10.12.2009

24h

Dormir la nuit n'a jamais été une activité dans laquelle j'excelle. Je procède plutôt par une succession de cinq à six micro-sommeils de maximum vingt minutes qui s'étalent tout au long des vingt quatre heures qui font ma journée. Pas que je n'aime pas dormir mais je préfère ne pas perdre mon temps. La nuit, je la passe en lisant ou en écoutant de la musique. Quand ma bien-aimée est près de moi, il va de soi que je pose mon livre et que la musique nous inspire tout les deux jusqu'aux petites heures. Pas qu'elle n'aime pas dormir - que du contraire, mais elle sait ce qu'elle veut quand nous sommes ensemble et j'avoue sans peine qu'en ce qui me concerne, il en va de même. Alors pourquoi céder à Morphée si d'autres muses nous entrainent vers les sommets?

Malheureusement, elle partage rarement mon espace vital et c'est donc en solitaire que pendant la plupart de mes nuits je vois défiler les heures jusqu'à l'aube. Cela ne me donne pas le spleen car dormir pour moi ne revient alors qu'à fermer les yeux et ne penser qu'à elle, la voir près de moi, imaginer son corps couleur d'ébène tout gracieux qui danse rien que pour moi. En moi. Plus aucune distance ne nous sépare et elle, à dix mille lieux d'ici, fait de même. Nos âmes s'enlacent pour ne plus être qu'un.

Je me réveille en général à six heures et je prends mon temps pour préparer la journée. Douche chaude et froide. Vingt minutes de salle de gym, si possible un petit swim, puis le petit-déjeuner et la revue de presse. A huit heures, je pars au bureau à pied. J'aime regarder la ville qui s'éveille. Même si je n'aime pas l'immeuble de l'Opéra, j'adore quand le soleil matinal fait briller ses sculptures dorés. Un rapide double exprès à la brasserie du coin assure la transition de la solitude relative à la sociabilité. Tous les potins du news sont amplement discutés avec la serveuse et les autres habitués. "A plus!" termine en général cette séance. La journée de travail peut commencer. Réunions, coups de fil, courriels, correspondances, agendas, rapports, décisions, conseils, entretiens, déjeuner, présentations, conférences, cocktails, dîner, rendez-vous, ...

Le temps passe en général si vite que j'ai parfois l'impression de n'avoir rien fait. Le soir, j'aime retrouver la quiétude. Le quartier se vide. Si je n'ai pas d'engagements, je me tape toujours les mêmes restos du coin. Ils me connaissent. Je ne dois même plus lire la carte. Ils savent que je ne mange que leger après onze heures. Retour chez moi vers minuit.

Le cycle peut recommencer. Ce ne sera pourtant pas pareil. Chaque fois c'est différent. Les pages du livre auront avancé, j'aurai à réfléchir sur ce qui s'est passé ce jour-là et je penserai au lendemain qui s'annonce intense vu l'agenda presque minutée. Tout cela entrecoupé de quelques micro-sommeils.

Et puis, bien sûr, fermer les yeux et penser à elle. Elle me sourit. "Qu'est-ce que tu me fais?" qu'on se murmure. Je suis heureux.

Bonne nuit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19.11.2009

Snapshots

Une lectrice fidèle m'a envoyé un courriel me demandant pourquoi je ne renoue pas avec les p'tites histoires qui alimentaient mes anciens blogs qui, selon elle, étaient toujours fort plaisants à lire et à commentarier.

Son message peut se lire de deux façons: soit mes anciens blogs plaisaient plus, soit l'actuel plait moins. Vous allez me dire que cela revient au même. Pourtant, malgré l'apparence, il y a de la nuance dans cette différence.

Avant, j'écrivais pour parfaire mon français et accessoirement pour faire passer le temps quand je rentrais tard le soir chez moi à l'hôtel. C'est vrai que mes anciens blogs avaient un certain succès avec quelques centaines de visiteurs par jour. J'avais conquis un petit public et le fait que ma plume d'étranger plaisait aux lecteurs et lectrices ayant une identité nationale, oui, cela me faisait plaisir. Jusqu'au jour où j'ai été contraint d'arrêter pour cause d'identification et dénonciation de mes activités privées en périphérie de mes voyages d'affaires. Du coup, l'envie et le plaisir d'écrire ont été amputés.

