25.03.2009
Star... (Par hasard)
L’année 2008 avait mal débuté : une chute idiote, notez que c’est rarement intelligent, avec fracture de la main droite m’avait valu un emballage plâtré de l’épaule jusqu’aux doigts. Ensuite, il y avait ce fait bien plus grave, le décès d’un ami de longue date mort d’une leucémie galopante.
Comme le matin de ses obsèques, je ne parvenais pas à nouer ma cravate vu mon plâtre, j’avais mis un pull-over à col roulé noir pour me rendre à l’église Saint Roch. Ne pouvant pas conduire non plus, une limousine avec chauffeur m’attendait à la Gare du Nord où j’arrivais en Eurostar en provenance de Londres. Je manquais de sommeil et j’avais mis des lunettes sombres pour protéger mes yeux fatigués. Cheveux plats wet look comme je ne pouvais pas les peigner avec mon bras immobilisé.
Le chauffeur prit mes bagages : « Je vous conduis à l’hôtel, Monsieur ? ». « Non, je suis en retard. Conduisez-moi d’abord à l’église Saint-Roch, Rue du Faubourg Saint Honoré. Pendant que je serai à la messe, vous pouvez passer par l’hôtel pour y déposer mes bagages.»
Tout cela n’a évidemment aucun intérêt. Jusqu’alors mon pressentiment d’une journée triste et morose avait été correct. Mais ce qui allait se produire par hasard en début de soirée était loin d’être banal…
Je ne me prête aucunement des allures de star et je suis plutôt du genre discret. Je n’aime pas trop d’être exposé et j’ai toujours été adepte du « vivons heureux, vivons cachés ». Ce jour-là, mon « look » attirait apparemment les regards – déjà en rentrant à l’église : habillé tout en noir because enterrement ; lunettes noires because yeux fatigués ; cheveux gommés because seul moyen de les garder en place ; Et bien sûr mon bras plâtré avec support noir.
Vers 19 heures, le chauffeur me conduisit à l’hôtel. Même s’il faisait déjà noir, je gardais mes lunettes sombres supportant mal la lumière des phares.
L’accès à la rue où se trouve l’hôtel était barré. Un policier interpella mon chauffeur : « Interdiction de passer ce soir ».
« Mon client doit rejoindre son hôtel plus loin dans la rue. En plus il est blessé. »
Le policier regarda son chef qui fit signe de nous laisser passer. Ce n’était pas la première ni la dernière limousine à passer la barrière ce soir-là. En arrivant à hauteur de l’hôtel nous suivions une série de voitures les unes plus prestigieuses que les autres. Il y avait des policiers partout. Un grand projecteur illuminait l’entrée de l’hôtel et le tapis rouge était déroulé. Chaque fois qu’une portière s’ouvrit, une salve de flashs photo accueillait les arrivants.
« C’est quoi ce vacarme ?? »
J’aime bien cet hôtel mais je n’aime pas la propension de sa direction à organiser des évènements qui attirent la foule et qui rendent le séjour beaucoup moins reposant. Avant que je ne me réalise ce qui se passait, un voiturier ouvrit la portière de mon char et comme il me connaît, il m’accueillit avec un grand sourire « Good evening Mister Nemo. Wellcome back to Paris ! ». Sans m’en rendre compte, j’allais être pris par un bon nombre d’invités pour une vedette de cinéma…
Mon arrivée sous les spotlights ressemblait à ça :
L’homme noir au bras cassé sort de la limo et voilà qu’une salve de flash se déclenche à nouveau. Il a l’air légèrement abasourdi et pénètre dans le hall de l’hôtel par le tapis rouge autour duquel un public venu nombreux l’accueille sous les applaudissements. Les journalistes tendent leurs micros en espérant une réponse aux questions qu’ils lui lancent: « Avez-vous eu un accident ? », « How long do you stay in Paris ? » , «Visite incognito ? »…
Le directeur de l’hôtel et la responsable communication de la chaîne à laquelle il appartient, vinrent vers moi : « Monsieur Nemo ! Bienvenue ! Mais, vous êtes blessé ?? Rien de grave ? Désolé pour cette foule mais ce soir, il y a la remise du Prix Saint-Valentin qui récompense le meilleur roman et le meilleur film d’amour. Nous attendons plus de cinq cents invités de marque parmi lesquels des vedettes de cinéma et des auteurs à succès. Soyez des nôtres !»
