16.12.2009

Missing words

painting 006.jpg

 

M'expose vu que les mots me manquent.

 

15.10.2009

Les Petits Pas

lune-200_jpg.jpgLa manoeuvre était compliquée : d’abord contourner la lune, ensuite revenir sur le devant après quoi il fallait retourner en arrière et puis se poser tranquillement sur la surface lunaire.

 

A ce moment-là, nous devions crier « L’HOMME MARCHE SUR LA LUNE !! »

 

Mon co-équipier et moi, nous nous étions parfaitement entraînés à effectuer les mouvements sans la moindre hésitation. Mais là, ce n’était plus de la simple répétition, c’était pour de vrai. Tous les yeux de notre petit monde nous fixaient.

 

Heureusement que des semaines de préparation nous avaient habitués à bouger dans notre combinaison d’astronaute qui nous faisait ressembler au bonhomme de Michelin.

 

Notre instructrice nous avait appris à parler à voix forte dans ce bocal embué qu’était notre casque. Peut-être que cela fait sourire mais pour nous l’effort paraissait surhumain.

 

Je me rappelle que pendant des soirées entières mes parents et ma petite soeur écoutaient avec patience mon récit de l’épopée en préparation. Ils étaient fiers que leur fils, jusqu’alors un tantinet timide, avait été choisi pour cette mission lunaire que l’on ne confie qu’à ceux qui ont l’étoffe d’un héros. C’est en tous les cas ce que j’ai appris quelques années plus tard. Au moment même, je ne pensais qu’à bien faire ce que toute la classe attendait de moi.

 

Le moment fatidique, je ne l’oublierai jamais.

 

Voilà que nous étions projetés sur les devants de la scène. J’avançais avec mon co-équipier d’un pas lent et presque synchronisé tenant par les mains notre engin spatial en forme de fusée.

 

Le public était débout et applaudissait dès que nous apparaissions. Je voyais mes parents et ma sœur qui me souriaient.

 

Alors que retentissait un impressionnant « Also sprach Zarathoustra », les deux would-be héros du moment entamaient la manœuvre finale : ils contournaient un gros ballon jaune qui faisait office de lune. J’étais très concentré à ne pas rater le virage… Zarathoustra devint muet et le silence se fit.

 

Soudainement, un gros tremblement s’empara de notre fusée. Je sentais derrière moi mon co-équipier qui flanchait... Je me retournai et lui soufflai de tenir bon. Je voyais que cela n’allait pas : « Je…Je n’en peux plus !! » et alors que le souffleur chuchota « L’homme marche sur la lune », il lâcha la fusée, enleva son bocal d’astronaute et lança un énorme cris de désespoir à travers toute la salle: « JE DOIS FAIRE PIPIIIIII !!! ».

 

Le public éclata de rire et mon co-équipier ne contenait plus ses pleurs ni sa vessie…

 

Ainsi donc se termina notre odyssée à bord de notre fusée en carton. Partis en héros pour alunir dans la Mer du Silence et voilà que nous terminions, la combinaison n’étant pas étanche, en zéro dans une flaque de pipi…

 

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais cinq ans et déjà une  première expérience des lois de Murphy. Et tout ça pendant une petite pièce de théâtre montée à l’occasion des fêtes de la maternelle.

 

Depuis lors je sais que les enfants, ils ont leur espace, leur imagination et leur sensibilité. Ce qui pour nous adultes paraît anodin, pour eux et leur monde fait de petits pas, tout est important. J’ai eu cette chance d’avoir eu des parents attentifs. Malgré le raté du voyage vers la Lune, ils ont continué à m’encourager tout au long du chemin de la vie tout en gardant les pieds sur terre.

 

De tout cœur, je leur dis: « Merci !! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28.09.2009

Catharsis

Il m’arrive parfois, heureusement de moins en moins, de penser à vous ou plutôt, à nous.