Aujourd'hui, lire me convient mieux qu'écrire comme activité de détente. Ce blog-ci est redevenu accessoire au point que j'oublie parfois son existence. L'absence de liens souligne qu'il se suffit à lui-même et qu'il n'a d'autres intentions que de capter de temps à autres mes réflexions diletantes du jour. Pourtant, sur le plan professionnel, je n'ai jamais été aussi prolifique en captant l'attention d'un certain public. Mais il s'agit-là de sujets et d'enjeux beaucoup plus techniques et sérieux qui feraient fuire les non-initiés. Ayant toutefois alimenté un blog, ma plume professionnelle s'est elle aussi aiguisée me permettant de mieux capter un public fait d'experts, de fonctionnaires supranationaux et de personnages politiques. Comme quoi, rien n'est jamais perdu.

Si non, pas grand'chose à vous raconter même si l'idée de publier un livre commence à se réaliser mais ce ne sera pas pour le rayon fiction.

Je suis donc devenu beaucoup plus sérieux qu'auparavant. La preuve:

Coach.JPG

Sur ce, je dois vous laisser. On m'attend pour une conférence internationale comme key-note speaker. Incognito. La preuve:

Me_lift.JPG

;-)

 

 

 

23.10.2009

And now for something completely different

Je pensais à ce navet "Je vais craquer" en finissant ma journée. Ce soir, juste avant de rentrer à l'hôtel, je vois cette SDF au cheveux gris couchée sous du papier journal avec une pancarte "Je pourrais être votre grand-mère". Gloups.

Ayant terminé au resto l'analyse de Krugman sur l'origine de la crise et celles qui vont suivre, je termine en pyjama dans mon lit cinq étoiles en lisant un article éditorial du International Herald Tribune intitulé "Imperialisme, Goldman Sachs style". Si je prends la plume, non, plutôt le clavier, c'est que cet article m'inspire. Il y est décrit l'analogie entre les 'ismes' de type totalitaire tels que Hannah Arendt, politologue allemande survivante du nazisme, les avaient décrits. De nos jours, il y aurait donc le "Goldmansachsisme", système de conquête du monde parfaitement protégé par le pouvoir politique. 

La thèse pourrait être néomarxiste. Bien que je sois moi-même pur produit de la société ultralibérale qui tient toujours le bon discours pour se justifier puisque ses activités sont amorales - l'argent n'a ni d'odeur ni de vocation en soi - je pense que l'analyse historique est correcte: le pouvoir suit toujours les intérêts particuliers qui connaissent le succès financier.

Je ne suis plus assez éveillé à cette heure-ci pour rentrer dans la discussion. Veuillez m'en excuser. Demain j'ai à négocier un nouveau contrat qui fixe mes émoluments des trois prochaines années à venir. Un montant à sept chiffres - peu importe la devise. Je n'ai rien demandé. Pourquoi ils offrent ça? Il semblerait que cela représente une valeur de marché. Non, mais?!!

Bref. Ayant déjà légué un large pan de tout ce que je possède, avoir" est un verbe qui ne m'intéresse point. Je préfère "être". Ils ne savent pas ce qu'ils vont payer. Pas encore.

En attendant, je relis mes propres constats concernant l'origine de la crise, certains se retrouvent dans ce blog et ses ancêtres, pour conclure que le monde n'a pas vraiment compris la leçon. Nos politiciens européens discutent pour savoir jusqu'à quel point les budgets pourront dépasser la limite des 3% du PNB et jusqu'à quand. Ils ne s'intéressent plus aux vraies causes de la crise et déclarent vouloir faire payer ces "sâles" (sic) banquiers (NDA: incompétents) et à règlementer leur avidité cupide. En réalité il ne se passe rien de fondamental. La politique est trop bête pour dépasser son discours yaka.

Avant de fermer ma petite lampe de lecture, je replonge dans la biographie de Winston Spencer-Churchill. Cela fait trois semaines que je la lis. Pour la troisième fois. Par ces temps de crise, je préfère économiser et donc j'approfondis la lecture au lieu de lire de trop. Quelque chose m'empêche de lire jusqu'au point de m'endormir. Ce n'est pas Churchill, bien que je sois fan, qui mobilise mes neurones.

Je regarde autour de moi. Il fait vide dans ce cinq étoiles. J'enfile un pardessus et je sors de l'hôtel pour fumer un cigarillo. Un mini-Cohiba. Il ne me goûte pas. Personne dans la rue en apparence. Je m'assieds à côté de la SDF. Elle me regarde. Je l'interpelle: "Vous avez raison Madame: vous auriez pu être ma grand-mère. Je crois d'ailleurs qu'on se ressemble bien plus que vous ne le croyez."

