22.01.2009
A la découverte de la langue...
Celles et ceux qui ont connu un peu les zistoires de ma petite histoire publiées dans mon ancien blog – ça, c’était une autre histoire, se rappelleront peut être que j’ai connu l’austérité et les règles strictes d’un collège catholique situé en plein milieu d’un pays considéré comme un ennemi depuis toujours où cela mange beaucoup de rosbif sauf au réfectoire du collège en question. Cela se passait donc en Angleterre pour celles et ceux qui ne le savaient pas encore.
Les pères du collège, mélange improbable de Bénédictins et quelques Jésuites chargés de nous apprendre la science et le verbe, la rigueur et l’esprit studieux, le sens de la critique, de la justice ainsi que la sagesse tout en arborant un grand cœur, la « charity », n’ont pas été seuls à m’enseigner le savoir...Et la pratique des langues.
C'est que pendant toutes ces années de privation imposée des plaisirs non spirituels, j’ai eu une liaison secrète avec une petite amie, une girlfriend.
Elle s’appelait Béatrice et était en internat chez les nonnettes à trois kilomètres, pardon, miles, de notre collège. On s’était connu au bal organisé par la classe terminale où les nouveaux venus comme elle et moi, assuraient le service des zakouskis de 9 à 11 pm. J’étais simple roturier, elle était comtesse de son état. Je l’appelais « mon aristo-chat » d’après le film que nous avons regardé ce soir-là dans la salle de gym avant de regagner nos chambrettes, moi dans mon collège et elle dans son couvent. Comme il se doit.
L’attraction par mimétisme des grands aura fait qu’un premier bisou ailleurs que sur la joue a fait passer le courant entre nos lèvres pincées. Nous n’avions pas encore compris que nos langues pouvaient s’en mêler. Ce mouvement un peu plus intime, est venu un peu plus tard en écoutant les prouesses d’un ancien du collège avec une ancienne du couvent, le soir du fameux bal où ils ont terminé une valse à la sacristie au fond de la chapelle.
Je me souviendrai toujours de ma première pénétration linguale de l’espace buccale de Béatrice. Cela m’a marqué. Vous allez comprendre pourquoi.
Nous nous regardions dans les yeux et nos bouches aux lèvres pincées se sont rapprochées. Je la serrais contre moi. C’était la première fois que j’ai senti des petits tétons dressés. Elle découvrit par la même occasion autre chose qui gonflait un peu plus bas de mon côté. Je sentais que cela lui faisait de l’effet et encouragé par les petites pressions délicates à hauteur de mon torse et sa main qui cherchait à toucher mon organe en pleine croissance incontrôlée sous l’étoffe du pantalon de mon uniforme de collégien adolescent que j’étais, je me décidais à faire avancer le bout de ma langue en direction de la sienne qui se cachait toujours derrières ses lèvres certes très sensuelles mais malheureusement toujours aussi fermées que le coffre fort au fond de la cave de la Banque d’Angleterre du côté de Westminster.
Avant de poursuivre, faut que je vous explique qu’à cette époque là, nous n’avions pas le privilège douteux d’avoir accès à des images osées ou de connaître par quel moyen se font les bébés. Il n’y avait que les histoires des anciens qui nous servaient de repères par ailleurs très incomplets. Tout cela était entouré de mystère et de flou artistique, des propos explicites sur la chose dans un collège comme le nôtre pouvant conduire en cas de découverte par un surveillant, après un passage obligé par le confessionnal, au renvoi immédiat du collège.
Les jeunes gens d’aujourd’hui n'ont aucune idée du parcours de combattant que nous devions suivre à nos risques et périls pour découvrir l’autre sexe. Comme de mon temps, c'était avant '68, nous étions drillés à craindre les foudres du ciel, chaque petit pas un peu plus intime, style se tenir par la main ou embrasser ailleurs que sur la joue, éveillait des sentiments de culpabilité que l’on ne s’imagine plus. Mais heureusement il y avait ce moyen efficace qui permettait de laver son âme plus blanche que blanche : le confessionnal. Du moment qu’on murmurait la liste de tout ce qui pouvait provoquer un passage au purgatoire, un coup d’absolution et quelques prières permettaient d’effacer le péché excepté quand il était mortel car dans ce cas-là, c’était recta l’enfer.
