04.12.2009

Fast Walk

Après le fast food et le fast love, il y a le fast walk: une manière de découvrir une ville en une promenade de moins de 45 minutes, de prendre quelques clichés à la japonaise, faire un petit commentaire question de donner l'air de se cultiver et puis retour à l'hôtel pour bosser. Ben oui, c'est pour cela que je suis à Mexico City.

Je vous invite à me suivre.

Il y a cette façade d'un supermarché qui tente d'immiter celle des Galeries Lafayette. C'est pas aussi féerique mais c'est plus sympathique à l'approche de Noël. En plus il y a un soleil agréable. Il fait 26°. C'est vrai qu'il n'y a pas de neige mais bon, il y a quelques marchands de glace pour compenser.

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A côté, la belle cathédrale. En vrai, les travaux de restauration gâchent la vue ainsi que le trafic infernal. Mais comme cela ne se voit pas sur la photo, j'ai décidé de la publier.

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Ils sont plus tolérants que chez nous ces chicos. Le port d'une burkha qui ne cache pas le visage, est toléré. Peut-être une exemption à prévoir dans le projet de loi interdisant son port.

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 Je - et si vous parvenez toujours à me suivre - nous tombons sur une crèche de Noël qui confirme qu'ils sont vraiment tolérants. Joseph est décidemment gay.

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Partout au monde, l'amour c'est beau. Il rend aveugle aussi mais ça, ils s'en foutent et tant mieux pour eux
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La seule belle femme que nous aurons vue, était sculpturale. Je pensais qu'elle s'appelait "Jouissance" mais en mettant mes lunettes, je vois qu'elle s'appelle "Douleurs". J'aurais dû le savoir car ici, elles s'appellent tout le temps "Dolores" (NDA: parfois précédé de Maria).

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Les historiens ont toujours cru que les Aztèques sont mort de la grippe espagnole. Plus récemment, certains affirment que c'était à cause de la grippe mexicaine. Ils ont tout faux. Je vous dis que c'est la constipation qui les a fait disparaître. Suffit de bien observer pour comprendre.

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Cirage de chaussures: 100 Pesos. Finition en bouche: + 100 Pesos. Avouez que ce n'est pas cher.

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J'aime bien cette oeuvre d'art moderne. En vrai, on dirait un cortège de fantômes. En photo, ça ne donne presque rien. Pas le temps de trouver un bon angle. C'est un fast walk après tout. 
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Nous croisons la n-ième manif de la journée. Selon la police, pas plus de 100 manifestants sans compter la police car police comprise, ils sont trois cents d'après moi. Un pays de rêve selon Sarkozy.
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Voilà. Retour à l'hôtel "Sheraton Centro Historico". Pas la peine de le prendre en photo puisque demain il change de propriétaire pour devenir un "Hilton". Rien à voir avec Paris. D'ailleurs Paris Sheraton n'existe pas. Il y a pas photo.
Sur ce, vu le décallage horaire, je vous souhaite une bonne poursuite de vos rêves alors que moi, je retourne bosser. Z'en avez de la chance.
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15.10.2009

Les Petits Pas

lune-200_jpg.jpgLa manoeuvre était compliquée : d’abord contourner la lune, ensuite revenir sur le devant après quoi il fallait retourner en arrière et puis se poser tranquillement sur la surface lunaire.

 

A ce moment-là, nous devions crier « L’HOMME MARCHE SUR LA LUNE !! »

 

Mon co-équipier et moi, nous nous étions parfaitement entraînés à effectuer les mouvements sans la moindre hésitation. Mais là, ce n’était plus de la simple répétition, c’était pour de vrai. Tous les yeux de notre petit monde nous fixaient.

 

Heureusement que des semaines de préparation nous avaient habitués à bouger dans notre combinaison d’astronaute qui nous faisait ressembler au bonhomme de Michelin.

 

Notre instructrice nous avait appris à parler à voix forte dans ce bocal embué qu’était notre casque. Peut-être que cela fait sourire mais pour nous l’effort paraissait surhumain.

 

Je me rappelle que pendant des soirées entières mes parents et ma petite soeur écoutaient avec patience mon récit de l’épopée en préparation. Ils étaient fiers que leur fils, jusqu’alors un tantinet timide, avait été choisi pour cette mission lunaire que l’on ne confie qu’à ceux qui ont l’étoffe d’un héros. C’est en tous les cas ce que j’ai appris quelques années plus tard. Au moment même, je ne pensais qu’à bien faire ce que toute la classe attendait de moi.

 

Le moment fatidique, je ne l’oublierai jamais.

