26.08.2009
Prévisions à court terme
Je suis un optimiste par nature. Même en étant conscient du fait qu'invariablement, la mort pointera. Que je croirai ou pas dans une existence post mortem, ne change rien à une fin biologique programmée de mon individualité actuelle.
Qu'un RIP sera gravé sur ma pierre tombale ne me préoccupe aucunement. Je m'en fais plus de l'avenir de mes enfants, mes proches et de tout ce qui nous entoure.
Je pense que nous ne nous attardons pas assez sur le type de réflexion qui consiste à prévoir ce que l'avenir nous réserve. Les médias et les politiciens sont trop submergés - et nous aussi par conséquent - par l'immédiat.
Certes, le risque de se tromper quant au résultat prévisionnel, est bien réel. N'empêche, le plus grand risque consiste à ne rien prévoir du tout.
Alors, devant ma boule de cristal - ce n'est qu'une image bien sûr - qui me permet de prévoir les évènements à court terme, c'est à dire d'ici deux ans, voilà ce que je vois:
1) L'occident perdra la guerre en Afghanistan. Le pays sombrera à nouveau dans l'obscurantisme.
2) Une crise majeure entre la Russie et l'Ukraine provoquera une totale déstabilisation de l'approvisionnement d'énergie en Europe.
3) Israël effectuera un raid en vue de la destruction des sites nucléaires iraniens.
4) Les points 2) & 3) accentueront la déstabilisation de l'approvisionnement en énergie à l'échelle mondiale.
5) Des nuages s'accumulent sur le marché de l'emploi. Doublement du taux de chômage prévisible.
6) Chavez sera renversé par son armée.
7) Bonus record pour les traders de Wall Street et de Londres.
8) L'Union Européenne en panne.
9) Mon blog sera mort.
10) Fiançailles de mon ainé.
11) Je vivrai en Amérique Latine.
12) Ma mère aura un infarctus.
13) Saown passera son PhD.
14) Je gagnerai un procès majeur.
15) Emeutes en Chine avec des milliers de victimes.
16) Famine en Afrique.
17) Discussion en tête-à-tête avec Tony Blair.
En relisant tout cela, je me demande si je n'ai pas intérêt à jeter ma boule de cristal. Elle est déprimante.
Courage à tous. Nous vivons dans le meilleur des mondes à défaut d'autre monde.
Lynx.
20:36 Publié dans Divagations, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, crise, politique, bêtise, optimiste, pessimiste
19.08.2009
Cascais, mon Amour
_Ils ont peint les murs en blanc ! C’est beaucoup plus joli ! » s’écria Saown en pénétrant dans l’enceinte de la Citadelle de Cascais, quelques kilomètres à l’ouest de Lisbonne. Elle me sourit. « Je suis heureuse d’être ici avec toi. ».
Je l’écoutais pendant que nous parcourions ce qu’elle appelait « ma maison ». Parfois elle éprouvait du mal à parler, prise qu’elle était par l’émotion en revoyant ce lieu d’une enfance déracinée. Malgré son sourire, je vis une larme apparaître au coin de ses yeux. « Disculpa » me dit-elle. « Ne t’en fais pas ma Belle. » Je la serrai contre moi.
Elle se souvenait. Dix ans auparavant, elle est arrivée dans ce fort austère comme réfugiée. Elle n’avait rien. Pas de papiers, pas de parents, pas de valise, seule avec sa cousine. Elles avaient été placées à bord d’un bateau de pêche pour échapper aux tueries aveugles perpétrées par des rebelles dans la ville de Bissau. Plus d’un mois en mer, refoulées partout pour enfin arriver au Portugal.
