31.07.2008
The way we were
Ma sœur me connaît. Nous sommes très complices. Elle sait que j’étais amoureux de Céline et que la rupture soudaine m’avait surpris comme un éclair dans un ciel bleu. Elle se trompe quand elle pense que j’aurais encore un quelconque sentiment amical envers cette femme.
Je peux parfaitement m’imaginer tous les instants de cette histoire. Notre première rencontre, nos premiers mots et sourires. Le moment où l’attirance et l’envie ont basculé en amour fou qui, en ce qui me concerne, remplissait un vide affectif qui me rongeait depuis des mois qui avaient pris une allure d’éternité.
21:14 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rupture, amour_secret, souffrance, suicide, revivre
Deep down in my castle
« My Castle », c’est le grenier de ma mémoire, parfois la cave. J’y suis rarement car je préfère de loin mon salon et la salle à manger. N’empêche, toute construction ne vaut que par son « tout ». J’ai toujours eu une certaine affection pour les châteaux ayant grandi dans une demeure aux pièces innombrables. La bannière de mon blog y fait référence. Du reste, ce château et la magie des temps passés n’existent plus que sur quelques photos décolorées et… Dans le grenier et parfois la cave de ma mémoire. Ma maison actuelle est juste parfaite. Elle est « Zen ». Pas de superflu, pas de couleurs baroques, que du blanc. Pas de tapis, que du parquet en chêne clair. Que des portes coulissantes, ouvertes la plupart du temps. Que des lignes pures. Une structure un peu imprévisible et inhabituelle. Quelques pièces sans fonction précise. Ici une chaise, là une sculpture. Beaucoup de baies vitrées accueillant la vue sur le jardin et l’horizon à l’infinie. J’aime cette maison.
Dommage que je n’y suis qu’un mois par an. Et encore. Heureusement que j’ai mon grenier. Et ma cave. Comment s’en rappeler si non ?
06:32 Publié dans Souvenir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.07.2008
Only time will tell
Une lectrice me demande à quoi ça sert de rassasier le passé et d’en vouloir encore à l’ex. Cette interrogation m’interpelle.
J’ai fait mon deuil sur cette histoire et elle ne me fait plus souffrir depuis longtemps. Je regarde cela avec le recul nécessaire et j’essaie d’en distiller des enseignements sur la nature humaine, sur ces interactions qui font qu’un amour fou peut se transformer en haine. Cela me permet d’être plus complet aujourd’hui et de ne plus avancer avec la candeur naïve en amour qui fut la mienne avant que je ne rencontre Céline et cela jusqu’à ce que sa véritable nature se soit révélée après la rupture.
Ce vécu me sert comme repère. Je ne lui accorde aucune valeur absolue sachant fort bien que l’amour et la souffrance sont à chaque fois singuliers.
Le seul point où un ‘affect’ existe encore, c’est sans doute au niveau du ‘pardon’. Je lui pardonne beaucoup mais pas tout.
D’avoir décidé de m’abandonner, je lui pardonne. D’avoir joué avec mes sentiments et d’avoir menti, je lui pardonne. D’avoir refusé de me revoir pour m’expliquer sa décision en face-à-face, je lui pardonne. Qu’elle ait voulu se prostituer après la rupture, cela ne me regardait plus et la question du pardon ne se pose pas. Qu’elle m’ait insulté de « pathetic lover and looser », m’en fous, je sais ce que je vaux en face d’insultes qualifiables de verbiage. C’est donc pardonné d’avance.
Il reste ces quelques faits que je ne lui pardonne pas. Elle avait exposé notre histoire sur l’internet à mon insu. Une amie m’a reconnu. Jusque-là, son erreur pouvait être réparée et pardonnée. Mais la Miss a réagi par l’insulte et la menace gratuites. Elle a monté tout un scénario faux comme quoi je l’aurais harcelée depuis des mois. Elle a mobilisé son nouveau mari envers lequel j’étais évidemment un pauvre con qui harcelait soi disant son épouse.
Je pourrais encore lui pardonner d’avoir réagi de la sorte pour sauver sa face, son cul et son n-ième mariage. C’était lâche et faible de sa part mais humain malgré tout. Cela se pardonne.
Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Elle a commencé à jouer le troll sur mon ancien blog et avec des commentaires de troll sur ces blogs où je postais de temps à autres.
Ensuite, elle a envoyé des courriels sous des pseudos divers à une entreprise où je suis dirigeant. Mon ancien blog évoquait mon amour pour une femme que j’avais rencontrée lors d’un de mes voyages d’affaires et qui est désormais ma compagne pour la vie.