J’étais un habitué du confessionnal. C’est d'ailleurs par ce canal là qu’un des pères confesseurs, Father Jones, a appris l’existence de mon amour secret. Je confessais comme il se devait du temps où j'étais croyant pratiquant, toutes les étapes de mon expérience sexuelle naissante:« Took her hand », « Whispered in her ears », « Kissed her lips »… Le Père Jones, joyeux bénédictin quadra pesant sûrement deux cents livres, apprenait de semaine en semaine l’évolution de mes avancées avec ma copine. Et le nombre de « Holy Mary » et « Holy Father » qu’il m’infligea, alla tout aussi crescendo au point que la durée de mon passage à la chapelle, ne faisait que s’allonger elle aussi. Technique bien connue des collégiens pour échapper au cours. Au bout de notre vie de collégien, il n'était pas rare que le confesseur nous infligeait plusieurs rosaires. C'est qu'on avait quand même appris pas mal de choses à propos de la chose.
Mais un jour, j'avais treize ans, une de mes percées dans l’art d’aimer a failli me coûter cher. Tout de suite après mon méfait tôt le matin dans le vestiaire du couvent des filles où Béatrice et moi nous nous rencontrions en secret, craignant l'enfer, je me suis encouru vers la chapelle du collège pour m’y installer dans le confessional avant l’arrivée des autres collégiens de peur qu’ils découvrent mon état. J’avais la bouche ensanglantée. Mon mouchoir en coton étant rouge tomate. Cela pissait le sang.
Quand Father Jones est arrivé, je me suis confessé ayant du mal à parler normalement, le bout de ma langue étant presque… amputée. Father Jones pouvait à peine m’apercevoir derrière le treillis du confessionnal qui le séparait du pécheur que j’étais. Mon Anglais sonnait encore plus différemment qu’à l’accoutumé. Déjà que j’avais un «stiff lip» typique pour tous ceux qui sont passés par ce collège auquel s’ajoutait en plus des « th » et autres sons sifflants mal prononcés à cause de mon «stiff tong» blessé et ma bouche pleine de sang.
_Fazer, I ‘ave sssined. » (« Mon Père, j’ai pésssché »)
Un silence inhabituel s’en suivit. D’habitude il répliquait par un « Go on young master, open your soul. God is listening.»
Ce que j’avais à confesser me foutait déjà les jetons à cause de la vision du séjour prolongé dans le purgatoire voire une descente en enfer sans billet retour. J’avais beaucoup de mal à ouvrir ma bouche remplie du liquide écarlate.
_Fadzer…. I have khisssssed a girl…. Widzz…. My tongue in her mouse. » Cette malheureuse prononciation de “mouth” ne faisait qu’amplifier la lourdeur du péché en transformant la “bouche” en “souris”. Je m’attendais au pire en voyant un mauvais oeil se rapprocher à travers un trou du treillis du confessionnal comme si j’étais le diable ou plutôt, vu l’écoulement du sang, un vampire en personne. Croyez-vous qu’il piqua une colère ?
Eh ben non !
Un énorme éclat de rire dont les Bénédictins pesants plus de deux cent livres ont le secret, raisonna à travers la chapelle. Et comme ces espaces là étaient fait pour amplifier tous les bruits sortant de la bouche des pères, je vous assure que cela me faisait plus d’effet qu’un coup de colère ou de tonnerre de dieu !
Au lieu de me sermonner et en rompant sans états d’âme le secret de la confession, il étouffa presque dans un rire homérique tout en me faisant la leçon :
_Young Master. Girls do bite a boy’s tongue – Hahaha - Didn’t you know?? – Hahaha – Unbelievable – Hahaha – Jolly good joke!! »
Les nombreuses âmes qui entre temps étaient arrivés à la chapelle pour échapper aux cours enchaînèrent en choeur par un fou rire collectif canon, le seul qui m’est donné d’entendre dans un lieu supposé saint. Je ne savais plus ou mettre ma tête. Le père m’envoya à l’infirmerie en oubliant de me donner l’absolution et les dix rosaires, tarif standard quand on confessait spontanément une fréquentation non surveillée par l’œil de dieux ou de Moscou avec l’autre sexe en dehors de la messe.