La foule et les reporters qui n’entendaient rien de cette conversation avec la direction de l’hôtel, ne voyaient qu’un mec ‘cool’ style mélange de Steve McQueen – en tous les cas vu de (très) loin et de Lagerfeld – vu mon déguisement tout en noir mais sans les cheveux gris et sans la boucle d’oreille, qui sort d’une limousine sous le feu des projecteurs et qui est reçu comme une vraie star.
En entrant dans le lobby, tous les regards se tournaient vers moi. Cela me faisait un drôle d’effet et comme j’avais compris qu’ils me prenaient pour une vedette – laquelle je ne le sais toujours pas – alors que je n’étais qu’un modeste client, je me suis dit que j’allais jouer le jeu. Pourquoi pas ?
Voilà que PPDA en personne et la Présidente du Jury m’accueillent dans le grand salon. Je m’y rendais juste pour le check-in mais eux pensaient que je faisais parti des pipole : « Bonsoir, heureux de vous avoir parmi nous. Oh ! Vous avez eu un accident ? ». Brève explication à PPDA de ma bête chute. Il était tout attentionné et interpella un serveur pour qu’il m’apporte une coupe de champagne : « Une coupe pour notre ami blessé ! » Je le remerciai of course et au lieu de procéder au check-in, je décidai de savourer ce moment plutôt inhabituel et surprenant dans ma petite vie de voyageur soudainement projeté sur les devants de la scène. J’affichais donc tant bien que mal une espèce d’actor’s face de circonstance et j’étais de plus en plus amusé par la tournure que prirent les évènements.
Arriva donc ce qui devait arriver : quand les gens voient que vous parlez à du pipole qui a l’air de vous connaître, cela fait effet boule de neige et leur donne envie de vous connaître aussi. Une beauté blonde se présenta spontanément : « Enchantée, je m’appelle Kate, » qu’elle me fit, « Je suis américaine et je vis à Paris depuis bientôt deux ans. La soirée s’annonce longue n’est-ce pas ? Votre plâtre ne vous dérange pas ? Vous êtes seul ? Moi, aussi ! »
Je concédai volontiers à la miss le plaisir de s’écouter parler comme les Américaines savent le faire. Voilà qu’un autre spécimen, une brune milanaise, s’imposa dans la conversation qui porta sur tout et - surtout - rien. Et encore une. En un minimum de temps je devenais sans le savoir un centre d’intérêt comme si j’étais une célébrité. Je me suis fait des réflexions du style « Qu’est-ce qui attire les mouches ? M…C’est moi !! ».
Il y a une de mes – en toute modestie – nombreuses admiratrices d’un soir qui me supplia de pouvoir signer mon plâtre ! C’était une parisienne trèèèèès connue et aussi transparente dans ses intentions que son chemisier transparent lui aussi dévoilant une paire siliconée à souhait: «Cela me ferait plaisir de dîner avec vous un de ces jours… Vous m’appellerez ? » tout en glissant dans ma poche une pochette d’allumettes avec son numéro de portable. A peine qu’elle avait fini de grifouiller son prénom sur mon bras, qu’une autre femme du monde fraîchement promue fan se précipita sur moi pour faire de même. Encore un peu et voilà qu’une brochette de belles faisait la queue pour signer mon bout blanc en plâtre.