Elle avait « dénoncé » ce blog intime avec l’intention évidente de me nuire. Comme j’ai la confiance de l’entreprise et que j’ai tout expliqué, cela n’a pas eu d’autres conséquences que l’arrêt de mon blog pour cause d’anonymat brisé.
En me menaçant de s’en prendre à mes enfants, elle a franchi une limite qui reste inexcusable et impardonnable. Je n’ai aucunement peur du fait que mes enfants apprennent une partie de ma vie qu’ils ne connaissent pas. J’aime mes enfants et cet amour est réciproque. Que je n’étale pas ma vie intime envers eux, cela fait partie de mes principes et de mon éducation. Mes parents, ma sœur et son mari connaissent mon histoire.
J’en veux à Céline de m’avoir dégradé comme si j’étais un fou malade, obsédé et harceleur alors qu’elle savait que je suis un homme intègre digne de confiance. Elle savait que j’ai un frère handicapé mental de naissance et que cette croix m’aura marqué à vie. Voilà qu’elle m’a traité et insulté de malade mental. Elle connaissait la page noire de ma vie : l’assassinat par un psychopathe d’un être cher qu’il a violé et ensuite tué à coups de canif. Cela ne s’oublie pas.
De me voir associé par mon ex avec des malades mentaux et des délinquants sexuels, c’était l’insulte de trop. Je voulais porter plainte auprès du tribunal. Mes proches m’en ont empêché. La justice ne répare pas les blessures. « Tu as eu à faire à une femme instable qui a souffert elle aussi. Ton indisponibilité a dû l’exacerber. Elle a voulu couper court. Laisse-la. Elle ne vaut pas la peine. » La sagesse de mes proches m’a aidé à absorber les blessures.
Qu’elle avait des reproches à me faire, sans doute, mais qu’elle m’ait blessé au plus profond de mon être, je ne méritais pas cela. L’absence de pardon n’est pas rattachée au deuil d’une histoire mais au comportement injurieux et blessant d’une personne méchante et violente.
Rassasier le passé ne sert effectivement à rien si on n'en retire pas les enseignements.
Cela ne m’empêchera pas le souvenir de subsister : je pensais qu’avec Céline, j’avais découvert l’amour. Je devais être vraiment aveugle. Aujourd’hui, je ne garde plus aucune animosité envers ce personnage. La vie lui rendra la monnaie de sa pièce si elle continue de traiter les gens comme elle l’a fait avec moi. De mon côté, je n’ai qu’à en vouloir à moi-même de lui avoir fait confiance et de l’avoir aimée. Une leçon de vie qui ne m’aura pas empêché de retrouver le goût de vivre et d’aimer.
Mais de là à lui pardonner… Only time will tell.
19:23 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pardonner, blessure, déception, violence
29.07.2008
Last Movie in Paris
_Tu vois que tu ne fais que ce qui te convient ! Non, ce soir je ne veux pas te recevoir. Je suis fatiguée. »
_Je ne comprends pas Céline. Evidemment que je ne veux pas m’imposer si cela tombe mal. Je suis désolé. »
Je fis demi-tour et repartis l’esprit confus. Le cadeau surprise que je voulus lui offrir, je le lui donnerai une autre fois. Le voiturier de l’hôtel me salua : « J’ai vu votre cousine ce weekend. Elle est venue à l’hôtel déposer un pli. » La cousine, c’était le surnom que le personnel de l’hôtel avait donné à Céline. Elle ne m’avait rien dit. Curieux. Je sentais les mauvaises ondes J’ouvris la porte de la suite. Sur la table de salon, une enveloppe en papier crème Vélin. Je reconnus son écriture.
Cinq jours auparavant, elle suggéra d’aller au cinéma. « Bonne idée. Je viens te chercher vers 19 heures à ton appartement. Tu connais le programme des cinémas ? »
_Oui. Il y a un film assez drôle au ciné Rue de Passy. Il va sûrement te plaire. »
_Je t’invite à dîner après ? »
_Si tu veux. Je t’attends à 19 heures. »
Elle raccrocha. D’habitude elle parlait de sa journée. Là rien. Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond. Mais quoi ? Son divorce lui posait des soucis ? L’absence de ses enfants ? Quand j’arrivais à son appartement, j’attendais dans la voiture garée en double file. Elle sortait et ne me regardait pas. Un visage sans sourire, les yeux tournés vers le bas.