Nous avons parlé. Cela faisait chaud au coeur. Je lui ai présenté une petite bouteille de whisky du mini-bar. Du Chivas. Elle a apprécié une gorgée en précisant qu'elle préfère le Glen Fiddish. Après une heure de discussion, elle m'a fait comprendre qu'il était temps d'aller dormir. "Tu ne veux pas dormir dans une chambre?". Elle n'a pas voulu. "Bonne nuit Mamie".

De retour à l'hôtel, je me pose plein de questions. La nuit sera courte.

24.09.2009

A day in life

Déjà je vois son sourire quand elle m’appelle.

Elle me fait du bien.

Moment d’oubli.

Envolés les soucis le temps de

l’entendre raconter sa journée

sous un ciel morose à dix mille lieux d’ici.

Elle me réchauffe.

Je la vois devant moi.

Elle demande si les enfants vont bien.

Elle s’en fait pour ma santé.

Je la rassure.

Le virus ne tue pas le désir.

Elle sourit.

Ses mots me caressent.

Je la sens toute proche.

Aucune envie de raccrocher.

Parle ma Belle.

Tu es mon souffle de vie.

 

Je traverse la rue en direction de l’hôtel. Les voituriers me saluent. Envie de balancer ce porte- documents aux pièces si importantes frappées de la Marianne et autres apostilles d’ambassades de pays à la con. Avant-soirée consacrée à la lecture des projets de budget.  Dîner formel à vingt heures. Costume diplomate de rigueur.

 

Retour à l’hôtel. Pas le temps pour le blog. Une douche rapide. Juste un copié-collé de mon journal intime et puis au lit.

 

Tomorrow is another day. 

26.08.2009

Prévisions à court terme

Je suis un optimiste par nature. Même en étant conscient du fait qu'invariablement, la mort pointera. Que je croirai ou pas dans une existence post mortem, ne change rien à une fin biologique programmée de mon individualité actuelle.

Qu'un RIP sera gravé sur ma pierre tombale ne me préoccupe aucunement. Je m'en fais plus de l'avenir de mes enfants, mes proches et de tout ce qui nous entoure.

Je pense que nous ne nous attardons pas assez sur le type de réflexion qui consiste à prévoir ce que l'avenir nous réserve. Les médias et les politiciens sont trop submergés - et nous aussi par conséquent - par l'immédiat.

Certes, le risque de se tromper quant au résultat prévisionnel, est bien réel. N'empêche, le plus grand risque consiste à ne rien prévoir du tout.

Alors, devant ma boule de cristal - ce n'est qu'une image bien sûr - qui me permet de prévoir les évènements à court terme, c'est à dire d'ici deux ans, voilà ce que je vois:

1) L'occident perdra la guerre en Afghanistan. Le pays sombrera à nouveau dans l'obscurantisme.

2) Une crise majeure entre la Russie et l'Ukraine provoquera une totale déstabilisation de l'approvisionnement d'énergie en Europe.

3) Israël effectuera un raid en vue de la destruction des sites nucléaires iraniens.

4) Les points 2) & 3) accentueront la déstabilisation de l'approvisionnement en énergie à l'échelle mondiale.

5) Des nuages s'accumulent sur le marché de l'emploi. Doublement du taux de chômage prévisible.

6) Chavez sera renversé par son armée.

7) Bonus record pour les traders de Wall Street et de Londres.

8) L'Union Européenne en panne.

9) Mon blog sera mort.

10) Fiançailles de mon ainé.

11) Je vivrai en Amérique Latine.

12) Ma mère aura un infarctus.

13) Saown passera son PhD.

14) Je gagnerai un procès majeur.

15) Emeutes en Chine avec des milliers de victimes.

16)  Famine en Afrique.

17) Discussion en tête-à-tête avec Tony Blair.

En relisant tout cela, je me demande si je n'ai pas intérêt à jeter ma boule de cristal. Elle est déprimante.

Courage à tous. Nous vivons dans le meilleur des mondes à défaut d'autre monde.

Lynx.

 

04.08.2009

Avec le temps...

 

 

Tellement de choses à faire, tellement de sujets à décrire mais non susceptibles d’être publiés dans un blog. Si seulement je pouvais dégager un peu de temps pour cet espace-ci…

 

Et puis, faut pas oublier que le français n’est pas ma langue maternelle ce qui fait qu’avant de poster, ben oui, faut que je vérifie un peu plus que d’autres ce qui sort de ma plume. C’est que je déteste les fautes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation avant même d’évaluer le contenu d’un billet.

