressionnent, soit parce que je les respecte, soit… J’ai toujours le sentiment qu’ils sortent de la normalité, que ce sont des êtres merveilleux.
Tout cela me ramène à cette fameuse « normalité », décrite comme suit dans Wikipédia : « Ce qui est conforme à ce dont on a l'habitude ce qui ne surprend, ne dérange ni n'attitre la curiosité. C'est une notion vague, redéfinie en fonction de chaque personne, selon ce qu'elle est habituée à percevoir. Une chose normale est donc perçue quasiment inconsciemment et on ne s'en souvient pas facilement […] »
Cette définition m’embête. Si elle est correcte, pourquoi la normalité m’occupe depuis toujours alors qu’elle est censée de passer d'une façon quasiment inaperçue ?
Serais-je normal ?
03:11 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : normalité, intelligence, richesse, handicap
13.11.2008
Instant Feeling
Il est parfois de ces chansons qui expriment parfaitement ce que l'on ressent. "Protection" de Massive Attack mérite que l'on l'écoute attentivement. La fragilité de l'être, cela se respecte, cela se protège. J'ai repris les paroles ci-après (avec une légère modification en rouge dans le texte vu que je suis du sexe masculin). Silently, wish you to enjoy...
This girl I know needs some shelter
She don't believe anyone can help her
She's doing so much harm, doing so much damage
But you don't want to get involved
You tell her she can manage
And you can't change the way she feels
But you could put your arms around her
I know you want to live yourself
But could you forgive yourself
If you left her just the way
You found her
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
You're a girl and i'm a boy
But you know you can lean on me
And I don't have no fear
I'll take on any woman here
Who says that's not the way it should be
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
She's a girl and you're a boy
Sometimes you look so small, look so small
You've got a baby of your own
When your baby's gone, she'll be the one
To catch you when you fall
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
You're a girl and i'm a boy [x4]
Sometimes you look so small, need some shelter
Just runnin' round and round, helter skelter
And I've leaned on me for years
Now you can lean on me
And that's more than love, that's the way it should be
Now I can't change the way you feel
But I can put my arms around you
That's just part of the deal
That's the way I feel
I'll put my arms around you
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
I stand in front of you
I'll take the force of the blow
Protection
You're a girl and i'm a boy [x4]
01:29 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homme, femme, amour, protection, massive attack