_Tu es en beauté ma Chérie. »
_Merci. Allons-y. Ce n’est pas très loin. »
_Tu as passé une bonne journée ? »
_Rien de spécial. Comme d’habitude… Tiens ! Là tu pourras garer ta voiture. »
Elle voulut voir « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » avec entre autres Charlotte Gainsbourg et Johnny Depp. Ce n’était pas vraiment mon genre de film mais Céline insistait. Un détail qui me frappa : elle sortit son porte-monnaie pour payer son billet d’entrée. Je l’arrêtais : « Laisse, j’invite. » L’air légèrement contrarié, elle rangea le porte-monnaie dans son sac : « Merci… »
Le film parle de trois Parisiens qui ont chacun une vie amoureuse différente : l’un couche tous les jours avec une autre conquête du jour ; le second vit un enfer avec une épouse des plus chiantes ; le troisième est amoureux fou de sa femme depuis toujours. Cela ne se termine pas vraiment bien pour le couple d’amoureux. Lui vit une aventure qu’elle découvre. Elle se laisse séduire par Depp. Céline tout au long du film riait à haute voix des moindres petites scènes caricaturales des amants adultères pris dans leurs ébats et mensonges. Je sais maintenant que le choix du film n’était pas un hasard. Elle l’avait vu quelques jours auparavant avec son presque ex dont elle divorçait. Il lui avait apporté un cadeau lors de sa dernière visite. Elle me l’avait dit au téléphone.
Les causes de son divorce étaient multiples: selon sa version à elle parce que son mari lui avait dit qu’il ne pouvait se passer de « la baise d’une Black (sic !) », surtout quand cette dernière était une vénale qu’il se tapait gratuitement – le summum du plaisir (re-sic et moi, c’est histoire me rendait « sick »). Ce qui aurait fait déborder le vase, c’est qu’un jour, elle aurait découvert que sa mère avait couché avec son presque ex-mari. Malgré l’énormité de cette histoire, je la croyais lorsqu’elle me raconta tout cela tout au début de notre histoire. Et puis, que des « petits » mensonges viennent pimenter le vécu d’une Parisienne en la transformant en victime de l’amour, cela ne me choquait pas outre mesure. Je l’aimais et de ce fait, je lui pardonnais toutes ses adaptations et transformations de la vérité.
En sortant du cinéma, elle m’amena dans un bistrot Avenue Longchamp. Je n’avais pas vraiment faim. Pendant le dîner, un voisin de table envahissant tenta de la draguer. C’était un juif du quartier plutôt cavalier. Elle le découragea rapidement par un « Je préfère les blonds aux yeux bleus comme mon amant ! ». L’ambiance de l’endroit ne me plaisait guère. Je pense que j’avais aussi capté le fait que Céline, contrairement à son attitude habituelle, paraissait plutôt distante et n’engagea aucun sujet de conversation. L’effigie des présidents US était imprimée sur la nappe de table. « Georges Bush Senior est un bon ami de mon cousin… »
_Arrête de ne parler que de toi !! » fit-elle en me coupant brutalement la parole. J’étais interloqué. Je ne parlais presque jamais de moi. Elle était rouge écarlate de colère et ses mots tranchaient comme une lame de rasoir. Jusqu’alors je ne pouvais m’imaginer qu’elle était capable d’une telle violence. Elle m’avait parlé de sa mère qui lui avait un jour arraché les cheveux – au sens propre du terme – et traitée de pute. Toujours selon elle, sa mère était une mère castratrice, un brin hystérique, entourée de et gâtée par plusieurs amants mais toujours auprès de son mari qui lui paraissait intelligent et sage comme sa fille.
_Rentrons. » proposai-je n’appréciant pas vraiment l’ambiance bobo parisien de l’endroit et l’attitude de Céline.
Nous ne nous disions rien en marchant vers la voiture. La violence soudaine, presque explosive, de ses propos au restaurant m’avait rendu muet. Je la tenais par la main. Je montais avec elle à son appartement. Elle se mit en peignoir et me rejoignit au salon et se vautra dans le canapé : « Tu vois, même sans faire l’amour et sans sexe, une soirée peut être agréable. » Je ne voyais pas le sens de son propos. Que voulait-elle dire au juste ?
Elle sortit du salon. Je la suivis dans le couloir. Elle se retourna : « Ecoute Alexander. Je ne me sens pas bien. J’aimerais rester seul cette nuit. » Elle me prit par le bras et m’amena à la porte d’entrée de son appart’. Elle m’embrassa. « Tu es sûre que cela ira ? Tu m’inquiètes. » « Ne t’en fais pas, cela m’arrive parfois. Cela passera. » fit-elle.