Même si je suis du genre monogame inébranlable, je dois vous avouer que pendant cette soirée là j’aurais pu succomber aux avances d’une douzaine de nanas avides de s’afficher à côté d’un mec supposé appartenir au pipole par tous ceux qui ne le connaissent pas. Heureusement que mon plâtre m’empêcha de sortir le petit doigt. D’ailleurs rien qu’en pensant à ma Belle et son petit côté délicieusement carnivore voire cannibale quand l’autre sexe s’intéresse de trop près à mon cas, faisait que je n’allais surtout pas céder à la tentation de plusieurs one night stands en une seule nuit. En plus le one night stand n’était plus possible puisque la soirée se poursuivit au champagne jusqu’au lever du soleil… Comme je ne suis pas un one day lover non plus, je suis resté sage comme une image. (NDA : Ça, c’est pour rassurer encore un peu plus ma Belle qui passe parfois par ici.)
Le bling bling n’est pas ma tasse de thé. Mais d’avoir été pris pour une star par méprise, je vous assure que quelque part, cela m’a bien fait rire… Jusqu’à ce que je retrouve ma Belle quelques jours plus tard : « C’est quoi tous ces cœurs et ces « I luv U » écrits sur ton plâtre ??!!» qu’elle me sort en un portugais brésilien sur un ton fort inquisiteur.
J’ai eu beaucoup de mal à lui expliquer la vérité. La connaissant, elle aurait pu me dévorer tout crû. Heureusement qu’il y avait les photos de la soirée et le directeur de l’hôtel comme témoin. Si non je crois que tout ce qui resterait de moi après cette expérience de « star d’un soir » malgré moi se serait terminée par un tas d’os anonymes et un bout de plâtre plein de petits cœurs et de noms de belles que par respect pour la vie privée, je ne révèlerai pas ici. ;-)
20:54 Publié dans Humour, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : saint-valentin, star, bling-bling, pipole, acteur, ppda
23.03.2009
Suis j'une espèce mieux protégée??
Extrait du journal « Le Monde » d'aujourd'hui :
Alors que le gouvernement espagnol s'apprête à assouplir les critères légaux de l'avortement, la Conférence épiscopale espagnole a lancé, lundi 16 mars, une campagne anti-avortement en déclarant que certaines espèces animales menacées seraient plus protégées que les embryons humains.
Au cœur de la campagne publicitaire de l'Eglise espagnole, qui commencera le 25 mars, "journée de la vie" pour les ecclésiastiques, une affiche où l'on voit un jeune enfant à côté d'un lynx ibérique. Une mention "lynx protégé" est apposée sur l'animal, l'une des espèces animales les plus en danger d'Espagne, et le bébé demande "et moi ?" au-dessus d'un slogan "protège ma vie !" L'affiche sera collée sur 1 300 panneaux en Espagne. […]
Réaction de Lynx
Ils cherchent à me provoquer vu mon pseudo ??
La morale résulterait-elle d’un raisonnement qui met en balance la vie d’un bébé et la survie d’une espèce en danger ??
C’est amoral, bassement provocateur, de l’émo-raisonnement vulgaire et culpabilisant pour tous ceux qui aiment la vie.
Mon frère est handicapé à 100%. C’est l’être que j’aime le plus au monde. Si mes parents avaient su avant qu’il naisse ce qu’il deviendrait et qu’ils avaient opté pour une interruption volontaire de grossesse, j’aurais compris et pardonné même si sans mon frère, ma vie n’aurait jamais été aussi intense que celle que j’ai connue jusqu’ici.
Très chère église, en ce qui me concerne, tu sais où tu peux te le mettre, ton nouveau slogan!!
(Tu portes une Rolex ou quoi??)
23:29 Publié dans amour, Réflexion, Rupture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : église, avortement, amoral, aliéné, dépassé, rage, vie, excommunier, lynx, pape
20.03.2009
Le courage d'une Femme (*)
Mukhtar Mai, la résiliente Pakistanaise qui avait été violée par une bande sur ordre d’un conseil de village mais qui est devenue un symbole d’espoir pour les femmes opprimées et sans droit à la parole, s’est mariée à 37 ans avec Gabol, 30 ans, l’agent de police chargée de la protéger après l’attaque. Elle est sa seconde épouse. Au Pakistan, un homme peut avoir quatre épouses à la fois.