Vous comprenez maintenant pourquoi cette tentative ratée de percée de ma langue m’a tellement marqué : en ayant gentiment forcé le passage de ses lèvres, je l’ai tellement surprise que Béatrice m’a mordu comme un couteau de cuisine coupant une carotte…
Ce n’est que pendant un voyage retour vers le continent pour y passer les vacances de Noël que Béatrice et moi, nous nous sommes revus pour la première fois depuis qu’elle avait failli guillotiner ma langue.
_Pourquoi m’avez-vous mordu, mon aristo-chat ? Et si fortement… »
_Parce que quand les langues se touchent, ça peut faire des bébés… »
De nos jours, évidemment, les jeunes ados ne se racontent plus des trucs pareils marqués d'une belle innoncence. Ils savent tout et connaissent tout : tailler une pipe, un cunni, un 69, une capote, une levrette et j’en passe et des meilleurs.
Nous devions être idiots à leurs yeux quand nous étions jeunes. Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais je ne sais pas s’ils éprouvent autant d’excitation et de plaisir que nous lorsque nous franchissions pas à pas les interdits en route vers ce grand et bel inconnu qu’était l’amour.
D’ailleurs avant d’apprendre quelques années plus tard comment faire un bébé, j’admirais l’esprit alerte de mon aristo-chat même si elle m’avait fait mal avec son moyen radical de contraception. J’en avais la langue coupée mais il n’y a pas eu de bébé. Ouf !
22:31 Publié dans Souvenir | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : baiser, langue, éducation_sexuelle, culpabilité, plaisir, ados, confession
16.01.2009
L'art tchèque te choque?
Il est de coûtume que quand un état membre reprend la présidence de l'Union Européenne, que l'état en question propose d'exhiber une oeuvre d'art à Bruxelles. Je ne sais pas ce que le Président Sarkozy a exposé. Si cela avait été Carla, j'aurais sûrement visité l'expo il y a un peu plus de six mois.
En tous les cas, l'oeuvre monumentale "Entropa" présentée aujourd'hui par la Tchéquie qui assure la relève de la présidence française de l'Union, provoque la controverse et la fureur de la plupart des états membres.
L'artiste David Cerny a voulu représenter chacun des vingt sept états membres par une sorte de caricature grotesque.
Rappelez-vous les commentaires de nos têtes politiques bien pensantes lorsque le monde musulman avait été choqué par les cartoons d'un dessinateur danois jugés injurieux envers Mohammed et l'Islam. C'était du style "Manque d'humour", "Savent pas rire", "C'est des fanatiques", "Savent pas relativiser", "Comprennent pas le contexte", "Rétrogrades".
Je me demande quel genre de commentaires nous allons entendre sur l'oeuvre présentée par la présidence tchèque. Quelques exemples: la Bulgarie est couverte par des toilettes turcs; la Hollande submergée par les flots d'où sortent que quelques minarets; la Belgique une boîte de chocolat et une gauffre - même pas des frites!; la France, voir la photo un peu plus loin...
Perso, je trouve qu'un peu de dérision, c'est pas plus mal. L'Europe est déjà tellement ennuyeuse. Donc pourquoi pas? Ne croyez-pas que je ne respecte pas le sentiment national des uns et des autres. J'ai aussi un ancêtre qui fut Grand Maréchal de France; un grand oncle à qui je dois mon prénom et qui est mort dans les tranchées pendant la Grande Guerre sous le drapeau belge; moi-même j'ai porté les armes en Allemagne. Mais je me dis que la nationalité, quand elle est source de division entre les peuples ou qu'elle ferait croire à certains qu'ils sont plus grands et meilleurs que leurs voisins, ça, c'est de la vaste connerie. C'est tribal et limite idiot. Je le répète: cela ne signifie pas qu'il ne faut pas être fier de son passé ou renier ses attaches culturelles. Du tout! Tout cela se respecte. Tout individu a besoin d'un repère social et culturel auquel il peut s'identifier. Mais j'estime que la valeur d'un être humain n'est jamais fonction de la couleur du drapeau sous lequel il naît, vit et meurt.