_Alors bonne nuit mon Amour. Soigne-toi bien. »
_Bonne nuit. Sois prudent en rentrant. Je t’aime. »
Elle me suivait du regard alors que je descendis l’escalier en colimaçon. Je me retournai et la vis une dernière fois. Elle me sourit et ferma la porte. Je ne savais pas encore que je ne la reverrai plus jamais. Elle, elle savait.
18:23 Publié dans amour, Rupture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parisienne, mensonge, faux_semblant, divorce
23.07.2008
Les Lois d'Augustine
Moins connues mais tout aussi amusantes sont les Lois d’Augustine, fruit de l’expérience d’un certain Norman Augustine, ancien dirigeant d’une société d’aéronautique.
Ces Lois d’Augustine décrivent les conneries inhérentes à la vie de l’entreprise. Je ne sais pas si elles ont été traduites en français mais la lecture vaut la peine et ne manquera pas d’amuser le lecteur. Augustine décrit la création, l’expansion, l’apogée et le déclin d’une entreprise imaginaire appelée « Icare ». Chaque chapitre part d’une loi née de l’observation ou de l’intuition. Quelques exemples (traduction libre):
«Si la terre tournait deux fois plus vite, les managers travaillerait deux fois plus vite. Si la terre tournait vingt fois plus vite, tout le monde travaillerait deux fois plus vite puisque les managers se seraient envolés. »
21:52 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, murphy, augustine, parkinson, lois, consultant
22.07.2008
Paradox Fiscal
"Faites payer les riches!" est sans doute un des slogans par lesquels les politiciens de tendance collectiviste tiennent à s'assurer le vote de la grand masse anonyme qui ne dépasse pas la médiane des revenus d'un pays. Quand des chefs d'état prennent des décisions du style "réduction des impôts sur le revenu", bien souvent cette politique-là est qualifiée d'injuste, de "cadeau aux riches", d'anti-sociale etc.
Qu'en est-il des faits?
J'ouvre une parenthèse sur l'importance des "faits" par rapport à la notion opposée que l'on pourrait cataloguer comme "foutaises". J'ai passé les deux-tiers de ma petite vie dans une environnement plutôt anglo-saxon. Cela veut dire que l'empirisme, le trial-and-error, l'analyse des faits et l'induction comme méthode (du concret vers la règle) au lieu de la déduction (de la règle abstraite vers le concret) étaient plutôt de mise. Dans le monde latin, ce sont plutôt les opinions et les croyances qui animent le débat. L'esprit carthésien abstrait en est la composante sociétale dominante. En disant cela, je ne dis pas que l'un est meilleur que l'autre ou que l'autre est inférieur à l'un. C'est inhérent au caractère d'un peuple et chaque façon d'envisager la réalité a ses pour et ses contre, ses forces et faiblesses. L'être à l'intelligence subtile et sensible aura cette force d'écoute de l'argument avancé et pourra distiller le vrai du faux, le fait de la foutaise, la connerie de la sagesse.
Comme l'économie est une connaissance - pas nécessairement une science en toutes circonstances - qui me passionne et que la fiscalité en tant que composante de celle-ci m'interpelle, je me suis souvent posé la question de l'efficacité du tarif des impôts.
Par intuition - feeling, je me suis souvent dit que si un état impose de trop, la quote-part des impôts sur les revenus payée par les riches tendrait à diminuer dans l'absolu et en termes relatifs. Il se fait qu'une étude récente confirme cette intuition. Appelons cela "le Paradox Fiscal".
Normalement, la hausse du prix d'un bien ou service mène vers une baisse de la demande pour ce même bien et service. Mais l'observation des faits nous apprend que l'inverse se produit parfois. Ainsi un certain Monsieur Giffen avait pu observer que la hausse du prix des pommes de terre dans la pauvre Irlande du 19ième siècle résultait en une demande accrue de pommes de terre. Les économistes connaissent depuis lors l'effet Giffen: "La hausse du prix d'un bien qui résulte dans la hausse de la demande du même bien".
Certains pensent que le Président Georges W. Bush, en baissant l'impôt sur les revenus les plus élevés aux USA, a fait un cadeau aux riches. Avant de poursuivre ce billet, je précise tout de suite que je ne suis pas fan du tout de ce monsieur et qu'à bien des égards, je le trouve médiocre et indigne de sa fonction. Mais cette opinion ne peut pas être une entrave à une évaluation des faits. Ce serait injuste.