_Tu sais, je n’avais que treize ans. Les Portugais nous ont accueillis. Pour nous, les murs solides de cette citadelle signifiaient la vie. Dans mon pays, les gens s’entretuaient. La vie ne valait rien. Ici, nous avions un toit et de la nourriture. Je me suis fait beaucoup d’amis avec qui nous jouions dans l’enceinte du fort et à la plage de Cascais. Je pense que nous étions trop jeunes pour comprendre le drame que vivaient nos parents restés à Bissau. »
Saown me montra le dortoir des filles : une longue salle au murs en pierre dénudés dont les fenêtres étaient à trois mètres au-dessus du sol. « C’est là que se trouvait mon lit ! » Me dit-elle et elle se mit dos au mur : « A ma droite dormait ma cousine. A ma gauche mon amie Duda, tu sais, la grande noire que tu as rencontrée à Sao Paulo. C’est ici que nous sommes devenues amies. J’aime y penser. »
_Tu as dû avoir froid pendant l’hiver… »
_Non. Je ne me rappelle plus. J’entends seulement le bruit du vent et des vagues qui nous rendait silencieux. Nous rêvions de notre pays que nous ne reverrions peut-être plus. Nous priions pour nos parents dont nous n’avions pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois. Cela je ne l’oublierai pas.
Mon Africaine ne se plaint jamais. Elle a toujours un regard souriant. Je le lui dis. En réponse, elle tira la langue.
_Tu es une vraie gamine Miss Saozinha ! ».
_Tu oublies d’ajouter que je suis coquine aussi ! Essaie de me rattraper !! » Et elle se mit à courir vers les remparts surplombant la mer. Je la rejoins. Elle regarda la mer. Je la pris par les hanches.
_Pourquoi tu ne cherches plus à m’échapper ? »
_Parce que j’ai envie de toi… » D’un geste sans équivoque elle frotta ses fesses contre mon sex et retourna sa tête pour me lancer un sourire ravageur comme elle seule sait le faire.
_ Saown ! Un jour, you gonna kill me ! »
_Yes !! » Fit-elle en fermant les yeux et en croisant les bras derrière ma nuque pendant que je lui caressais le ventre.
Adorable créature. Cadeau des dieux venu de cette terre lointaine aux confins du Sahel.
Saown voulait que la visite de la citadelle se termine par un passage à la Chapelle.
_Tu ne m’en veux pas si j’allume une bougie et que je prie à la Sainte Vierge? »
_Bien sûr que non. Prends ton temps ma Chérie. »
Je la vis s’agenouiller devant la statue de la Sainte Vierge. Je m’éloignai et l’attendis dehors. Le temps était radieux. Cinq heures de l’après-midi. Un soleil toujours aussi généreux. J’étais content d’avoir découvert avec elle une partie de son passé. Je pensai à cette phrase : « Qui n’a jamais été réfugié, ne sait pas ce que vaut la vie… » D’où détenait-elle cette force et cette joie de vivre ? Les conditions de vie dans cette citadelle transformée en camps de réfugiés auraient fait peur à n’importe quel enfant. Elle, elle ne s’en faisait pas. Elle me rejoignit quelques instants plus tard : « Nemo, je voulais te dire que je suis très heureuse. »
Nous reprenions nos bicyclettes : « Maintenant, j’aimerais te montrer mon école. Ce n’est pas très loin. Suis-moi mon Amour! ». Elle se mit à chanter en Brésilien en remontant la longue côte en direction de son ancienne école. Avec ses jambes interminables, son visage divin, ses yeux noisette et son sourire ravageur, elle attira tous les regards sur son passage. « Tu es très sexy sur ton vélo, ma Belle ! » Lui lançai-je. « Just for you my Love !» Qu’elle répliqua sans se retourner.
Arrivé à l’école, Saown était très émue : « Tu sais, sans cette école, sans doute je ne serai restée qu’une noire africaine incapable de lire, sans aucune instruction. Tu n’aurais jamais rencontré cette étudiante à Sao Paulo… Je crois au destin, à notre destin. La Sainte Vierge à la Chapelle, elle m’a écoutée quand j’étais une petite fille perdue, une réfugiée sans avenir… C’est pourquoi, je tenais à revenir pour la remercier. »
_Saown, tu sais que je ne crois pas en un dieu tel que les hommes aiment le voir à travers leurs religions. Mais à t’entendre, s’il devait exister, ton nom doit être gravé dans sa main… »
Je l’embrassai doucement sur la joue. Cette journée passée avec Saown à Cascais, « Cachecaiche » comme ils disent au Portugal, restera gravée dans ma mémoire.
