25.02.2009
Suite et fin? - La leçon du monstre
Le père de Klaus avait été dénazifié en 1950 par un tribunal international. En 1954, il a repris la profession d’avocat. Mais il n’était plus le même. Il a compris que lui et son peuple avaient été coupables. Et il ne s’en cachait pas.
« Vous êtes jeune et vous avez cette formidable chance d’être né dans une partie du monde où règne la liberté d’expression et où le bien-être matériel paraît acquis. Le plus important, c’est que votre génération a été éduquée avec un sens critique et que vous avez un choix immense au niveau des informations diffusées par toutes sortes de médias. Mais restez vigilants. L’esprit est fragile et reste docile. Regardez par exemple ce rideau de fer qui nous sépare du Bloc de l’Est. La plupart des gens pensent que de l’autre côté, une idéologie collectiviste continue de semer la terreur. Vous ne croyez pas ? »
« Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour les communistes et je plains ceux qui subissent le régime soviet… »
« Pourquoi vous dites cela ? Qui vous a dit que c’est ainsi ? L’avez-vous vu ou subie, la terreur communiste ? »
« Je ne sais pas… »
« Exactement mon jeune ami : vous dites et vous croyez que de l’autre côté, c’est le mal… Peut-être que vous avez raison, peut-être que non. Analysons cela de près. En réalité, vous ne faites que répéter ce que d’autres vous ont dit. Et « les autres », c’est qui ? Est-ce que eux aussi ne répandent pas ce qu’ils ont entendu ou, et il y a lieu de s’inquiéter, répètent seulement ce qu’on leur demande de dire ? Mais la réalité de l’autre coté, l’avez-vous vécue, sentie, subie ? Avez-vous les preuves ou seulement l’intuition ou la conviction qu’il en est ainsi ? »
« Je suis opposé à tout système totalitaire qui sacrifie l’individu au nom d’une idéologie ou d’une religion… »
« Mon propos n’est pas de rentrer dans une discussion pour savoir si le communisme serait plus ou moins humain qu’un système social-démocrate. Ce qui est important, c’est de comprendre ce qui forge votre opinion à vous. Ce que vous lisez, ce que vous voyez à la télévision, ce que l’on vous dit, cela repose sur quoi ? Et quand une information vous paraît crédible, comme celle-ci se situe par rapport aux notions du bien et du mal ? »
« … »
« Pour qualifier une personne, un fait, une système ou une situation de bien ou de mal, il y aurait-il une base absolue ou seraient-ce des notions relatives en fonction des circonstances ? En admettant que des lois naturelles existent et qu’elles permettent à une société ou à une personne de clairement distinguer le bien du mal et de vivre en paix, sommes-nous certains que tous les êtres humains ont cette chance inouïe de pouvoir s’instruire, d’avoir accès à un savoir qui les rendraient meilleurs ou disons, plus humains ? »
« Malheureusement non… »
« Je sais. J’ai fait partie d’une nation, d’une race qui se proclamait supérieur aux autres avec gravé sur nos ceinturons, « Gott mit uns ». Cette race est la seule qui a su assassiner des millions de personnes sans se poser de questions. Moi je dis que nous étions devenus des monstres sans que nous nous en rendions compte, que ce soit au niveau collectif ou individuel. Nous étions devenus aveugles. Nous refusions de réfléchir. S’il est aujourd'hui impossible de réparer nos erreurs et nos crimes, s’il est impossible que nos victimes nous accordent le pardon, la seule chose que je puisse encore faire, c’est de vous mettre en garde ainsi que tous ceux que je connais, de ne plus jamais abandonner leur sens critique et de rester vigilants. »
« Mais nous vivons quand même dans un monde libre et, comme vous le dites, nous avons la possibilité de nous informer et de nous exprimer… »
Le père de Klaus se leva : « Regardons les nouvelles… » Et il alluma la télévision. Des images en noir et blanc d’un reportage sur la guerre au Vietnam étaient diffusées. On y voyait un village en feu, des colonnes de réfugiés et des images de prisonniers nord-vietnamiens au regard terrifié alors que le commentaire sous-titré d’un journaliste américain déclamait : « Today in Vietnam, US troops in a combined effort with southvietnamese forces defeated a major communist regiment. The ennemy counts more than five hundred casualties. This shows the vietnamisation of the war is producing its effect and that soon, South-Vietnam will be able to stand its own way on the road to freedom. »
Le père coupa le poste de télévision.