Que démontrent les faits maintenant que les chiffres des impôts payés aux USA en 2006 sont connus?
Que depuis 2003, l'année pendant laquelle Bush a introduit les réductions d'impôts, les riches aux USA n'ont jamais payé autant d'impôts depuis 40 ans!
"Euh?!", "Ce n'est pas croyable!", "Foutaises!".
Ben non. Les taxes payées par les millionaires US sont passées de 136 milliards en 2003 à 274 milliards de dollars en 2006. Les riches payaient 19% de l'ensemble des impôts sur les revenus sous le Président Carter lorsque le taux d'imposition progressif était le plus élevé alors qu'aujourd'hui, sous Georges W. Bush, ils payent 40% de l'ensemble des impôts sur les revenus.
Certains prétendaient que les "cadeaux" de Bush allaient couter un billion de dollars au Trésor US. C'est juste l'inverse qui s'est produit et le déficit US s'est réduit de 3,5% du PNB US en 2003 à 1,9% en 2006.
Pourquoi?
Tout simplement parce que la réduction de la taxe progressive a incité beaucoup plus de millionaires a déclarer des gains en capitaux, a fait que plus de dividendes ont été payées aux investisseurs particuliers, que les riches ont moins cherché à planquer leurs revenus dans des paradis fiscaux ou autres constructions de réduction d'impôts. Et donc le "revenu déclaré" multiplié par "le nombre de déclarants" a tout simplement doublé.
Je vous épargne le détail (Il est disponible sur le site www.wsj.com) mais c'est un exemple type ou les faits contredisent le discours qu'une certaine politique de gauche tend à promouvoir.
Résumons donc "le Paradox fiscal": la perception de moins d'imposition crée plus d'impôts perçus! (*)
Ce billet-ci n'a aucune vocation politique. D'ailleurs je n'aime pas la politique quand elle est l'apanage d'un système de particratie où lorsqu'on est de droite, on est nécessairement libéral et anti-social et lorsqu'on est de gauche, on est forcément social et anti-libéral.
L'anarchiste incorrigible que je suis quand il s'agit d'avoir une opinion politique, voulait tout juste démontrer qu'il faut parfois dépasser le stade du discours et s'en tenir aux faits pour éviter de prendre des foutaises pour des vérités.
(Et le premier qui ose poster un commentaire comme quoi je serais un fan de Bush et un supporter des riches, je le déclare "idiot") ;-)
(*) Je revendique la paternité de ce constat paradoxal mais comme je ne tiens pas à payer des droits d'auteurs...
23:06 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fiscalité, riches, impôts, bush, libéral, social
Le Mal et le Bien
Je ne suis pas un donneur de leçons même si j'aime faire part de mes expériences et autres acquis qui peuvent aider ceux qui m'entourent. Comme je fais partie de ceux qui ont eu la chance d'étudier, de construire une belle carrière, d'avoir connu un mariage heureux et d'être un père comblé par la beauté et l'intelligence de coeur de ses enfants, je serai le dernier à me plaindre. Mon état d'esprit avait toujours été que sur notre petite terre, tout le monde était forcément animé par la bonté et le voeux de bien-être pour tous. Ouais. Les sceptiques auront du mal à me croire. Et ben, oui, je croyais vraiment que le mal ne naissait que d'un ensemble de circonstances: la guerre, la pauvreté, les conflits, l'intolérance et l'ignorance. Toutes des conditions où j'avais toujours du mal à croire qu'elles étaient le fruit d'un esprit malveillant isolé. Vous pensez sans doute que j'ai vécu sur une autre planète en disant cela. Pourtant, j'ai lu des dizaines voire des centaines de livres d'histoires, j'ai eu le droit et le privilège d'être le disciple de professeurs-savants-philosophes hors pair.
Ma vision du monde était sans doute trop colorée par l'optimisme et ces certitudes qu'on vous inculque. Je ne vous apprend rien en disant que le mal existe et qu'il est vraiment présent d'une manière plus ou moins constante dans l'âme et le cerveau de l'être humain.
Le mobile du mal est toujours le même: la soif de s'affirmer par le pouvoir. Le pouvoir pour le pouvoir, le pouvoir matériel, le pouvoir de s'imposer aux autres et de pouvoir refuser aux autres de s'imposer, le pouvoir de survivre et d'empêcher les aléas de la vie d'avoir une emprise sur le bien-être de l'individu. Certains, les politiciens en sont l'exemple type, affichent un discours de "bien-être pour tous". En grattant un peu, l'on comprendra vite qu'ils ont traficoté la devise des Mousquetaires pour en faire un "Un pour tous, tous pour moi". C'est des colporteurs de chimères.