 

Voilà que nous étions projetés sur les devants de la scène. J’avançais avec mon co-équipier d’un pas lent et presque synchronisé tenant par les mains notre engin spatial en forme de fusée.

 

Le public était débout et applaudissait dès que nous apparaissions. Je voyais mes parents et ma sœur qui me souriaient.

 

Alors que retentissait un impressionnant « Also sprach Zarathoustra », les deux would-be héros du moment entamaient la manœuvre finale : ils contournaient un gros ballon jaune qui faisait office de lune. J’étais très concentré à ne pas rater le virage… Zarathoustra devint muet et le silence se fit.

 

Soudainement, un gros tremblement s’empara de notre fusée. Je sentais derrière moi mon co-équipier qui flanchait... Je me retournai et lui soufflai de tenir bon. Je voyais que cela n’allait pas : « Je…Je n’en peux plus !! » et alors que le souffleur chuchota « L’homme marche sur la lune », il lâcha la fusée, enleva son bocal d’astronaute et lança un énorme cris de désespoir à travers toute la salle: « JE DOIS FAIRE PIPIIIIII !!! ».

 

Le public éclata de rire et mon co-équipier ne contenait plus ses pleurs ni sa vessie…

 

Ainsi donc se termina notre odyssée à bord de notre fusée en carton. Partis en héros pour alunir dans la Mer du Silence et voilà que nous terminions, la combinaison n’étant pas étanche, en zéro dans une flaque de pipi…

 

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais cinq ans et déjà une  première expérience des lois de Murphy. Et tout ça pendant une petite pièce de théâtre montée à l’occasion des fêtes de la maternelle.

 

Depuis lors je sais que les enfants, ils ont leur espace, leur imagination et leur sensibilité. Ce qui pour nous adultes paraît anodin, pour eux et leur monde fait de petits pas, tout est important. J’ai eu cette chance d’avoir eu des parents attentifs. Malgré le raté du voyage vers la Lune, ils ont continué à m’encourager tout au long du chemin de la vie tout en gardant les pieds sur terre.

 

De tout cœur, je leur dis: « Merci !! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20.05.2009

Waterloo et moi

Je viens d’acheter « Waterloo, les mensonges » ou les manipulations de l’histoire enfin révélées. L’auteur, Bernard Coppens, y démontre que Napoléon a trafiqué le véritable déroulement de la bataille rien que pour rejeter la responsabilité de la défaite sur les maréchaux Ney et Grouchy.

 

Comme je n’ai pas encore eu le temps de lire cet ouvrage, je me lance dans ce blog sur le sujet sans aucun a priori. C’est que l’histoire de la bataille de Waterloo m’a toujours intéressé et cela pour plusieurs raisons.

 

D’abord parce que tout petit, mon grand-père m’a fait escalader la bute du Lion de Waterloo, une espèce de monticule d’une cinquantaine de mètres de haut avec au sommet un lion en fer en provenance des canons pris à l’ennemi (NDA : euh, dans le temps c’étaient donc les français) et qui faisait mine de faire face à l’ennemi situé au sud si jamais ce dernier avait à nouveau envie d’étendre son territoire. L’histoire démontre qu’il aurait mieux fait de faire face à l’est… à deux reprises. Je détestais l’endroit. Il pleuvait et quel était l’intérêt pour un môme de six ans de monter 200 marches pour aller regarder un champ de bataille dans le brouillard alors que même sans brouillard, il n’y avait qu’un champ à contempler ?

 

En plus, je devais faire pipi. Comme je me suis allégé sur le socle du lion, inutile de préciser combien cette visite m’a marqué. Il n’y a pas que Napoléon qui a reçu une claque à cet endroit (NDA : je précise que c’est ma sœur qui me l’a donnée et non pas mon papie. Elle m’a avoué des années plus tard que cette visite la faisait chier elle aussi mais pas au sens propre et donc elle n'avait de petit besoin au sommet du monument).

 

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Ensuite, je suis né dans une petite ville tranquille à la frontière de l’Europe germaine et latine. C’est le seul endroit hors France où vous trouverez un buste de Napoléon Ier exposé dans la grande salle de l’hôtel de ville. C’est qu’il n’y avait qu’en France que l’on criait « Vive l’Empereur ». Dans le reste de l’Europe de l’époque, c’était plutôt « Mort à Napoléon ! » sauf donc dans mon patelin parce qu’il devait sa richesse à l’industrie sucrière que Napoléon avait décidé d’y implanter. Notez que le buste n’est pas vraiment visible. En plus, le patelin est devenu flamand. L’arrivée des Français n’y est pas toujours bien perçue (NDA : Bonne chance BNP-Paribas…) tout comme celle des sans-culottes il y a un peu plus de deux siècles.