 

Je ne regrette rien. Vous resterez un souvenir qui m’aura marqué. En m’ayant congédié du jour au lendemain, vous m’avez permis de me retrouver, de devenir plus entier. Vous avez été instrumentale dans ma découverte des émotions et des sentiments que jusqu’alors je n’exprimais jamais.  Je pensais à tort que notre histoire nous élèverait. J’y mettais des espoirs que je ne parvenais pas encore à partager n’étant, dans ma candeur, pas encore capable de les nommer. Il y avait trop de barrières et de zones réservées imposées.

 

J’en subissais les propos et commentaires sans vraiment les saisir. Il fallait que je vous aime en observant le secret. Il fallait que je me taise pour ne pas vous exposer. Il fallait que j’essuie vos larmes et que je vous prête mon épaule. Il fallait que je vous baise pour vous rassurer de votre féminité.

J’en ai entendu les reproches dont la violence m’empêchait de les comprendre. Puis il y a eu cette rupture indigne et feinte, une blessure qui affecta mon ego et que je ne vous pardonnerai jamais. Un cinéma qui ne fut ni plus ni moins qu’un dénigrement de mon être. Je payais les conséquences de tout le mal que d’autres vous ont fait.

 

Le temps a fait son œuvre et j’ai eu cette chance de rencontrer celle qui me rend meilleur homme à chaque instant de la vie. Pas que ce soit facile ou évident. Mais la confiance et le respect partagés permettent à l’amour de se développer et à ne trouver qu’une cause de bonheur que dans l’épanouissement de l’autre, source essentielle de l’épanouissement de soi.

 

Du reste, je n’ai plus rien à vous dire et encore moins à vous expliquer. Cela ne vaut plus la peine et ce ne serait qu’une perte de temps vu l’opinion que nous garderons l’un de l’autre. Nous étions profondément incompatibles. Mon pire ennemi, dans l’hypothèse où j’en aurais un, je le verrai toujours comme un être humain qui par la force des choses se sera trouvé en face de moi. Cela ne m’incitera jamais à le vouer aux enfers car je sais que derrière sa force et sa faiblesse, il y a un être humain que je respecte.

 

Vous, c’est différent. Vous n’êtes pas mon ennemi. Vous êtes inqualifiable. Mettez-y le sens que vous voudrez pourvu que ce soit un propos qui transforme l’être en objet indigne d’intérêt de la part de quelqu’un qui un jour vous a aimée. En la matière, vous ne manquerez pas de vocabulaire arrogant, insultant, cruel ou dénigrant question « to make you feel better ».

 

C’est tout. Je ne regrette rien en ce qui vous concerne.

 

Depuis longtemps, le deuil, façon de parler, est consommé.

 

Une histoire s’est confondue avec et aura disparu dans la banalité - un souvenir à ne plus évoquer.

24.09.2009

A day in life

Déjà je vois son sourire quand elle m’appelle.

Elle me fait du bien.

Moment d’oubli.

Envolés les soucis le temps de

l’entendre raconter sa journée

sous un ciel morose à dix mille lieux d’ici.

Elle me réchauffe.

Je la vois devant moi.

Elle demande si les enfants vont bien.

Elle s’en fait pour ma santé.

Je la rassure.

Le virus ne tue pas le désir.

Elle sourit.

Ses mots me caressent.

Je la sens toute proche.

Aucune envie de raccrocher.

Parle ma Belle.

Tu es mon souffle de vie.

 

Je traverse la rue en direction de l’hôtel. Les voituriers me saluent. Envie de balancer ce porte- documents aux pièces si importantes frappées de la Marianne et autres apostilles d’ambassades de pays à la con. Avant-soirée consacrée à la lecture des projets de budget.  Dîner formel à vingt heures. Costume diplomate de rigueur.

 

Retour à l’hôtel. Pas le temps pour le blog. Une douche rapide. Juste un copié-collé de mon journal intime et puis au lit.

 

Tomorrow is another day. 