« Avez-vous compris la leçon ? »
00:10 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : horreur, idéologie, médias, liberté, guerre, homo_homine_lupus
11.02.2009
La leçon du monstre (suite)
Il ressemblait exactement au type d’officier prussien: grand, se tenant droit devant la cheminée du salon, tout en s’appuyant sur une canne en ébène, la main droite derrière le dos. Il me sourit poliment et me tendit la main en parlant un anglais impeccable malgré l’accent américain : « Welcome young man. Klaus told me about you. Please have a seat.”
La conversation continua en Allemand. Je n’avais pas trop de mal à la suivre, mes hôtes faisant attention à ne pas parler trop vite. J’observais cet homme et essayait de me l’imaginer pendant ces années sombres où il portait l’uniforme. Comment était-ce possible qu’il ait pu faire partie d’une horde sauvage, lui qui paraissait si civilisé et instruit ? Il voyait que je regardais l’impressionnante bibliothèque qui longeait un mur du salon et m’interpella : « Si voulez découvrir ces livres, n’hésitez pas, je vous en prie. »
Je me levai et parcourut les titres. Il y avait là des livres de tous les grands philosophes modernes et de juristes réputées : Heidegger, Hegel, Kant, Marx, Adorno, Wittgenstein, Sartre… Curieusement, aucune oeuvre ni de Schopenhauer ni de Nietzsche dans laquelle l’état national socialiste avait puisé des brins de son idéologie abjecte et destructrice, souvent en détournant ou en mystifiant les maximes de ces philosophes en les intégrant dans la « Weltanschauung » des nazis, vision du monde habitée de démons et de races inférieures polluant l’espèce humaine et qu’il fallait affronter et écarter avec détermination, sans merci, avec cruauté et une obéissance sans faille sous la conduite du Führer.
Cette bibliothèque contenait tous les livres des auteurs jugés dissidents ou juifs par les Nazies et brûlés lors d’une séance macabre d’autodafé devant l’Université de Berlin en 1933. Je pensais au poète Heinrich Heine qui en 1820 avait écrit : « là où l’on brûle des livres, l’on finit par brûler les hommes ».
« Je n’ai pas eu cette chance de lire ces œuvres quand j’étais jeune.» me dit-il presque en s’excusant : « Ce n’est que bien plus tard que ces livres m’ont aidé à comprendre ce qui m’est arrivé, ce qui est arrivé… »
Tout le monde se tut. Je m’assis à coté de lui alors qu’il poursuivait son propos.
« Vous ne pouvez savoir comment nous avons été endoctrinés d’une manière presque imperceptible, j’allais dire sournoise. Ce ne sont ni le parti nazi, ni leur propagande, ni leur sens des meetings érigés en spectacle qui ont amorcé le mouvement qui nous a conduit au désastre et l’abominable holocauste. Ils ont tout simplement récupéré et catalysé un discours sous-jacent qui couvait un peu partout en Europe et qui s’inspirait de toutes sortes de pseudo sciences, de convictions nationalistes, de xénophobie, de visions de peuples triomphants supérieurs aux pays voisins, aux autres races… »
Je ne pouvais me retenir et d’un ton proche de l’accusation j’interrompis sa réflexion : « Mais vous, vous en faisiez partie. Comment pouviez-vous… »
« Vous avez raison de poser cette question essentielle. Je me suis laissé emporter comme la plupart des Allemands. Ma culpabilité est d’avoir laissé faire, de ne pas avoir réfléchi. J’étais dans une mouvance où l’on ne se posait pas de questions. Il s’en fallait de peu que j’aurais été pendu comme criminel de guerre. Si j’ai échappé à la peine capitale que l’humanité aurait pu me réserver, je le dois uniquement aux aléas de la vie. Je n’ai pas été condamné faute de preuves de faits ou de responsabilités établies qui auraient sans doute pu être retenus contre moi.