Mukhtar a dit qu’elle a accepté d’épouser Gabol parce que cela faisait des années qu’il lui avait demandé sa main : « Finalement, j’ai cédé parce qu’il était tombé follement amoureux de moi. » dit-elle en éclatant de rire.
Au Pakistan, il est fréquent qu’une victime d’un viol se suicide. Mukhtar Mai, connue aussi sous le nom Mukhtaran Bibi a réagi autrement en intentant avec succès un procès contre ses assaillants ce qui lui valut une renommée internationale pour son courage et sa détermination.
Elle dirige plusieurs écoles, un service ambulancier, un centre d’accueil pour femmes en détresse dans son village et a écrit son autobiographie. En se mariant, elle a réussi à vaincre un autre stigma contre les victimes de viols dans la société conservatrice du Pakistan.
Le conseil du village avait donné l’ordre de la violer comme punition pour des actes attribués à son frère plus jeune. Il était accusé d’avoir des relations illicites avec une femme d’un clan rival mais une enquête a démontré que le jeune frère avait été molesté par des membres de la tribu rivale et que l’accusation n’était autre qu’un coup monté.
Gabol faisait parti d’un groupe d’officiers de police chargé de protéger Mukhtar contre les proches des violeurs qui la menaçaient de mort au cas où elle persisterait avec son action en justice. Il lui avait demandé la main depuis 2003 mais elle n'accepta jamais. Il y a quatre mois, il a tenté de se suicider. Mukhtar continuait de refuser.
Alors Gabol a menacé de divorcer de sa première épouse, Shumaila. Shumaila et les parents et sœurs de Gabol ont tenté de convaincre Mukthar de devenir la seconde épouse de celui-ci.
Parce qu’elle se faisait des soucis pour Shumaila, Mukhtar a enfin accepté de se marier avec Gabol : « Je suis une femme et je comprends le désarroi, la souffrance et les difficultés auxquels une autre femme est confrontée. Shumaila a un bon cœur. »
Mukhtar a mis quelques conditions au mariage : Gabol devait transférer la propriété de sa maison ancestrale à sa première femme, de lui offrir un bout de terrain et une alimentation d’environs 125 dollars par mois.
Mukhtar restera dans son village de Meerwaia et n’ira pas vivre avec son mari dans son village à lui.
« J’ai vu trop de joies et de peines à Meerwaia et je ne peux pas concevoir de quitter cet endroit. Mon mari pourra venir quand il voudra et quand cela l’arrange. »
(*) Traduit du Herald Tribune, 19 mars 2009. Article original écrit par Salman Masood.
10:11 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mukhtar_mai, pakistan, femme, oppression, émancipation, courage, mariage
19.03.2009
500 euros et 500 secondes par Lynx
Le vol de nuit pour Paris décolla à l’heure prévue. Ma Douce et moi étions installés au premier rang de la classe affaires. La compagnie nous avait gratifié d’un surclassement par manque de voyageurs disposés à payer jusqu’à six fois le prix d’un billet en classe économie. « Merci la crise… » pensai-je.
C’était la première fois que je L’emmenais dans un vol transatlantique. Jusqu’alors, nous n’avions pris l’avion ensemble que sur des lignes internes brésiliennes pour découvrir entre autres les merveilleuses chutes d’Iguaçu et la ville de Manaus perdue dans l’Enfer Vert le long du Rio Negro et proche de son confluent avec l’Amazone.
Je lisais dans Ses yeux pétillants les idées coquines qu’Elle avait l’art d’inventer pour pimenter notre vie intime. Pas besoin de mots. Elle se laisse deviner ma Bien-aimée. Elle le fait avec élégance et des petits gestes suggestifs en murmurant la musique d’une chanson aux paroles qui donnent envie « Fly me to the moon… » ou « La fille d’Iponema… » comme seul les afro-brésiliennes savent le faire.
Irrésistible.
Tout simplement.