A une échelle plus interpersonnelle, même les histoires d'amour ne sont bien souvent rien d'autre qu'une mise en scène pour l'affirmation du Soi. Que cette mise en scène soit plus ou moins constructive ou plus ou moins destructive, plus ou moins stable ou instable, épanouissante ou étouffante, cela tiendra bien souvent à une alchimie que les auteurs-acteurs de la pièce comprennent rarement eux-mêmes. Que cela se solde par une liaison durable ou un échec patent, je suis de plus en plus convaincu que les jeux de pouvoirs y sont pour beaucoup.
Est-ce une raison d'abandonner l'idée que le bien existe? Non. Je vis un amour exceptionnel dans des circonstances qui le sont tout autant. Ma compagne n'a rien. Elle a connu la misère du continent subsaharien. Elle ne calcule pas et elle n'engage aucun pari. Elle me dit simplement "Je t'aime" et tout le reste n'est qu'accessoire. Elle parle vrai quand elle a un doute. Elle dit ses certitudes et ses doutes. Elle ne cache pas, elle ne trompe pas. Elle se bat pour vivre et refuse même que je me batte pour elle pour éviter que son amour ne devienne un état de dépendance du bien-être matériel dans lequel je vis. En cela, cet amour m'interpelle parce qu'il me force à abandonner l'idée qu'un couple est une sorte d'assurance-vie. Certes, les partenaires sont quelque part en droit d'attendre des efforts au quotidien. Mais je crois que bien souvent, l'amour qui vise les acquis matériels ne devienne rien d'autre qu'un état qui trouve sa raison d'être dans l'assouvissement des besoins matériels et qu'il oublie de se nourrir du véritable amour inconditionnel. Un amour qui se passe de la richesse matériel ou de l'ambition de l'acquérir, il n'y a que cet amour-là qui est vrai et durable.
Si tel n'est pas le cas, il deviendra par la force des choses, une histoire de pouvoir dans laquelle tôt ou tard, le mal, jusque là présent sous une forme latente, prendra le dessus au détriment de l'amour.
20:08 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, le_bien_et_le_mal, réflexion
16.07.2008
Les choses de la vie
Ce n’est pas que je les méprise mais j’ai toujours eu le jugement sévère envers ceux qui succombent à leurs envies d’ailleurs. En me mariant, c’était pour la vie. Par amour. Par promesse aussi. Et puis les enfants et toutes ces raisons qui font que « unis pour le meilleur et pour le pire, quoiqu’il arrive… »
Le grain de sable s’est présenté un jour sous forme de sms sur un téléphone portable découvert par distraction. Clairement, elle ne partageait pas toutes mes convictions et certitudes.
Elle appréciait tout ce que le mariage lui avait apportée : une belle maison, de beaux enfants intelligents, les voyages au bout du monde, les bijoux, un cercle d’amis « nantis ». Un job à haute visibilité et satisfaction aussi. Un mari homme à succès. Une vie proche du rêve pour laquelle je m’étais battue. J’étais heureux qu’elle se sentait épanouie.
Ce sms a tout fait basculer. L’endroit et l’heure du rendez-vous allaient clairement mettre fin à la monogamie. J’avais envie d’hurler, de crier, de dénoncer, de reprocher. Je ne l’ai pas fait. Aucune réaction. Comme si de rien était. Pas de questions.
Désormais, nous étions unis pour le pire: un mariage bourgeois où tout tient par la convenance et le non-dit.
L’amour avait vécu.
00:02 Publié dans Rupture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : amour, déception, infidélité
11.07.2008
Prenez soin de vous
Ce n’est qu’à travers des recensements que j’ai découvert cette exposition à la BNF de Sophie Calle où elle présente les réactions de diverses femmes par rapport à une lettre de rupture qu’elle avait reçue.
Les avis sont fort partagés sur le côté exhibe, accusateur et provocateur. Le lecteur pourra googler sur le sujet et trouver des critiques et réactions à souhait. Je ne rentre pas dans le débat.
Quo qu’il en soit, l’expérience et les diverses réactions sont intéressantes. Me suis donc fait plaisir en achetant le livre publié par Actes Sud qui, au-delà du contenu, est un bel ouvrage à la fois par sa composition, la qualité des photos et supports – il contient des CD’s et des DVD’s.