19.08.2009

Cascais, mon Amour

citadelle.jpg

 

_Ils ont peint les murs en blanc ! C’est beaucoup plus joli ! » s’écria Saown en pénétrant dans l’enceinte de la Citadelle de Cascais, quelques kilomètres à l’ouest de Lisbonne. Elle me sourit. « Je suis heureuse d’être ici avec toi. ».

 

Je l’écoutais pendant que nous parcourions ce qu’elle appelait « ma maison ». Parfois elle éprouvait du mal à parler, prise qu’elle était par l’émotion en revoyant ce lieu d’une enfance déracinée. Malgré son sourire, je vis une larme apparaître au coin de ses yeux. « Disculpa » me dit-elle. « Ne t’en fais pas ma Belle. » Je la serrai contre moi.

 

Elle se souvenait. Dix ans auparavant, elle est arrivée dans ce fort austère comme réfugiée. Elle n’avait rien. Pas de papiers, pas de parents, pas de valise, seule avec sa cousine. Elles avaient été placées à bord d’un bateau de pêche pour échapper aux tueries aveugles perpétrées par des rebelles dans la ville de Bissau. Plus d’un mois en mer, refoulées partout pour enfin arriver au Portugal.

 

_Tu sais, je n’avais que treize ans. Les Portugais nous ont accueillis. Pour nous, les murs solides de cette citadelle signifiaient la vie. Dans mon pays, les gens s’entretuaient. La vie ne valait rien. Ici, nous avions un toit et de la nourriture. Je me suis fait beaucoup d’amis avec qui nous jouions dans l’enceinte du fort et à la plage de Cascais. Je pense que nous étions trop jeunes pour comprendre le drame que vivaient nos parents restés à Bissau. »

 

Saown me montra le dortoir des filles : une longue salle au murs en pierre dénudés dont les fenêtres étaient à trois mètres au-dessus du sol. « C’est là que se trouvait mon lit ! » Me dit-elle et elle se mit dos au mur : « A ma droite dormait ma cousine. A ma gauche mon amie Duda, tu sais, la grande noire que tu as rencontrée à Sao Paulo. C’est ici que nous sommes devenues amies. J’aime y penser. »

 

_Tu as dû avoir froid pendant l’hiver… »

_Non. Je ne me rappelle plus. J’entends seulement le bruit du vent et des vagues qui nous rendait silencieux. Nous rêvions de notre pays que nous ne reverrions peut-être plus. Nous priions pour nos parents dont nous n’avions pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois. Cela je ne l’oublierai pas.

 

Mon Africaine ne se plaint jamais. Elle a toujours un regard souriant. Je le lui dis. En réponse, elle tira la langue.

 

_Tu es une vraie gamine Miss Saozinha ! ».

_Tu oublies d’ajouter que je suis coquine aussi ! Essaie de me rattraper !! » Et elle se mit à courir vers les remparts surplombant la mer. Je la rejoins. Elle regarda la mer. Je la pris par les hanches.

_Pourquoi tu ne cherches plus à m’échapper ? »

_Parce que j’ai envie de toi… » D’un geste sans équivoque elle frotta ses fesses contre mon sex et retourna sa tête pour me lancer un sourire ravageur comme elle seule sait le faire.

_ Saown ! Un jour, you gonna kill me ! »

_Yes !! » Fit-elle en fermant les yeux et en croisant les bras derrière ma nuque pendant que je lui caressais le ventre.

 

Adorable créature. Cadeau des dieux venu de cette terre lointaine aux confins du Sahel.

 

Saown voulait que la visite de la citadelle se termine par un passage à la Chapelle.