Toujours est-il que je suis curieux d'apprendre les réactions des politiciens à propos de la façon à laquelle la France est représentée. A mon avis, ce truc-là ne flottera pas plus de 35 heures...
Et vous, qu'est-ce que vous en pensez?
00:12 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : carla, 35heures, grève, france, drapeau, tchèquie, bruxelles
13.01.2009
Keep in touch
_Alors, cela se passe comment, tes examens ? »
_Je gère, Dad. Merci d’avoir appelé. Te laisse. Kiss. »
Son commentaire succinct est supposé de me fournir tous les éléments de réponse pertinents. A capter tout de suite. Il semblerait qu’il tient cela de moi. Quand je suis occupé à autre chose, pas que je sois avare de mots, je suis plutôt bref également. Tel père, tel fils.
_ Salut mon grand. J’ai bien reçu ton sms. Bravo, il me semble que ta session d’examen est en bonne voie. »
_ Oui. D’ailleurs le prof m’a demandé de te saluer de sa part. Je ne savais pas que vous vous connaissiez. Et puis […]. Au revoir Dad.»
Il part sur tous les sujets possibles et imaginables. J’entends tous les détails de la journée. Tout le contraire de son frère benjamin. Il semblerait qu’il tient cela de moi. Quand un sujet me passionne, j’ai du mal à arrêter d’en parler. Tel père, tel fils.
_Coucou Princesse. Les nouvelles sont bonnes ? »
_Oh oui Papa ! Mais je te ferai la surprise le weekend prochain. Tu seras fier de moi ! Je suis sûre que nous allons faire du shopping ! Il faut que je te laisse. J’ai encore un examen à préparer. Bisous. »
Elle connaît les arguments qui font fondre le cœur de son papa parfois gâteau. Elle est adorable, studieuse, intelligente et attentive. Il paraît qu’elle est un mélange des deux. Moi je pense qu’elle ressemble plutôt à sa maman.
_C’est moi. J’ai eu les enfants au bout du fil. Il me semble qu’ils passent de bons examens. »
_Oui. Cela se passe pas trop mal. Tu rentres ce weekend ? »
_Oui. Probablement samedi vers midi. Je dois encore réserver mon billet. »
_Je serai chez mon coiffeur. N’oublie pas que nous avons un cocktail à cinq heures suivi d’un dîner. On s’appelle encore demain. Bonne soirée. »
Comme d’hab. Routine.
Je termine la série en appelant ma Belle à l’autre bout du monde. Impossible de l’atteindre pour cause de « réseau indisponible ». Plusieurs essais infructueux. Il est temps d’aller dormir. Je sais qu’Elle me réveillera en pleine nuit avec un sms « Why don’t you call me ? ». Et j’essayerai à nouveau de l’appeler.
Nous vivons une époque formidable. Quand je pense qu’il y a à peine trente ans, il était presque impossible de se parler quotidiennement. Fallait écrire, le téléphone coûtait trop cher et les êtres chers n’avaient pas toujours de poste fixe sous la main. Quelque part, c’était romantique et beau : on faisait attention au contenu, on préparait tout ce qu’on tenait à se dire ou on s’écrivait de jolis mots.
Heureusement qu’il y a les blogs. Si non, on perdrait vraiment le sens de la plume même pour ne rien dire.
Merci de votre visite et bonne nuit!