Et puis il y le fond. L’initiative d’écrire une lettre de rupture ne tombe pas du ciel. Elle peut résulter d’un fait précis, d’une situation mal vécue, d’un sentiment de lassitude, d’une envie d’ailleurs... Je pense qu’elle peut aussi être une sorte de dernier recours, une dernière tentative de sauvetage d’un amour que l’on croit perdu mais que l’on espère de récupérer.
C’est intéressant de se mettre dans la peau de l’auteur. En écrivant une lettre d’adieu, l’auteur décale dans le temps une décision qui aurait pu résulter d’une conversation. C’est que le destinataire apprendra la fin de l’histoire comme si l’auteur s’adressait à lui au présent : « J’ai décidé de mettre fin à notre histoire… ». Les raisons invoquées seront tantôt des faits du passé, tantôt des sentiments au présent, tantôt des perspectives dans un avenir proche.
Quelques exemples successifs :
- J’étais follement amoureuse de toi mais il y a eu les premières fissures. Et puis le miroir s’est brisé […]. Tu ne pouvais pas être celui-là.
- Je suis d’une sensibilité trop différente de la tienne.
- Il vaut mieux y mettre fin dès maintenant car dans deux mois cela risque d’être encore plus douloureux.
Le destinataire aura compris que c’est la fin. Il n’aura pas nécessairement compris les raisons précises. Il peut les deviner mais la lettre empêche le dialogue.
Parfois, la lettre laissera une porte entr’ouverte. Je ne crois pas que ce soit un procédé très sain. Dans la lettre qui me fut adressée, elle ajouta « … et je pourrais être ta maîtresse de temps en temps.»
En lisant cela, autant que tout ce qui précédait tenait à un raisonnement et un constat que je parvenais à accepter, j’étais interloqué. Que voulait-elle dire ? Est-ce que cela signifiait qu’il resterait encore un espace commun rien que pour « baiser » à l’occasion ? Je n’écris pas « faire l’amour » car je trouve l’expression enfantine si l’acte ne cadre pas dans une relation durable et que les amants du moment le savent. « Faire semblant de faire l’amour » me parait plus correcte. Toujours est-il qu’en lisant cette phrase, je ne savais pas trop quelle sorte de période de deuil venait de commencer. Cette proposition me fit mal. Elle réduisait ce qui pouvait subsister à du coïte sur rendez-vous. Comme si l’amour n’avait été qu’un d’échappatoire inévitable à fréquence plus ou moins régulière des besoins physiologiques poussés respectivement par l’œstrogène et la testostérone et accentués par une perspective de libido satisfaite par toutes sortes d’endomorphines.
En m’écrivant cela, elle faisait de moi qu’un homme « comme tous les autres » qui, esseulé dans la solitude de son hôtel décide de faire appel à des filles de charme. Pour le coup, c’était un coup dans mon amour-propre. Je pensais jusqu’alors que j’avais un côté unique et que je n’étais pas comme les autres. C’est qu’elle m’avait souvent dit mais apparemment, elle savait revoir son opinion en fonction des circonstances et de l’effet recherché.
Elle avait oublié qu’avant de la connaître, cela ne m’était jamais arrivé. Cela faisait des années que je vivais à l’hôtel. Peut-être que je n’appartiens qu’à une minorité, mais « baiser » sans être amoureux, ce n’était pas mon truc et cela ne m’intéressait pas. Je note au passage que j’écris cela à l’imparfait. Aujourd’hui, je fais à nouveau l’amour que parce que je suis amoureux. Mais il y a eu un passage entre la fin de cette histoire et la redécouverte de l’amour pendant laquelle cela défilait dans mon lit, les « one-night-stands. » Je n’étais pas un moine avant de l’avoir connue mais je n’accordais pas beaucoup d’importance à la séduction et au sexe. La vie me donnait – et me donne toujours - tant de motifs de satisfaction et de plaisir que je pouvais passer des mois comme parfait ascète sans le moindre besoin de me « soulager » et de me rassurer. Je dois toutefois reconnaître que dans les semaines qui suivirent la rupture abrupte, j’ai eu beaucoup de mal à rester en place. La conjugaison de mon taux de testostérone et d’adrénaline combinée à la frustration de l’endomorphine avait fait de moi « une bête en manque ». Comme quoi, d’avoir goûté au sexe, en plus torride parce qu’elle était « très sexuée » suivant ses propres dires, a indiscutablement un effet d’addiction que j’ai dû guérir par doses successives dégressives.