 

_Tu ne m’en veux pas si j’allume une bougie et que je prie à la Sainte Vierge? »

_Bien sûr que non. Prends ton temps ma Chérie. »

 

Je la vis s’agenouiller devant la statue de la Sainte Vierge. Je m’éloignai et l’attendis dehors. Le temps était radieux. Cinq heures de l’après-midi. Un soleil toujours aussi généreux. J’étais content d’avoir découvert avec elle une partie de son passé. Je pensai à cette phrase : « Qui n’a jamais été réfugié, ne sait pas ce que vaut la vie… » D’où détenait-elle cette force et cette joie de vivre ? Les conditions de vie dans cette citadelle transformée en camps de réfugiés auraient fait peur à n’importe quel enfant. Elle, elle ne s’en faisait pas. Elle me rejoignit quelques instants plus tard : « Nemo, je voulais te dire que je suis très heureuse. »

 

Nous reprenions nos bicyclettes : « Maintenant, j’aimerais te montrer mon école. Ce n’est pas très loin. Suis-moi mon Amour! ». Elle se mit à chanter en Brésilien en remontant la longue côte en direction de son ancienne école. Avec ses jambes interminables, son visage divin, ses yeux noisette et son sourire ravageur, elle attira tous les regards sur son passage. « Tu es très sexy sur ton vélo, ma Belle ! » Lui lançai-je. « Just for you my Love !» Qu’elle répliqua sans se retourner.

 

Arrivé à l’école, Saown était très émue : « Tu sais,  sans cette école, sans doute je ne serai restée qu’une noire africaine incapable de lire, sans aucune instruction. Tu n’aurais jamais rencontré cette étudiante à Sao Paulo… Je crois au destin, à notre destin. La Sainte Vierge à la Chapelle, elle m’a écoutée quand j’étais une petite fille perdue, une réfugiée sans avenir… C’est pourquoi, je tenais à revenir pour la remercier. »

 

_Saown, tu sais que je ne crois pas en un dieu tel que les hommes aiment le voir à travers leurs religions. Mais à t’entendre, s’il devait exister, ton nom doit être gravé dans sa main… »

 

Je l’embrassai doucement sur la joue. Cette journée passée avec Saown à Cascais, « Cachecaiche » comme ils disent au Portugal, restera gravée dans ma mémoire.

04.08.2009

Avec le temps...

 

 

Tellement de choses à faire, tellement de sujets à décrire mais non susceptibles d’être publiés dans un blog. Si seulement je pouvais dégager un peu de temps pour cet espace-ci…

 

Et puis, faut pas oublier que le français n’est pas ma langue maternelle ce qui fait qu’avant de poster, ben oui, faut que je vérifie un peu plus que d’autres ce qui sort de ma plume. C’est que je déteste les fautes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation avant même d’évaluer le contenu d’un billet.

 

Je me fais vieux sans doute.

 

Pas que cela m’affecte. J’ai toujours accepté les choses de la vie telles qu’elles se présentent.

 

Sans doute parce que j’en ai vu beaucoup partir. Des proches et des inconnus.  Et cela ne fût pas toujours très drôle. Ayant été ambulancier volontaire, j’en ai vu des vertes et des pas mûres…

 

Je suis passé moi-même à quelques reprises tout près d’une dalle marquée d’une épitaphe du style « parti trop tôt » quand j’étais môme ou « toujours prêt » quand j’étais scout ou « parti au ciel » quand mon avion a raté la piste d’atterrissage ou « emporté par la maladie entouré par ceux qu’il soignait » quand une sale bestiole de la brousse a failli me bouffer moi aussi.

 

 Pourquoi j’écris tout ça… ?

 

Je ne sais plus.

 

Ah oui !  Cela me revient. J’écrivais donc – en résumé - que je me fais vieux et que je m’enfous.

 

En fait, je m’en fais quand même un tout petit peu de temps à autre.

 

Pour me rassurer, ma compagne qui a vingt-huit ans ET trente jours ET six heures de moins que moi, me dit toujours que l’âge n’a pas d’importance. Peut-être qu’elle a raison mais je sais une chose, il avance. Impossible de faire demi-tour, impossible de la laisser me rattraper – je parle de l’âge. Du reste, elle peut me rattraper quand elle veut et où elle veut. J’adore.