20:51 Publié dans amour, Souvenir, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cascais, réfugiés, souvenirs_d'enfance, guinée-bissau, saown
04.08.2009
Avec le temps...
Tellement de choses à faire, tellement de sujets à décrire mais non susceptibles d’être publiés dans un blog. Si seulement je pouvais dégager un peu de temps pour cet espace-ci…
Et puis, faut pas oublier que le français n’est pas ma langue maternelle ce qui fait qu’avant de poster, ben oui, faut que je vérifie un peu plus que d’autres ce qui sort de ma plume. C’est que je déteste les fautes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation avant même d’évaluer le contenu d’un billet.
Je me fais vieux sans doute.
Pas que cela m’affecte. J’ai toujours accepté les choses de la vie telles qu’elles se présentent.
Sans doute parce que j’en ai vu beaucoup partir. Des proches et des inconnus. Et cela ne fût pas toujours très drôle. Ayant été ambulancier volontaire, j’en ai vu des vertes et des pas mûres…
Je suis passé moi-même à quelques reprises tout près d’une dalle marquée d’une épitaphe du style « parti trop tôt » quand j’étais môme ou « toujours prêt » quand j’étais scout ou « parti au ciel » quand mon avion a raté la piste d’atterrissage ou « emporté par la maladie entouré par ceux qu’il soignait » quand une sale bestiole de la brousse a failli me bouffer moi aussi.
Pourquoi j’écris tout ça… ?
Je ne sais plus.
Ah oui ! Cela me revient. J’écrivais donc – en résumé - que je me fais vieux et que je m’enfous.
En fait, je m’en fais quand même un tout petit peu de temps à autre.
Pour me rassurer, ma compagne qui a vingt-huit ans ET trente jours ET six heures de moins que moi, me dit toujours que l’âge n’a pas d’importance. Peut-être qu’elle a raison mais je sais une chose, il avance. Impossible de faire demi-tour, impossible de la laisser me rattraper – je parle de l’âge. Du reste, elle peut me rattraper quand elle veut et où elle veut. J’adore.
Le temps m’a toujours passionné. J’ai souvent tenté de transformer les formules de la relativité en applications concrètes. Des films comme « Back-to-the-future » ou des histoires comme « The-Time-Machine » de H.G. Welles m’ont émerveillé. A douze ans, Encyclopedia Brittanica à l’appui, j’avais construit un engin qui aurait dû me permettre de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. L’expérience s’est terminée quand tous les plombs de la maison ont sauté… Cela aurait pu faire une belle épitaphe de plus. M’en suis sorti avec une fessée. Depuis lors, j’ai toujours tiré la langue en direction des posters d’Einstein. Je comprends aussi pourquoi ses cheveux pointaient dans tous les sens : ce n’est pas très bon de mettre les doigts dans une prise d’électricité…
Je m’égare. Autre signe de…
Faut que j’abrège.
J’ai hâte d’entendre ma belle au bout du fil avant que je n’oublie.
_Coucou ma Belle. Tudo bem ? »
_Siiiim. J’ai fait du shopping !! »
_Ah oui ? Tu as acheté plein de jolies choses ? »
_Ouiiii !! C’est très sexy. Tu vas adorer. J’ai acheté de la lingerie et … »
Ne sachant pas si des jeunes oreilles peuvent entendre nos propos, je n’écris pas l’intégralité de notre conversation de deux heures dans ce billet.
En tous les cas, c’était rafraîchissant et plein de bonne humeur. Certes, un zeste coquin également mais comme il n’y a pas d’âge pour vous voyez ce que je veux dire, elle m’a totalement changé les idées.
Faut pas que j’oublie de prendre mes vitamines au ginseng.
@+
21:26 Publié dans amour, Divagations, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sexy, temps, âge, vieillir, relativité, carpe diem