Les unités sous mes ordres avaient comme adversaires des soldats en uniforme, parfois des partisans. Mais nous savions que nos troupes, la gestapo et des collaborateurs à travers tous les pays occupés menaient aussi d’autres actions à finalité meurtrière. S’ils y parvenaient, ce n’est pas uniquement parce qu’il y avait des ordres. C’est parce que tout un conditionnement latent s’était immiscé dans la tête des gens. L’appareil nazi n’était pas seulement une meute aveugle mue par des ordres venus d’en haut, « Befehl ist Befehl ». C’était beaucoup plus subtil et les rouages ayant conduit à l’élimination de millions d’êtres humains s’étaient graduellement infiltrés dans les esprits et les lois racistes datant d’avant la guerre. Même des pays neutres comme la Suisse, exigèrent à partir de 1938 que tout passeport allemand ou autrichien fasse une distinction entre Aryens et non-Aryens lors d’une demande de visa. Le monde ferma les yeux. Je ne dis pas cela pour déplacer ma responsabilité individuelle ou celle du peuple allemand. Je faisais partie du monstre, j’en étais un instrument. Pire, je servais d’exemple.»
Une larme s’échappa de ses yeux.
«Mes blessures et un traumatisme crânien à la fin de la guerre m’ont rendu amnésique pendant plusieurs années. Quand les Américains avaient repéré ma famille et ramené chez elle, je ne reconnaissais ni ma femme ni mes deux enfants. Chaque nuit je me réveillai tout en sueur, des cauchemars me révélant des visions d’horreur, de villages en feu, des corps d’enfants nus estropiés par la fureur d’une guerre sauvage. Je ne parvenais pas à rattacher ces images à ma mémoire consciente. Mais j’ai dû les voir dans la réalité… C’est certain. Sehr sicher.»
Il plongea sa tête dans ses mains. Il n’avait plus rien de ce fière Prussien qui s’était présenté quelques instants auparavant. Il était tout juste un homme effondré par la lourdeur de son récit du passé.
Je regardais la mère, Klaus et Hannelore. Personne ne bougea. Je voyais Oradour et j’entendais le silence pesant des pierres. Là, dans cette villa de Göttingen, trente ans plus tard, la mémoire blessée d’un vieil homme ravagé par sa propre histoire et celle de son peuple me révélait que le mal subsiste autour de nous.
(A suivre)
22:19 Publié dans Réflexion, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : holocauste, mémoire, totalitair, nazi, xénophobie
05.02.2009
La leçon du monstre
Je venais d’avoir dix-huit ans. Pour parfaire mon Allemand, je suivais un stage d’été à l’Institut Goethe. Je logeais chez des amis de ma famille. Lui était médecin chirurgien, elle professeur d’histoire. Ils étaient jeunes mariés et n’avaient pas encore d’enfant. Un weekend, je les accompagnais lors d’une visite de ses parents à lui à Göttingen, une ville universitaire charmante au milieu de l’Allemagne Fédérale et qui se trouvait pas loin du rideau de fer, frontière tristement célèbre aujourd'hui disparue qui sépara le monde libre du bloc de l’Est pendant la Guerre Froide.
Pendant le trajet en voiture, ils me demandaient si je connaissais l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Le sujet semblait les embarrasser.
_Oui. J’ai perdu un oncle qui était résistant. Ma ville natale a été bombardée par des Stukas lors de l’invasion allemande. Une des bombes est tombée juste derrière la maison de mes grands parents. Si je suis là, c’est qu’elle n’a pas explosé… » Je déballais toutes les anecdotes que ma famille m’avait racontées. Et il y en avait.
_Il faut que tu saches que mon père a été un officier général de la Waffen-SS. Cela te dit quelque chose… ? »
Klaus me fixa dans le rétroviseur, curieux et sans doute anxieux de voir ma réaction. Qui ne connaissait pas cette sinistre bande de criminels en uniforme ? Je sentais sa gène.
_Oui… »
Il regarda rapidement Hannelore et pris sa main comme pour la faire taire : « Sage nichts. Ich muss ihm die Wahrheit erzählen… »
La vérité sur son père, Klaus me la racontée en partie pendant que nous descendions vers Göttingen. Ce que j’aurais appris ce jour-là était fascinant mais également terrifiant et inquiétant.