 

Je me fais vieux sans doute.

 

Pas que cela m’affecte. J’ai toujours accepté les choses de la vie telles qu’elles se présentent.

 

Sans doute parce que j’en ai vu beaucoup partir. Des proches et des inconnus.  Et cela ne fût pas toujours très drôle. Ayant été ambulancier volontaire, j’en ai vu des vertes et des pas mûres…

 

Je suis passé moi-même à quelques reprises tout près d’une dalle marquée d’une épitaphe du style « parti trop tôt » quand j’étais môme ou « toujours prêt » quand j’étais scout ou « parti au ciel » quand mon avion a raté la piste d’atterrissage ou « emporté par la maladie entouré par ceux qu’il soignait » quand une sale bestiole de la brousse a failli me bouffer moi aussi.

 

 Pourquoi j’écris tout ça… ?

 

Je ne sais plus.

 

Ah oui !  Cela me revient. J’écrivais donc – en résumé - que je me fais vieux et que je m’enfous.

 

En fait, je m’en fais quand même un tout petit peu de temps à autre.

 

Pour me rassurer, ma compagne qui a vingt-huit ans ET trente jours ET six heures de moins que moi, me dit toujours que l’âge n’a pas d’importance. Peut-être qu’elle a raison mais je sais une chose, il avance. Impossible de faire demi-tour, impossible de la laisser me rattraper – je parle de l’âge. Du reste, elle peut me rattraper quand elle veut et où elle veut. J’adore.

 

Le temps m’a toujours passionné. J’ai souvent tenté de transformer les formules de la relativité en applications concrètes. Des films comme « Back-to-the-future » ou des histoires comme « The-Time-Machine » de H.G. Welles m’ont émerveillé. A douze ans, Encyclopedia Brittanica à l’appui, j’avais construit un engin qui aurait dû me permettre de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. L’expérience s’est terminée quand tous les plombs de la maison ont sauté… Cela aurait pu faire une belle épitaphe de plus. M’en suis sorti avec une fessée. Depuis lors, j’ai toujours tiré la langue en direction des posters d’Einstein. Je comprends aussi pourquoi ses cheveux pointaient dans tous les sens : ce n’est pas très bon de mettre les doigts dans une prise d’électricité…

 

Je m’égare. Autre signe de…

 

Faut que j’abrège.

 

J’ai hâte d’entendre ma belle au bout du fil avant que je n’oublie.

 

_Coucou ma Belle. Tudo bem ? »

_Siiiim. J’ai fait du shopping !! »

_Ah oui ? Tu as acheté plein de jolies choses ? »

_Ouiiii !! C’est très sexy. Tu vas adorer. J’ai acheté de la lingerie et … »

 

Ne sachant pas si des jeunes oreilles peuvent entendre nos propos, je n’écris pas l’intégralité de notre conversation de deux heures dans ce billet.

 

En tous les cas, c’était rafraîchissant et plein de bonne humeur. Certes, un zeste coquin également mais comme il n’y a pas d’âge pour vous voyez ce que je veux dire, elle m’a totalement changé les idées.

 

Faut pas que j’oublie de prendre mes vitamines au ginseng.

 

@+

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20.05.2009

Waterloo et moi

Je viens d’acheter « Waterloo, les mensonges » ou les manipulations de l’histoire enfin révélées. L’auteur, Bernard Coppens, y démontre que Napoléon a trafiqué le véritable déroulement de la bataille rien que pour rejeter la responsabilité de la défaite sur les maréchaux Ney et Grouchy.

 

Comme je n’ai pas encore eu le temps de lire cet ouvrage, je me lance dans ce blog sur le sujet sans aucun a priori. C’est que l’histoire de la bataille de Waterloo m’a toujours intéressé et cela pour plusieurs raisons.

 

D’abord parce que tout petit, mon grand-père m’a fait escalader la bute du Lion de Waterloo, une espèce de monticule d’une cinquantaine de mètres de haut avec au sommet un lion en fer en provenance des canons pris à l’ennemi (NDA : euh, dans le temps c’étaient donc les français) et qui faisait mine de faire face à l’ennemi situé au sud si jamais ce dernier avait à nouveau envie d’étendre son territoire. L’histoire démontre qu’il aurait mieux fait de faire face à l’est… à deux reprises. Je détestais l’endroit. Il pleuvait et quel était l’intérêt pour un môme de six ans de monter 200 marches pour aller regarder un champ de bataille dans le brouillard alors que même sans brouillard, il n’y avait qu’un champ à contempler ?