 

Il y a bien sûr ma grand-mère maternelle, descendante du Grand Maréchal de France, le Comte Rémy Joseph Exelmans selon ses dires. Dans la vitrine du salon, elle gardait une statuette en porcelaine de mon illustre ancêtre. J’ai enquêté sur les connaissances des Français sur ce militaire hors pair mais 90% des dix personnes interrogées (NDA : Echantillon composé de mes dix copines à Paris) pensent que c’est celui qui a construit un boulevard à Paris. Une seule a deviné la bonne réponse à la question multiple choice que je leur ai posée.

 

Exelmans n'était pas à Waterloo. Il tappait avec un certain succès sur les Prussiens de Blücher (NDA: autre vainqueur que mes copines ne connaissent pas malgré le multiple choice) quelques kilomètres au sud-est de Waterloo, plus précisément à Ligny. Ce fut d'ailleurs le dernier à avoir gagné une bataille de l'ère napoléonienne quelques jours après celle de Waterloo qui fut donc, je tiens à la préciser, l'avant-dernière.

 

Ma grand-mère était une vrai fan de son arrière grand-père et c’est elle qui m’a appris que si le maréchal Grouchy l’avait écouté – pas ma grand-mère mais son arrière grand-père (NDA : la preuve, si non j’aurais écrit « écoutéE »), Napoléon n’aurait pas perdu à Waterloo ! Elle m’a raconté tout plein d’anecdotes à son sujet. Un jour, je les pondrai dans ce blog et vous comprendrez que le brave homme était plutôt volage. Malgré tout son savoir, ma grand-mère n’a jamais su que son illustre arrière grand-père n’a jamais officiellement déclaré la naissance d’un de ses nombreux fistons à Bruxelles, village belge où il était en exil de 1815 à 1819… C’est que la maman n’était pas la Comtesse Pauline de la Croix, épouse attitrée du grand homme mort en tombant de son cheval en 1852 la tête la première sur un bord de trotoir  à Paris à une époque où il n'y avait pas encore de couloir réservé au Bus (NDA pour mes copines belettes: ni de Vélib d'ailleurs). Si ma grand-mère avait su la vérité sur ses ancêtres, je pense qu’aujourd’hui, je n’aurais jamais hérité de la statuette en porcelaine d’Exelmans.

 

Ce que peu de Français savent, c’est que Napoléon n’a pas été battu à Waterloo. Il a été battu à Plancenoit-Lasne. C’est à cause de Wellington, le patron des alliés, que cette bataille fut appelée la « bataille de Waterloo », patelin qui se trouve en réalité à plusieurs kilomètres au nord de la zone des combats. Mais imaginez un anglais écrire à sa majesté qu’il a gagné à « Plancenoit-Lasne ».

 

Totalement et absolument I M P R O N O N Ç A B L E en english. Comme le gars a passé sa dernière nuit dans son QG situé dans le village de Waterloo, ben, c’était bien plus commode d’appeler la bataille ainsi surtout que « Waterloo » sonne un peu anglais. Même si je me fais la réflexion qu’un « loo », cela fait « toilettes» en anglais. Surtout que c’est précédé par water. Comme quoi les grands hommes de l’empire britannique avaient un faible pour le petit endroit. D’où le nom « Waterloo Station », une vespasienne version londonienne autour de laquelle ils ont construit une célèbre gare.

 

Autre exemple repris dans les annales – sans jeu de mots - de l’histoire des rosbifs : des années plus tard, un autre WC allait se battre avec l’ennemi (NDA: l'allié de l'époque). WC, c’était Winston Churchill.

 

J’ouvre une parenthèse : la Belgique a été fondée quinze ans après et suite à la bataille de Waterloo. Qui aurait pu prévoir que ce petit pays allait s’entredéchirer avec sa petite gueguerre linguistique malgré ce nom de Waterloo d’un bilinguisme exemplaire (NDA  pour ceux qui n’ont rien compris : Water en flamand = l'eau en français) ?

 

Vous aurez compris que Waterloo a toujours fait partie de mon existence. Le lieu est mythique. Le champ de bataille a appartenu pendant des décennies à la famille du vainqueur Wellington – qui était irlandais et non pas british. C’est la vraie raison pour laquelle c’est resté une morne plaine. Aucune nouvelle construction depuis 1815 à l’exception d’un couvent en 1927. Et deux golfs dix-huit trous à proximité (NDA : autre raison pour laquelle je suis parfois dans le coin pour frapper quelques coups).