 

Le temps m’a toujours passionné. J’ai souvent tenté de transformer les formules de la relativité en applications concrètes. Des films comme « Back-to-the-future » ou des histoires comme « The-Time-Machine » de H.G. Welles m’ont émerveillé. A douze ans, Encyclopedia Brittanica à l’appui, j’avais construit un engin qui aurait dû me permettre de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. L’expérience s’est terminée quand tous les plombs de la maison ont sauté… Cela aurait pu faire une belle épitaphe de plus. M’en suis sorti avec une fessée. Depuis lors, j’ai toujours tiré la langue en direction des posters d’Einstein. Je comprends aussi pourquoi ses cheveux pointaient dans tous les sens : ce n’est pas très bon de mettre les doigts dans une prise d’électricité…

 

Je m’égare. Autre signe de…

 

Faut que j’abrège.

 

J’ai hâte d’entendre ma belle au bout du fil avant que je n’oublie.

 

_Coucou ma Belle. Tudo bem ? »

_Siiiim. J’ai fait du shopping !! »

_Ah oui ? Tu as acheté plein de jolies choses ? »

_Ouiiii !! C’est très sexy. Tu vas adorer. J’ai acheté de la lingerie et … »

 

Ne sachant pas si des jeunes oreilles peuvent entendre nos propos, je n’écris pas l’intégralité de notre conversation de deux heures dans ce billet.

 

En tous les cas, c’était rafraîchissant et plein de bonne humeur. Certes, un zeste coquin également mais comme il n’y a pas d’âge pour vous voyez ce que je veux dire, elle m’a totalement changé les idées.

 

Faut pas que j’oublie de prendre mes vitamines au ginseng.

 

@+

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06.07.2009

Two men's talk

_She really stole your heart, didn't she?"

_Guess so Charly. Must have been blind."

_You know, women, especially her kind, they seek the triple strike."

_...?"

_Well, they calculate their "coup". A triple strike means they got a guy combining an aristocrat, a sjeik and a student."

_So? What has that to do with me?"

_The "chic", the "check" and the "shock", You must have filled these in somehow."

_You think she calculated it all? She didn't need to. She could afford herself any guy. She was bright, wealthy, under divorce from a kind of prince. Why the hell would she calculate? I always sensed she was in deep pain and that her choice of being an escort was simply to convince herself that she was an attractive young woman who could seduce any kind of guy she wanted. As an escort, she didn't have to start cruising. Her agency only accepted decent guys."

_Yeah. But meanwhile she turned out to get money from our - I mean, your weakness. That is calculated. And since you filled in the other boxes beside the money, you surely were a target to be trapped."

_You probably are right. The way she disposed of me in "overnight", even if she wrote me a goodbye letter, demonstrates somehow that she was calculating... I also think she wanted to get rid of me because our affair was at a point where it could become either "solid for ages" either "Nice to have met you". The former was a potential threath for her since I would soon have discovered why her previous marriages went wrong. She always told me it were her former husbands who chose the wrong track. That must have been a gentle lie... She was French after all."

_Anyway Nemo, you overcame the fact she abandoned you. You found love again."

_I did. Nevertheless, the experience I went through sometimes makes me doubt about a woman's sincerity. Aren't they always calculating their "coup"?

_They probably do to a certain extent. Men can be seduced just for having a short night between the blankets. They are hunters. Most women take the long view. Sex seldom drives their appetite. A perspective of dollars and material comfort do. They are farmers."

_You exagerate Charly."

_Maybe. Anyway, you got yourself a girlfriend who doesn't reason the way white women do. Her african origins and poor background prevented her mind from getting spoiled. You are lucky. She loves you just because she loves you...."

_She is a wonderful person. But I've been supporting her financially for nearly three years - even if she doesn't know that. She could well be dependent from me. Ain't it a kind of Pygmalion relationship? The idea has crossed my mind a few times."

_Nemo, your previous experience made you a bit suspicous. A black woman coming out of the middle of nowhere can't have the mindset of a white-judeochristian-wealthy-golf-playing-highly-educated-would-be-desperate-housewife."