 

En plus, je devais faire pipi. Comme je me suis allégé sur le socle du lion, inutile de préciser combien cette visite m’a marqué. Il n’y a pas que Napoléon qui a reçu une claque à cet endroit (NDA : je précise que c’est ma sœur qui me l’a donnée et non pas mon papie. Elle m’a avoué des années plus tard que cette visite la faisait chier elle aussi mais pas au sens propre et donc elle n'avait de petit besoin au sommet du monument).

 

waterloo.png

 

Ensuite, je suis né dans une petite ville tranquille à la frontière de l’Europe germaine et latine. C’est le seul endroit hors France où vous trouverez un buste de Napoléon Ier exposé dans la grande salle de l’hôtel de ville. C’est qu’il n’y avait qu’en France que l’on criait « Vive l’Empereur ». Dans le reste de l’Europe de l’époque, c’était plutôt « Mort à Napoléon ! » sauf donc dans mon patelin parce qu’il devait sa richesse à l’industrie sucrière que Napoléon avait décidé d’y implanter. Notez que le buste n’est pas vraiment visible. En plus, le patelin est devenu flamand. L’arrivée des Français n’y est pas toujours bien perçue (NDA : Bonne chance BNP-Paribas…) tout comme celle des sans-culottes il y a un peu plus de deux siècles.

 

Il y a bien sûr ma grand-mère maternelle, descendante du Grand Maréchal de France, le Comte Rémy Joseph Exelmans selon ses dires. Dans la vitrine du salon, elle gardait une statuette en porcelaine de mon illustre ancêtre. J’ai enquêté sur les connaissances des Français sur ce militaire hors pair mais 90% des dix personnes interrogées (NDA : Echantillon composé de mes dix copines à Paris) pensent que c’est celui qui a construit un boulevard à Paris. Une seule a deviné la bonne réponse à la question multiple choice que je leur ai posée.

 

Exelmans n'était pas à Waterloo. Il tappait avec un certain succès sur les Prussiens de Blücher (NDA: autre vainqueur que mes copines ne connaissent pas malgré le multiple choice) quelques kilomètres au sud-est de Waterloo, plus précisément à Ligny. Ce fut d'ailleurs le dernier à avoir gagné une bataille de l'ère napoléonienne quelques jours après celle de Waterloo qui fut donc, je tiens à la préciser, l'avant-dernière.

 

Ma grand-mère était une vrai fan de son arrière grand-père et c’est elle qui m’a appris que si le maréchal Grouchy l’avait écouté – pas ma grand-mère mais son arrière grand-père (NDA : la preuve, si non j’aurais écrit « écoutéE »), Napoléon n’aurait pas perdu à Waterloo ! Elle m’a raconté tout plein d’anecdotes à son sujet. Un jour, je les pondrai dans ce blog et vous comprendrez que le brave homme était plutôt volage. Malgré tout son savoir, ma grand-mère n’a jamais su que son illustre arrière grand-père n’a jamais officiellement déclaré la naissance d’un de ses nombreux fistons à Bruxelles, village belge où il était en exil de 1815 à 1819… C’est que la maman n’était pas la Comtesse Pauline de la Croix, épouse attitrée du grand homme mort en tombant de son cheval en 1852 la tête la première sur un bord de trotoir  à Paris à une époque où il n'y avait pas encore de couloir réservé au Bus (NDA pour mes copines belettes: ni de Vélib d'ailleurs). Si ma grand-mère avait su la vérité sur ses ancêtres, je pense qu’aujourd’hui, je n’aurais jamais hérité de la statuette en porcelaine d’Exelmans.

 

Ce que peu de Français savent, c’est que Napoléon n’a pas été battu à Waterloo. Il a été battu à Plancenoit-Lasne. C’est à cause de Wellington, le patron des alliés, que cette bataille fut appelée la « bataille de Waterloo », patelin qui se trouve en réalité à plusieurs kilomètres au nord de la zone des combats. Mais imaginez un anglais écrire à sa majesté qu’il a gagné à « Plancenoit-Lasne ».