L’hôtesse dressa nos tablettes pour servir le dîner. Ma Belle qui ne boit que rarement de l’alcool, était toute excitée et accepta volontiers une coupe de Dom Pérignon Millésime. « I want… » me souffla-t-Elle avec son sourire dévastateur. Comme tous les amoureux, nous avons nos mots, nos codes. Quand Elle me dit « I want… », je perds la tête et la montée du désir abat tous les obstacles qui s’interposent entre le mode gentleman – mon éducation - et l’amant taureau – mon signe – que je suis.
Je ne vous raconterais pas tout cela si un évènement inattendu ne s’était pas produit. L’avion de la TAG Airlines se trouvait à 40.000 pieds lorsqu’un choc violent envoya au plafond nos coupes de champagne. Nos ceintures de sécurité étaient heureusement attachées. Les lumières de secours s’allumèrent et les masques à oxygène balançaient devant nous. L’avion penchait dangereusement vers l’avant et des vibrations incessantes rendirent tout mouvement quasiment impossible.
« Que se passe-t-il ? Allons-nous mourir ? » me demanda ma Princesse en prenant ma main. Je soupçonnais le pire. J’interpellai l’hôtesse mais soudainement la voix du pilote résonna dans la cabine : «Ici le Commandant Gicerillo. Une collision avec un objet volant non identifié vient de se produire. Veuillez rester calmes et suivez les instructions de l’équipage. Amérissage d’urgence dans cinq cents secondes. »
L’avion paraissait se stabiliser dans une longue descente plus ou moins contrôlée.
La bouche sensuelle de ma Belle prit la relève de ses yeux: « Je veux faire l’amour. Maintenant. Tout de suite. »
Nous détachions nos ceintures. L’hôtesse nous somma de rester assis. Je n’en avais rien à cirer : « Mademoiselle, puisque nos chances de survie sont des plus réduites, laissez-nous faire. » Je pris mon portefeuille et sortit mes derniers billets : « Voilà cinq cents Euros. Prenez-les. » Elle était tellement interloquée par ma réaction soudaine qu’elle nous laissa passer pour gagner les toilettes en classe première.
Ma douce Compagne et moi, alors que l’avion poursuivait sa descente aux enfers, nous fîmes l’amour comme si notre vie en dépendait pour atteindre le septième ciel au moment précis où l’avion s’est désintégré au toucher de l’eau.
Si aujourd’hui, vous pouvez encore lire cette histoire dont raffolerait Freud, c’est que je suis mort dans les bras de mon Amour devenu éternel et… La plus belle des mamans. En plus j’ai cette chance d’être à Ses côtés en vous racontant cette aventure de rêve depuis un paradis. Un vrai !
***
Chers lecteurs,
La raison de ce billet se trouve ici Je ne pouvais m’imaginer d’être tagué un jour – un Lynx apprécie le secret. Mais comme une telle demande ne se refuse pas vu toute mon appréciation de Miss Gicerilla, j’ai essayé de jouer le jeu. Si dans la vraie vie mon temps serait compté, ce que je ferais ne regarde personne. D’ailleurs cela m’est déjà arrivé d’avoir été pris dans un décompte final qui s’est prolongé contre toute attente. Cela marque et cela rend la vie bien plus intense par après…
Anyway, voici les règles du jeu pour ceux et celles que j’ai invités en toute discrétion à poursuivre la chaîne :
1.Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination.
2. Relancer la chaîne en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question.
3. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants.
4. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par [votre nom]."
00:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tagué
16.03.2009
Le pire ennemi
« Le pire ennemi, le plus difficile à battre, est la haine que l’on porte en soi. »
Je me surprends moi-même à céder à la colère et à la rage dans mon billet « …Au réveil ». Mais je ne peux les renier : elles sont là.
Mes propos ne cherchent aucunement à stigmatiser les personnes d’obédience catholique. Beaucoup d’entre elles sont en désaccord avec cette excommunication évoquée dans mon billet précédent.
J’ai vu l’engagement de bon nombre de religieux pour les plus démunis de la planète. Ils se donnent et méritent toute notre soutien dans leur combat quotidien contre la misère.