21:54 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sms, distance, amour, enfants, parents
08.01.2009
Ulysse est vraiment le meilleur
Juste envie d’écrire sans avoir le moindre sujet en tête. Suivre ma plume, enfin, plutôt mes doigts sur ce clavier. Revoir le défilé du jour. Si vous passez par ici, arrêtez de suivre ces lignes qui ne mènent à rien au moment où je les ponds comme une poule pondrait un œuf sans savoir ce qu’il devient. Sourires feints, vœux reçus non réciproques, sous-entendus, projets, ambitions… Oui, le programme est lourd et ambiguë : encourager cette boîte à se battre et déjà avoir la tête ailleurs, peut-être un jour en face. Penser à elles, celle qui attend et celle qui n’attend plus rien. Et ce papier, non, cet écran blanc se fait violer par ces mots qui défilent. Les mots d’un ex mot, des mots en passant. Des fragmentaux et réminiscences comme une vaste superchérie même si ma chérie est vraiment super. Pseudo ou étalage de propos comme si j’étais couché sur un canapé d’un shrink imaginaire caché entre mes oreilles ? Don’t know. L’heure avance. Irais-je manger seul ou dans un de ces restos habituels où l’hôtesse accueille l’habitué comme si elle s’occupait du seul endroit où je serais un habitué ? Non, les belles, je vous trompe sans cesse avec d’autres crèmeries où elles m’accueillent tout aussi cosy, que ce soit la cantine, costes, kong, fouquet’s, ruc... Il y en a d’autres mais je retiens ces noms-là parce que l’allitération me permet d’en accentuer le cucul. Mon estomac gronde et avant que ma tête fasse de même, vaut mieux que j’y aille.
Je vous l’avais dit. Je n’écris sur rien. Et puis, je dois vous avouer qu’il n’y en a qu’un que j’envie :
Joyce.
James Joyce.
21:21 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : james joyce, paris, écrire, ex mot
06.01.2009
"La guerre" à Gaza
Je suis opposé à toutes formes de violence physique ou morale entre êtres humains même s’il faut reconnaître que la violence est sans doute le fil rouge à travers l’histoire de l’humanité depuis ses origines jusqu’à nos jours. Que ce pauv’ con d’Adam ait mordu dans la pomme, on n’a pas fini de la payer celle-là.
Quand cette violence est exercée par un état, selon certains penseurs la seule instance ayant une base légitime et monopolistique pour exercer la violence – que l’on pense aux peines prévues par les codes pénaux, au pouvoir donné aux forces de police et judiciaires, il peut y avoir une certaine justification puisque par ce biais, la société civil(-isée?) cherche à se protéger contre toute forme de comportement violent considéré comme asocial ou destructeur des intérêts des personnes, de la société ou de ses composantes.
N’empêche qu’il y a des états dont le fonctionnement est loin d’être légitime ou moralement correct et acceptable. Les exemples actuels ou par le passé abondent malheureusement : que l’on pense aux états totalitaires qui condamnent la pensée non conforme à la doctrine officielle (la Chine, l’ex-URRS) ou qui excluent des composantes entières des droits fondamentaux (l’état nazi) de l’homme ou qui mettent hors jeu tout un système de justice équitable (les USA à Guantanamo).
J’évoque le rôle de l’état et le rapport avec la violence pour en revenir au conflit meurtrier de Gaza. Au sens technique, il s’agit d’un conflit entre les Palestiniens et Israël. Je n’ai pas suffisamment de connaissances pour connaître la nature de l’Etat Palestinien en devenir sur le plan du droit international. On parle des territoires palestiniens autonomes mais s’agit-il d’un état ? Dans l’hypothèse où il s’agirait d’un état au sens du droit international, pour qualifier le conflit actuel de guerre, il faudrait qu’il y ait eu déclaration de guerre.
Certes, Israël a plusieurs fois fait comprendre que si les tirs de roquettes ne cessaient, qu’elle réagirait. Mais je ne sais pas si elle a vraiment déclaré la guerre. Je ne sais pas non plus si elle a demandé à l’ONU et au Conseil de Sécurité, si elle était en droit de riposter et de quelle manière.
Ce conflit est la nième manifestation d’une situation absolument déplorable. Israël a été reconnu par décision des Nations Unies en 1947 suite à une guerre éclaire ayant mené au premier gouvernement Ben Gourion. L’existence de cet état résulte donc d’une décision internationale. C’est important car j’estime que la communauté internationale devrait en tout état de cause, assumer les conséquences de son choix.