« Mon père était jeune avocat au barreau de Berlin. L’Allemagne traversait une crise économique terrible. Le pays était dans le chaos total. Ingouvernable. En 1933, Adolf Hitler prend le pouvoir. Une propagande habile faisait de lui le sauveur, le guide, « le Führer » qui recréerait une Allemagne forte et puissante, ce troisième Reich qui allait durer mille ans. Mon père n’avait pas d’ambition politique. L’organisation nazie s’était immiscée dans l’ensemble de l’appareil de l’état, y compris la police et la justice. Pour avoir une chance de faire carrière, une carte du parti était indispensable. Comme la plupart de ses confrères, il y adhéra en 1934 lorsque les premiers résultats de la relance économique commençaient à devenir perceptibles. Avec les Jeux Olympiques de 1936, l’Allemagne se retrouvait à nouveau sur la scène politique internationale. Très rapidement, les années de pain gris furent oubliées. Les Allemands n’ont pas vu qu’ils entrèrent dans la période la plus noire de l’histoire de l’humanité. »
Klaus paraissait sincère. Sa voix tremblait parfois. Je ne disais rien.
« J’étais tout petit. Ma sœur et moi, nous voyions comment notre père changeait. Il partait souvent pour plusieurs jours pour suivre des « entraînements ». Et puis un soir, il est rentré à la maison habillé en uniforme noir portant une casquette arborant une tête de mort. Il était beau mais effrayant. Il avait rejoint la SS, la « Shützstaffel», escadron de protection du Führer, réservé à l’élite.
Comme mon père avait les allures d’un athlète, dès que la guerre éclata, il fut enrôlé comme officier dans la Waffen-SS, l’aile combattante de la SS. J’ai très peu de souvenirs de mon père pendant cette époque. Nous l’avons vu que deux fois en quatre ans de temps. Il écrivait rarement. Tout ce que nous savions, c’est qu’il a dû se battre sur quasiment tous les fronts. Son régiment blindé devait intervenir sur tous les points chauds. Les commandants de son unité de choc, tombaient au combat les uns après les autres, raison pour laquelle mon père a connu une ascension fulgurante l’amenant au commandement de sa division.
Un jour, c’était en juillet 1944, un officier SS est venu nous annoncer la disparition de mon père lors d’un bombardement sur le front de l’Ouest. Ma mère a eu très dur et nous avons fui Berlin pour nous installer dans la campagne au centre de l’Allemagne. Nous croyions que mon père était mort. A la fin de la guerre, nous étions dans la zone occupée par les soviétiques. Une nuit, ma mère nous a sortis du lit et nous avons fui la zone soviétique en direction de l’ouest, pour rejoindre sa sœur, veuve de guerre, près de Göttingen. Ma mère n’avait emporté qu’une seule valise avec deux uniformes de gala de mon père disparu.
En janvier 1948, à notre grande surprise et sans que son retour ait été annoncé, mon père a réapparu. Je ne l’oublierai jamais. Une ambulance de l’armée américaine l’a reconduit chez nous. Il était maigre et pâle, presque incapable de parler, lourdement invalidé par des blessures de guerre. Il avait gardé l’uniforme qu’il portait au moment où sa voiture avait été mitraillée par des avions de chasse américains alors qu’il était en route vers le front. Il ne se souvenait de rien. Il doit sa vie à l’avancée rapide des alliés qui l’ont trouvé gravement blessé, abandonné dans un fossé par les troupes allemandes qui battaient en retraite. Comme il avait un grade élevé, ils l’ont évacué d’abord vers l’Angleterre et ensuite vers les Etats-Unis. Pendant deux ans, il a été soigné dans un hôpital de Dallas. Pendant tout un temps, personne, même pas lui, ne savait qui il était comme il souffrait d’amnésie et qu’il avait perdu ses papiers. Les services de renseignement américains ont pu l’identifier grâce à son uniforme, l’écusson de sa division, son grade et ses décorations.
Il avait été pendant un jour commandant de la tristement célèbre division « Das Reich». »
En entendant ce nom, je fis un sursaut. Ce nom-là, je le connaissais.
Quatre ans plus tôt, lors d’un voyage d’été vers Biarritz, mon père m’avait amené à Oradour-sur-Glane près de Limoges, village témoin des atrocités commisses par les SS qui y ont massacré plus de six cents civils, hommes, femmes et enfants, dont la plupart ont péri dans l’église du village dans laquelle les Allemands les avaient enfermés avant d’y mettre le feu. La visite de ce lieu m’avait horrifié. Jusqu’alors, comme la plupart des gamins de mon âge, je n’avais vu que des documentaires des scènes de la deuxième guerre mondiale. Cela nous fascinait plutôt qu’autre chose. Depuis cette visite d’Oradour où plane la lourdeur de l’histoire et où le silence du vent fait écho aux cris des innocentes victimes, je n’ai plus jamais joué au soldat. Et j’ai compris tout le sens de « homo homine lupus ». A Oradour, les pierres vous prennent aux tripes et vous soufflent sans mot dire le délire et la cruauté dont notre espèce est capable.