Ce qui s’est passé au Brésil doit inciter l’église, toutes les églises, toutes les croyances y compris celle des non-croyants, à revoir tout le mal qu’un propos culpabilisant, avilissant et plaçant l’homme en dessous d’une loi émanant d’un dieu, peut engendrer.
Si un dieu devait exister, il ne pourrait être qu’amour et accueillir dans sa miséricorde tous ceux qui errent par ignorance ou nécessité.
Je reprends volontairement cette image anthropomorphique tout en ne prêtant rien à un dieu à qui je ne dois rien et qui ne me doit rien. Mais je crois en l’amour comme principe absolu et éternel.
Pour les croyants, je suis heureux que les phrases qualifiables d’inhumaines d’un évêque aient provoqué ses frères (http://www.la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2367610&a...).
Sur ce, je me réserve la poursuite de ma réflexion en d’autres lieux que ce blog pour comprendre ma propre colère. Je m’en veux d’avoir insulté Benoît & Cie de « bande de c… » car cela m’abaisse à mon tour au niveau de ceux qui condamnent aveuglément et sans égards pour leur prochain.
J’aurais dû les interpeller autrement : « Comment pouviez-vous… ? »
Il faut bien reconnaître qu’il est long voire interminable, le chemin pour battre son pire ennemi.
23:20 Publié dans amour, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.03.2009
... Au réveil
Ce matin après une courte nuit, je relis mon billet précédent question de corriger toutes les erreurs de grammaire commisses par le non-francophone que je suis et de surcroit fatigué par un voyage long et épuisant me ramenant de la Baltique vers Paris avec beaucoup de retard because bagages égarés...
Ensuite, je parcours mes quotidiens favoris. Le Herald Tribune arrive invariablement en tête suivi par "Le Monde".
Voilà que je découvre une situation scandaleuse - une de plus - dans un pays que je connais bien, le Brésil.
Je ne trouve pas les mots. Je suis consterné.
Des médecins brésiliens excommuniés par le cardinal de Recife et le Vatican.
Ils ont pratiqué un avortement.
L'avortement est interdit au Brésil.
La fille était enceinte de jumeaux.
Le père des jumeaux, c'est son père à elle.
Il a abusé d'elle depuis des années.
Elle a neuf ans.
Sa mère est également excommuniée.
Elle a conduit sa fille à un hôpital plus ou moins décent et payé l'avortement avec ce qui lui restait commes modestes économies.
Elle voulait épargner à sa fille un avortement clandestin pratiqué dans la favella question d'éviter à la fois la honte et la probabilité qui frôle la certitude d'une septisémie.
Ne voulant plus prier, j'ai pleuré.
D'abord pour cette fille.
Et puis la mère et ces médecins excommuniés.
J'imagine leur désarroi et le drame qu'ils traverseront pour le restant de leurs vies.
Je relis mon billet de hier soir où je donnais raison à Benoît XVI s'il m'excommuniait vu mes convictions en opposition avec ma religion. Tant pis pour mes erreurs de grammaire.
Il ne devra pas à procéder de la sorte: je lui écrirai pour lui demander de m'excommunier ne voulant plus faire partie de sa bande.
Je préfère continuer d'oeuvrer pour éviter à des innocents l'enfer sur cette terre.
Cela m'est égal, je ne suis pas brésilien, si cela conduirait mon âme en enfer.
Si cela devait m'arriver, au moins j'y aurais la possibilité d'entendre les explications de Benoît XVI et son cardinal sur le communiqué qu'ils ont diffusé suite à ces excommunications que voici:
"C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient des personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées. L'Eglise a toujours défendu la vie et doit continuer à le faire sans s'adapter aux humeurs de l'époque ou à l'opportunité politique."
J'appelle ça un "sophisme".
Je suis scandalisé.
C'est criminel.
Non seulement je pleure,
je suis en rage.
Bande de cons! Je vous maudis!!!!