Et là sans doute, la situation se distingue d’autres conflits entre états ou à l’intérieur d’un même état puisque l’état lui-même, Israël, s’est vu légitimé par décision supranationale. Il me semble que l’on a oublié tout cela. Là où je veux en venir, c’est que cette crise et sa solution, ne peuvent être le résultat d’une décision prise par le gouvernement israélien à lui tout seul.
Israël existe et est reconnu par l’ONU. Mais les Palestiniens et la plupart des pays arabes ne reconnaissent pas cet état. Ce n’est pas une position a priori irraisonnable
Les israéliens ont le droit d'être protégés. Mais par qui? Serait-ce du ressort exclusif de l'état d'Israël?
Cela m’amène à penser que la souveraineté d’Israël n’est pas comparable au stade actuel à celle d’un autre état : elle puise sa légitimé dans une décision supranationale. De ce fait, quand il s’agit de l’exercice de la violence « légitime », celle-ci ne peut émaner QUE d’une instance supranationale tant que toutes les conséquences de cette décision n’auront pas été réglées, spécialement envers les Palestiniens.
Israël a longtemps crû qu’elle pouvait créer une situation de fait la rendant seule habilitée à exercer le pouvoir de police à l’intérieur de ses frontières ou à exercer le droit à l’autodétermination et à l’autodéfense envers d’autres états. Par sa politique d’occupation du territoire, Israël a voulu démontrer qu’elle contrôle et occupe tout le sol et que dès lors, elle est habilitée à agir et décider seul. Les USA l'y ont encouragé.
L’erreur est là. Envers les Palestiniens, cette approche signifiait l’éviction, l’expulsion et l’expropriation du sol et des droits fondamentaux. Que la Palestine, sous protection britannique jusqu’en 1947, n’était pas un état autonome, n’enlève en rien la pertinence du constat qu’Israël s’est superposée et a été imposée à la Palestine.
Le constat ne permet pas encore de trouver une solution.
Nous ne pouvons que condamner le lancement des roquettes par le Hamas vers le territoire israélien et la riposte disproportionnée et terrible. Qu’Israël sait que les Arabes plient devant des démonstrations de force, ne signifie pas qu’elle gagnera la paix. Elle ne pourra faire cesser les actions terroristes que sur une courte durée. Celles-ci reprendront inévitablement si aucune solution digne n’est apportée à la problématique des Palestiniens.
Cette solution ne peut-être définie que par la communauté supranationale, en occurrence l’ONU. En reconnaissant Israël, elle a crée le problème palestinien. A elle d’apporter une solution négociée. En attendant, il n’y a que elle, et elle seule qui, à mon avis, ne peut exercer le droit légitime du recours à la violence « supranationale » en exerçant le pouvoir de police et de protection du territoire sur le sol israélien.
L’idée est sans doute utopique vu le concept des prérogatives de l’état et l’exercice exclusif de sa souveraineté. Mais je pense qu’en matière de doctrine de droit international, la notion de la relativité de cet exercice exclusif, doit trouver sa place.
Chaque victime, qu’elle soit palestinienne ou israélienne, est une victime de trop.
Je prie à tous leurs dieux pour que leurs leaders aient la sagesse d’admettre que le sang n’apportera aucune solution, qu’ils déposent leurs armes et qu’ils reconnaissent à la communauté supranationale, le droit, le devoir et le pouvoir de trouver une solution durable qui apporte la paix.
Que ce ne soit pas les écrits de l’Apocalypse qui déterminent la poursuite de la guerre ultime qui trouvera sa cause et ses racines dans cette partie du monde où le fil conducteur depuis l’époque romaine, affiche la couleur du sang.
Amis arabes, palestiniens et israéliens : je vous comprends mais je n’approuve pas vos actions. Vous ne serez grands et dignes que si vous laissez de côté votre orgueil en déposant les armes et en acceptant que la communauté internationale, en concertation avec vos leaders, définisse une solution durable, seule vraie voie vers la paix.
Faites-le.
سلام
שלום
Pour vous, pour vos enfants.
N.A.
23:27 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : conflit palestinien, israël, onu, humanité, violence