Pour en revenir à la lettre de rupture, il y eut un deuxième fait plus ou moins inhabituel au niveau des circonstances dans lesquelles elle m’était parvenue. Elle m’avait envoyé un courriel avec une histoire drôle après m’avoir envoyé la lettre de rupture que je n’avais pas encore reçue alors qu’elle s’imaginait que je devais l’avoir reçue et lue. Mais elle se trompait. Je ne m’étais pas encore rendu à ma chambre d’hôtel où la lettre était posée sur mon bureau.
Imaginez-vous donc son étonnement quand je répondis à son courriel avec des mots du style « Gorgeous », « I Love you », « très fun ton histoire ». Comme l’objet était « la thermodynamique de l’enfer », je répliquais avec quelque chose du style « qu’avec un ange comme elle, cela chaufferait plutôt dans le ciel. » Bref. Elle devait se poser des questions sur l’effet de sa lettre de rupture…
J’avais été à Londres pour chercher de la lingerie exclusive que j’avais spécialement commandée pour elle quelques semaines auparavant. Son prénom était brodé dessus en diamants. Je voulais lui en faire la surprise ce soir-là et pris la voiture pour la rejoindre. Enfin elle prit mon appel téléphonique après quatre jours de silence…
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Devinettes et pirouettes
Cela fait presque quatre ans qu’elle m’a abandonné. Elle l’a fait par lettre d’adieu sans avertissement aucun, juste quelques allusions.
Il y eut cette question la veille de ce qui serait notre dernière soirée : « Tu n’as pas peur d’être abandonné ? », question que je ne comprenais pas d’ailleurs. Je pensais qu’elle parlait de mes enfants qui me laisseraient tomber en apprenant que leur père était épris d'une autre femme. Je répondis "Non" ne soupçonnant pas qu'elle parlait de ses intentions à elle.
J’étais souvent parti en voyage pendant qu’elle menait sa vie à Paris pendant ce mois d’août.
_Tu sais qu’il y a beaucoup d’hommes seuls à Paris au mois d’août ? »
_Sans doute… »
_Il y en a qui me regardent quand je me promène en rue… »
_Cela ne m’étonne pas. Tu attires les regards ma Belle. »
Elle sourit, prit mon assiette et regagna sa cuisine simulant les pas d’une ballerine. Je ne me doutais pas qu’elle me fit une pirouette pour échapper à une poursuite de la conversation qu’elle avait lancée avec les idées bien rangées.
Entre le moment de notre dernière soirée passée ensemble et la découverte dans ma chambre d’hôtel de sa lettre d’adieu, il s’est passé quatre jours interminables pendant lesquels j’essayais de l’avoir au bout du fil. Pas de réponse ni à mes messages laissés dans sa boîte vocale ni à mes textos. Je m’inquiétais. Pendant notre dernière soirée, elle m’avait demandé de ne pas rester la nuit : « Je ne me sens pas bien. Cela m’arrive de temps en temps. » Je me demandais si elle avait des ennuis de santé. En me rappelant plus tard nos derniers moments passés ensemble, je me suis rendu compte que c'était une mise en scène qu’elle avait préparée depuis quelque temps.
Mais au moment même, je n’avais pas encore saisi ses intentions de ne plus me revoir après m’avoir raccompagné à la porte de son appart.
_Tu es sûre que tout ira bien ? »
_Ne t’en fais pas Alexander. Ce n’est que passager. Demain, tout ira mieux. »
Je l’embrassais sur les lèvres. Elle me sourit : « Bonne nuit mon amour. Sois prudent en rentrant. » Et elle ferma lentement la porte derrière moi tout en me fixant du regard avec le sourire.
_Bonne nuit, ma Belle ! »
Je croyais lire la tendresse dans ses yeux et dans son sourire. La porte se referma. Plus jamais je ne la reverrai.
Bien plus tard, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de tendresse. Le coup était préparé. Elle avait décidé de s’y prendre en douce. Elle savait vu ses envies d’ailleurs et autres externalités qui me rendaient encombrant.
L’été touchait à sa fin. Bientôt, c’était la rentrée. Elle savait que tôt ou tard, elle ne pouvait plus cacher l’inconnu que j’étais envers ses proches et ses amis. Elle leur avait parlé de son mystérieux amant. Son divorce suivait son cours. Elle espérait en retirer quelques compensations. L’argent et le pouvoir l’attiraient. Le sexe aussi. Sans doute était-ce pour cela qu’elle avait décidé, quelques mois auparavant, de s’abandonner à son soi disant deuxième client en refusant qu’il lui paye le prix convenu.
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