00:07 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : avortement, excommunication, scandal, viol, inceste
11.03.2009
Avant de se coucher...
« Je suis un produit tout ce qu’il y a de plus typique d’une éducation judéo-chrétienne : c’est dans mes roots, dans mes gènes, dans ma culture, dans mes convictions et dans ma façon de vivre. Le renier reviendrait à me refuser d’accepter ce que je suis.
Dieu merci – n’y voyez qu’une expression sans conviction particulière envers un dieu quelconque, je ne suis pas juste qu’un produit. Mes voyages et mes expériences, ceux que j’ai rencontrés, ceux que j’aime et tout ce qui fait du quotidien une richesse inépuisable, m’ont appris à réfléchir autrement et à douter de ce concept qu’est dieu.
Le doute, paraît-il, est le début de la sagesse. Dans mon cas s’y ajoute la volonté de la pensée radicale jusqu’au bout. Là, je pense que Benoît XVI que, contrairement à Jean-Paul II, je n’ai jamais rencontré en face à face, m’excommunierait d’office. De son point de vue, il aurait totalement raison.
Car je suis de plus en plus convaincu que la pire des choses, la source de tous les maux, ce sont les religions inventées et déclamées par l’homme à l’image d’un dieu. C’est pire que l’opium car ce dernier, on peut l’isoler et s’en distancer. Marx avait donc tort lui aussi.
Les croyances et religions ont été façonnées par l’homme à travers l’histoire pour en faire un instrument de pouvoir, de contrôle social, d’argument fatal au service d’intérêts particuliers parfois érigés en politique d’état – l’Iran en est un exemple mais aussi sans pour autant l’afficher d’une façon aussi affirmative, les Etats-Unis.
Est-ce reconnaître que je serais athée ou non-croyant ? Du tout ! Je crois profondément qu’un principe suprême existe et qu’à des moments, certaines religions ou philosophies l’ont presque saisi dans son essence. Cette conviction ou croyance ne résulte pas de preuves scientifiques ni de faits établis. Je pense à Spinoza qui a été fort proche de la « captation » intelligible du principe absolu. Mais également à Einstein qui, même si ses théories ont été affaiblies par des découvertes récentes, a démontré que ce qui se déplace à la vitesse de la lumière, devient éternel. Autrement dit « absolu ».
Et c’est là que nous, pauvre insignifiante espèce humaine, nous avons ce pouvoir d’être conscients et de « capter » cet absolu. Les anciens prophètes disaient « Il est, Il sera et Il était ». Ils ont décrits l’absolu sans pour autant le ramener à l’espace réduit de notre passage sur terre. Platon parle de notre corps comme prison de notre âme. Au fond, il disait la même chose que les prophètes, Hegel, Spinoza ou Einstein.
L’anthropologie, la philosophie de l’homme, essaie de décrire les questions essentielles de la vie. Elle se laisse parfois piéger par les questions du « pourquoi vivons-nous ? » ou « qu’est-ce que le bien et le mal ? », question qui la rapproche souvent de l’éthique.
Pour ma part, nous devons abandonner l’idée que notre vie humaine nous rend particulier et semblable à l’image d’un dieu en fonction duquel nous devrions organiser notre vie individuelle ou toute la société. Que le paradis ou l’enfer seraient la résultante de ce qu’aura été notre vie, c’est de la couille ces concepts là. C’est ceux là qui font que des peuples s’opposent en se clamant chacun détenteurs du seul vrai dieu ou de la seule religion valable et qui de ce fait, se sont autoproclamés en détenteurs du droit d’éliminer tous ceux qui ne la partageraient pas ou qui auraient d’autres croyances. C’est irrationnel et contraire aux notions d’un principe suprême qui ne peut être amour. Tout concept destructeur de l’amour de ce qui est – y compris donc ce qui existe ou qui fait vivre les hommes ou la société - ne peut être dicté par un principe éternel. Nul ne peut puiser dans ce dernier le moindre droit de refuser à qui que ce soit la plénitude de son être et de son humanité.