 

Totalement et absolument I M P R O N O N Ç A B L E en english. Comme le gars a passé sa dernière nuit dans son QG situé dans le village de Waterloo, ben, c’était bien plus commode d’appeler la bataille ainsi surtout que « Waterloo » sonne un peu anglais. Même si je me fais la réflexion qu’un « loo », cela fait « toilettes» en anglais. Surtout que c’est précédé par water. Comme quoi les grands hommes de l’empire britannique avaient un faible pour le petit endroit. D’où le nom « Waterloo Station », une vespasienne version londonienne autour de laquelle ils ont construit une célèbre gare.

 

Autre exemple repris dans les annales – sans jeu de mots - de l’histoire des rosbifs : des années plus tard, un autre WC allait se battre avec l’ennemi (NDA: l'allié de l'époque). WC, c’était Winston Churchill.

 

J’ouvre une parenthèse : la Belgique a été fondée quinze ans après et suite à la bataille de Waterloo. Qui aurait pu prévoir que ce petit pays allait s’entredéchirer avec sa petite gueguerre linguistique malgré ce nom de Waterloo d’un bilinguisme exemplaire (NDA  pour ceux qui n’ont rien compris : Water en flamand = l'eau en français) ?

 

Vous aurez compris que Waterloo a toujours fait partie de mon existence. Le lieu est mythique. Le champ de bataille a appartenu pendant des décennies à la famille du vainqueur Wellington – qui était irlandais et non pas british. C’est la vraie raison pour laquelle c’est resté une morne plaine. Aucune nouvelle construction depuis 1815 à l’exception d’un couvent en 1927. Et deux golfs dix-huit trous à proximité (NDA : autre raison pour laquelle je suis parfois dans le coin pour frapper quelques coups).

 

La dérision et les anecdotes ne m’empêchent pas de rester baba devant cet évènement de l’histoire. Aucune bataille n’a eu un impact aussi décisif sur le sors de l’Europe. Plus de quarante mille morts et blessés sur un bout de terrain d’à peine quelques kilomètres carrés. Ajoutez à cela vingt mille chevaux abattus… Imaginez le charnier et la désolation après la bataille (NDA: mes copines parisiennes ne savent pas non plus quel écrivain a dit que c'était une morne plaine. Ce n'était pourtant pas un Irlandais que je sache!)

 

Sur ce, je vous laisse et je plonge dans mon lit et dans le bouquin que je viens de m’offrir,  « Waterloo, les mensonges ». Du coup je me fais la réflexion que Napoléon était sans doute un ancêtre de pas mal de politiciens français… ;-)

 

 

 

(à suivre) 

 

 

 

14.05.2009

Secret agent

Je suis heureux de me retrouver avec mes deux fils autour d'une table. Ils m'amusent avec leurs discussions. Voilà qu'Antoine soudainement m'interpelle.

_Dis Dad, tu serais pas un agent secret des fois?"

_...? Explique."

_C'est que tu es tout le temps parti dans des pays un peu bizarres et qu'au fond, nous ne savons jamais vraiment ce que tu fais là-bas."

_Tu me fais rire Antoine."

_Non mais, c'est vrai quoi. Tu as un permis de port d'armes. Tu es ceinture noire en karaté. Tu as été commando. Tu as quatre passeports différents. Tu as trois téléphones portables. Tu es toujours au courant de tout. Tu voyages tout le temps vers je-ne-sais-où. Tu vois parfois des chefs d'états... Avoue que cela donne à penser que tu n'es pas juste un manager de <supprimé>."

_Antoine, je sais que tu adores me faire marcher. Ton papa est tout ce qu'il y a de plus tranquille."

Voilà que Charles embraye: "Antoine a raison. A mon avis, tu es un agent secret. Pour quel pays je ne sais pas. Mais connaissant tes affinités avec M6, je crois savoir!"

J'adore quand ils partent dans leur 'trip' et que la conversation passe à la vitesse "and now for something completely different". C'est que l'humour absurde, on est tous fan.

Je leur sers un de leurs repas préféres que j'ai ramené des Philippines. Nous passons un bon moment ensemble.

RizManille.jpg

 

Entretemps, je me demande comment ils savent...

 

12.05.2009

J'ai dû rêver...

Le PDG de la banque F**** rentre chez lui après une AG des actionnaires tumultueuse.

 

PDGVIRE.JPG

Photo prise en fin de journée (Lynx, ©)

11.05.2009

Prise au hasard

Parislunettes.jpg

Sans paroles

(Photo prise la semaine dernière, Affiche Galeries Lafayette en face de l'Opéra)(c) Lynx

 

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