_Charly. I hope you are wrong about most white women. I was a fool to fall in love with the only escort I ever dated. I should have known better. I refuse to think all women are alike."

_Another mojito?"

_No. A double P&M pure malt. Dry."

_Garçon !!"

 

 

10.06.2009

Lignes de vie

 Ma jolie partenaire et moi avions atteint la finale double mixte du tournoi de tennis de Bournemouth. Les journaux locaux avaient publiés nos photos avec des commentaires assez élogieux : « Des jeunes de quinze ans en finale ! » C’est que les British, malgré tous leurs (nombreux) défauts, adorent le sport et ne sont jamais avides de compliments envers ceux qui réalisent une performance sportive. Pas que la nôtre était exceptionnelle. C’était plutôt notre jeune âge que notre jeu qui avait impressionné.

 

Je dois reconnaître que notre adversaire en demi-finale avait été mis à moitié « KO » par un smash de ma partenaire droit sur le sexe du gars d’en face. Le match fut suspendu pendant dix minutes le temps qu’il retrouve ses aises et que tout se remette en place…

 

Fabienne, ma partenaire, était restée impassible, soupçonnant à peine ce qu’a dû sentir notre adversaire : «Tu as vu comment mon smash a gagné en précision?». Heureusement que les Anglais ne parlent pas français… Notre adversaire subit une lourde défaite, le gars étant devenu beaucoup trop crispé en montant au filet.

 

Le dimanche de la finale, le soleil était au beau fixe. La finale simple Messieurs venait de se terminer. Un très jeune Suédois l’avait gagnée. Il s’appelait Bjorn.  

 

L’on pourrait croire que le stade se viderait, l’intérêt pour une partie double mixte n’étant pas aussi grand. Eh ben non ! Le public voulait absolument voir le match des jeunes joueurs venus du Vieux Continent opposés à un couple britannique aguerri. Quelques-uns de nos amis étaient venus avec notre drapeau tricolore pour nous encourager.

 

Avant que le match débuta, Fabienne attira mon attention sur un personnage plutôt excentrique : « Regarde ce type tout en noir en haut des gradins. Il me fait peur ». «Concentre-toi sur le match. En Angleterre, tu trouveras toujours des excentriques. » C’est vrai que le type était plutôt bizarre : avec son chapeau et son costume noirs, difficile de ne pas le remarquer au milieu de cette foule estivale multicolore sous un ciel éclatant.

 

La partie fut très serrée mais nous devions nous incliner devant l’expérience de nos adversaires trentenaires. Fabienne était toute déçue : « Pff ! Je ne sentais ni mes services ni mes smashs. » « Heureusement pour la descendance de notre adversaire... » Pensai-je.

 

J’étais content d’avoir joué la finale et je garde un excellent souvenir des encouragements par le public anglais chaque fois que nous marquions un point. Après la remise des prix, je me dirigeais avec Fabienne et quelques-uns de nos amis ainsi que ma sœur vers les vestiaires. « Hé Nemo, tu vois le type en noir ? Il continue de nous observer depuis la terrasse du clubhouse ! » Fit Fabienne. Effectivement, il avait l’air de nous attendre.

 

«C’est qui ce type?»

 

Comme il voyait que sa présence nous interpellait, il descendit de la terrasse et se présenta : « Bonjour les jeunes prodiges. Je m’appelle Jack. Pour vous remercier de votre belle performance, accepteriez-vous que je lise votre avenir dans votre main ? »

 

Nous nous regardions d’un air incrédule mais cela n’empêcha pas Fabienne de tendre sa main.

 

« Vous aurez un bel avenir, très équilibré, un mariage d’amour et beaucoup d’enfants ».

 

« Comment, beaucoup d’enfants ?? » Rétorqua-t-elle.

 

Evidemment que tout la bande d’amis éclata de rire et lança toutes sortes de platitudes inhérentes à notre jeune âge: « Fab et des mômes ?? Elle ne sait même pas comment les faire… », « Ce ne sera pas en envoyant un smash dans les roupettes… », « Fab, rendez-vous au vestiaire dans deux trois ans quand tu seras un peu plus… hmm… développée ! »

 

Fab s’en foutait de nos remarques.  Toujours est-il, qu’aujourd’hui elle est maman de… Six enfants !