Alors me direz-vous, il n’y a-t-il aucun lien entre « l’éternel » et nous-mêmes ?
L’autre jour, j’assistais à un enterrement fort douloureux. Le rite, l’homélie, les propos apaisants, les chants grégoriens, l’ambiance du lieu, tout respirait dieu et c’était bien. Une sérénité qui réconciliait les gens présents avec la temporalité de leur existence faite de joies et sutout de peine vu l'enterrement.
Les propos du style « là ou tu es maintenant » ou « nous nous reverrons » ou « le Christ vous accueillera le jour de la résurrection », cela sonne bien et cela permet à nouveau d’espérer que tout n’est pas fini. J’y trouvais moi-même quelque consolation immédiate. Mais au fond de moi-même, je faisais un clin d’œil à la statue du crucifié qui pendait au-dessus de nos têtes. Il sait plus que quiconque, que toute la cérémonie n’est que la résultante de l’imaginaire et des traditions inventées par l’homme qui cherche dans sa grande naïveté à se consoler de son existence qui n’a du sens que parce qu’elle a un début et une fin.
L’essence même du « principe éternel » que l’on ne peut nommer et qui n’a pas un visage d’homme, est qu’il dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. L'éternel n'a aucun sens. S'il l'avait, ce serait une contradiction.
Pourtant le moment arrivera pour chacun d’entre nous, que nous accéderons à un état où ne serons plus qu’un avec l’absolu.
Le problème, d’un point de vue de notre conscience et intelligence humaine, c’est que nous ne serons plus un individu conscient de nous-mêmes et qu’entre notre vie biologique et ce que nous avons été auparavant ou par après, il n’y a aucune relation de cause à effet au sens spirituel. Ce sera juste un fait, fruit de la baise programmée par notre ADN.
Est-ce important ? Oui, absolument parce qu’accepter cela, c’est réellement commencer à aimer la vie, l’autre, les autres, soi-même. Il faut donc nécessairement abandonner toute idée d’un dieu puissant qui interfère dans notre existence et qui dicterait des lois contraires à l’amour de l’être humain dans toute sa fragilité. Conférer à un dieu des intentions et des comportements anthropocentristes ou anthropomorphes, tôt ou tard, cela mènera à la destruction de notre être.
Voyez notre histoire et les conflits actuels et la conclusion s’impose comme quoi une religion qui se clame seule représentante du vrai dieu unique porte en elle les germes de la cruauté et de la destruction de la vie.
Sur ce, bonne nuit. »
Et je vous promets que mon prochaine billet parlera vraiment de sex, drugs et rock & roll. ("Ouf !" dirons certains...)
01:04 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sex, drugs, rock & roll, einstein, absolu, dieu, éternel, dogme, religion
10.03.2009
Les quatre saisons
Le plaisir d’écrire ressemble un peu aux saisons qui se suivent : parfois on est inspiré par le printemps, de la vie qui renaît ; parfois c’est le vécu à chaud torride comme l’été ; puis il y a les pensées vouées à la chute des feuilles et ensuite l’hiver et ses songes solitaires.
Ce blog est temporairement en hibernation… Par manque de sommeil de celui qui de temps à autres s’y livre et un léger trop plein de choses à faire.
Pourtant je ne pense pas avoir écrit autant que ce dernier temps. Mais les propos sont d’une autre nature et non susceptibles d’être publiés dans un blog. Des rapports, recommandations et décisions certainement et...Un livre en gestation... J'attends le printemps.
A bientôt.
Lynx
22:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
Quand l'image interpelle...
Il est de ces images qui parlent d'elles-même.
Unicef Photo of the Year 2008 La petite fille dans un bidonville de Haïti (copyright Alice Smeets)
Je vous invite à découvrir le site internet de la jeune photographe belge, Alice Smeets. Merci de l'encourager dans la poursuite de ses témoignages par l'image et de son engagement pour les plus démunis.
19:56 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : alice_smeets, unicef, picture of the year, haïti