Voilà donc que j’allais rencontrer un homme, un père lui aussi, qui peut-être avait hurlé des ordres infâmes, comme une bête… Je tremblais à l’idée.
Klaus a dû voir ma réaction et me dit : « Mon père, si tu le veux, te racontera… » Et il se tût.
Nous arrivions chez ses parents qui habitaient une belle maison dans une banlieue résidentielle de Göttingen. Sa mère nous attendait sur le perron. Elle était grande et souriante et ne faisait pas ses soixante dix ans.
Elle embrassa Klaus et Hannelore et me salua cordialement : « C’est donc vous notre invité d’honneur. Soyez la bienvenue. J’ai pu comprendre que vous parlez déjà très bien l’Allemand. Venez. »
Nous entrions dans le salon. Je suivais non sans appréhension. Je n’avais encore jamais rencontré un monstre.
(A suivre)
00:35 Publié dans Réflexion, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : waffen_ss, oradour, homo_homine_lupus, guerre, victimes, totalitarisme
04.02.2009
Challenge
Je la ferai courte : pas le temps d’écrire juste pour le plaisir. C’est que le temps court et je cherche activement à me lancer dans une nouvelle activité. Ce n’est pas évident par les temps qui courent.
En parcourant à toute vitesse mon quotidien préféré, le Herald Tribune, inutile de préciser que les nouvelles ne sont pas bonnes.
Je lis que des Chinois courent après des diamants et des investissements aux USA dans des obligations à haut rendement parce que « ici en Chine, l’économie tourne au ralenti et il faut bien mettre son argent ailleurs où ça rapporte plus… » alors que dans l’empire immobile 10 millions de travailleurs « migrants » qui viennent du centre du pays, ont perdu leur emploi en moins de trois mois… On estime que plus de 20 millions sont rentrés chez eux pour fêter le Nouvel An chinois pour ne plus revenir vu la suppression massive d’emplois. Il y a à peine deux ans, il manquait de main d’œuvre… Faut pas s’en étonner que le premier ministre chinois Wen Jiabao a lui aussi failli ramasser une chaussure en pleine poire lors d’un discours à Cambridge.
Il y a le problème cornélien du sauvetage des banques américaines : toujours plus d’un trillion ( !) d’emprunts toxiques. Comment faire pour résoudre cela ? Si l’état les rachète au prix fort, le contribuable US trinquera. S’il ne paye pas assez, les banques continueront une politique de crédit restrictive et la méfiance entre banquiers persistera tout en pourrissant davantage un climat économique mondial déjà fortement dégradé comme jamais auparavant. Et dire qu’en 2005, les dirigeants de Wall Street étaient considérés comme les héros du capitalisme triomphant, sauveteurs du monde…
L’économie de l’ex bloc de l’est sombre dans une récession effrayante. Contraction de 40 pourcent au mois de décembre dernier…
En France, c’est beaucoup de discours et de gesticulations. De l’incompétence patente de toute la classe politique marquée par des idéologies désuètes à droite comme à gauche et qui empêchent toute concertation et combinaison des forces pour traverser la tempête et limiter les dégâts inévitables avant même de pouvoir s’en sortir.
Et puis ces appels à la grève généralisée – je ne parle pas de ces cas où les travailleurs n’ont d’autres armes pour défendre leurs intérêts - qui ne servent à rien et ne feront qu’empirer le climat général. Les caisses de l’état sont vides et le « yaka » le prendre là où il se trouve, c’est de la démagogie à deux balles.
J’arrête là. Cela ne peut affecter mon espoir d’un monde meilleur. C’est crise doit en être une sorte de catalyseur. Peut-être qu’il fallait une telle remise en cause d’une croissance inéquitable et contraire au bon sens. Il est grand temps de repenser nos modèles. Peut-être est-ce dans ce domaine là que je compte me lancer. Got some talents, some experience, some passion and some vision. Who knows?
Faut que j’en parle à mes enfants.
00:28 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : économie, sarkozy, obama, jiabao, herald_tribune, toxic_loans, banques