 

Ma sœur présenta sa main.

 

Jack regarda la main et suivit les lignes avec son index. Il avait l’air d’hésiter. Nous devenions tous silencieux : « Vous connaîtrez des amours tourmentés. Il vous faudra du temps avant de rencontrer l’homme qui saura vous combler.  Ménagez-vous. Vous aurez à affronter une période difficile sur le plan de la santé mais cela s’arrangera… Faites attention en voiture. Je vois un accident…»

 

« Vous n’avez rien de plus drôle à me raconter ? » Fit ma sœur en retirant sa main. « Foutaises tout cela ! »

 

Malgré la remarque de ma sœur, j’avançais ma main à mon tour. Jack l’observa et prit son temps avant de parler : « Extraordinaire… J’ai rarement vu une main pareille… Il n’y a aucun doute,  un avenir radieux et inhabituel vous attend. Vous aurez une belle carrière et vous verrez le monde entier. C’est sûr, un jour, vous ferez parler de vous… En bien, je précise. »

 

« Et en amour, cela donne quoi ? » Demanda ma sœur. Jack lui répondit : « Il connaîtra deux grandes déceptions mais elles s’effaceront devant l’amour qu’il découvrira un jour dans un pays lointain. »

 

Ma sœur n’arrêtait pas de le questionner : « Il y aura des enfants ? »

 

« J’en vois plusieurs. Ils adoreront votre frère. »

 

« Comment savez-vous que c’est mon frère ? »

 

« Je ne lis pas que la main… Maintenant, il faut que je parte. Au revoir, les enfants. » Et il partit tranquillement vers la sortie du club de tennis. Avant de s’engager dans la rue, il se retourna et me fixa : « One day, you’ll remember what I told you. Extraordinary destiny. Live up to it young friend ! » Et il disparut.

 

Des années plus tard, je rendis visite à ma sœur admise en urgence pour cause de tumeur maléfique.

 

« Nemo, tu te rappelles ces vacances à Bournemouth et les prédictions de cet homme en noir au club de tennis? »

 

« Jack ? »

 

« Je vois que tu t’en souviens. C’est drôle, avec tout ce qui m’est arrivé, j’y pense souvent. Il ne s’est pas trompé. Il y a eu tous mes amours, les uns plus compliqués que les autres. Puis cet accident en Afrique du Sud… Et puis ce cancer… Heureusement, que toi et mon mari, vous êtes là.»

 

« Alors tu sais que tu t’en sortiras. Courage ma joli sœur. »

 

« Je sais qu’en ce qui te concerne, il ne s’est certainement pas trompé. »

 

Je n’ai pas voulu lui répondre.

 

Pas encore.

 

Le temps viendra.

13.05.2009

Regards

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08.05.2009

Abstinence et fidélité

Encore deux mois avant de se revoir…

 

C’est dur pour elle, c’est dur pour moi.

Mais différemment.

Pourtant, nous avons tous les deux tenu plus de onze mois entre deux rencontres.

Ce n’est pas un exploit mais cela en dit long sur notre physiologie…

Quand on s’aime à onze heures de vol de distance

Et que plus personne ne s’interposera ni pour elle ni pour moi,

C’est qu’au-delà du choix, il y a plus qu’une simple conviction.

 

De mon côté, cela ne me dérange pas.  J’ai bien tenu par le passé.

Par le passé, plusieures années de fiançailles sans se toucher intiment.

Et des séparations de plusieurs mois une fois que j’étais marié.

Quand l’amour conjugal s’en est allé, plus de quatre ans sans rien.

Comme quoi il ne faut jamais désespérer.

Aujourd'hui, plus aucune envie d'ailleurs, désir réservé rien que pour elle.

 

Plus que deux mois avant de…

 

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