 

La dérision et les anecdotes ne m’empêchent pas de rester baba devant cet évènement de l’histoire. Aucune bataille n’a eu un impact aussi décisif sur le sors de l’Europe. Plus de quarante mille morts et blessés sur un bout de terrain d’à peine quelques kilomètres carrés. Ajoutez à cela vingt mille chevaux abattus… Imaginez le charnier et la désolation après la bataille (NDA: mes copines parisiennes ne savent pas non plus quel écrivain a dit que c'était une morne plaine. Ce n'était pourtant pas un Irlandais que je sache!)

 

Sur ce, je vous laisse et je plonge dans mon lit et dans le bouquin que je viens de m’offrir,  « Waterloo, les mensonges ». Du coup je me fais la réflexion que Napoléon était sans doute un ancêtre de pas mal de politiciens français… ;-)

 

 

 

(à suivre) 

 

 

 

25.03.2009

Star... (Par hasard)

L’année 2008 avait mal débuté : une chute idiote, notez que c’est rarement intelligent, avec fracture de la main droite m’avait valu un emballage plâtré de l’épaule jusqu’aux doigts. Ensuite, il y avait ce fait bien plus grave, le décès d’un ami de longue date mort d’une leucémie galopante.

 

Comme le matin de ses obsèques, je ne parvenais pas à nouer ma cravate vu mon plâtre, j’avais mis un pull-over à col roulé noir pour me rendre à l’église Saint Roch. Ne pouvant pas conduire non plus, une limousine avec chauffeur m’attendait à la Gare du Nord où j’arrivais en Eurostar en provenance de Londres. Je manquais de sommeil et j’avais mis des lunettes sombres pour protéger mes yeux fatigués. Cheveux plats wet look comme je ne pouvais pas les peigner avec mon bras immobilisé.

 

Le chauffeur prit mes bagages : « Je vous conduis à l’hôtel, Monsieur ? ». « Non, je suis en retard. Conduisez-moi d’abord à l’église Saint-Roch, Rue du Faubourg Saint Honoré. Pendant que je serai à la messe, vous pouvez passer par l’hôtel pour y déposer mes bagages.»

 

Tout cela n’a évidemment aucun intérêt. Jusqu’alors mon pressentiment d’une journée triste et morose avait été correct. Mais ce qui allait se produire par hasard en début de soirée était loin d’être banal…

 

Je ne me prête aucunement des allures de star et je suis plutôt du genre discret. Je n’aime pas trop d’être exposé et j’ai toujours été adepte du « vivons heureux, vivons cachés ». Ce jour-là, mon « look » attirait apparemment les regards – déjà en rentrant à l’église : habillé tout en noir because enterrement ; lunettes noires because yeux fatigués ; cheveux gommés  because seul moyen de les garder en place ; Et bien sûr mon bras plâtré avec support noir.

 

Vers 19 heures, le chauffeur me conduisit à l’hôtel. Même s’il faisait déjà noir, je gardais mes lunettes sombres supportant mal la lumière des phares.

 

L’accès à la rue où se trouve l’hôtel était barré. Un policier interpella mon chauffeur : « Interdiction de passer ce soir ».

 

« Mon client doit rejoindre son hôtel plus loin dans la rue. En plus il est blessé. »

 

Le policier regarda son chef qui fit signe de nous laisser passer. Ce n’était pas la première ni la dernière limousine à passer la barrière ce soir-là. En arrivant à hauteur de l’hôtel nous suivions une série de voitures les unes plus prestigieuses que les autres. Il y avait des policiers partout. Un grand projecteur illuminait l’entrée de l’hôtel et le tapis rouge était déroulé. Chaque fois qu’une portière s’ouvrit, une salve de flashs photo accueillait les arrivants.

 

« C’est quoi ce vacarme ?? »

 

J’aime bien cet hôtel mais je n’aime pas la propension de sa direction à organiser des évènements qui attirent la foule et qui rendent le séjour beaucoup moins reposant. Avant que je ne me réalise ce qui se passait, un voiturier ouvrit la portière de mon char et comme il me connaît, il m’accueillit avec un grand sourire « Good evening Mister Nemo. Wellcome back to Paris ! ». Sans m’en rendre compte, j’allais être pris par un bon nombre d’invités pour une vedette de cinéma…

 

Mon arrivée sous les spotlights ressemblait à ça :

 

L’homme noir au bras cassé sort de la limo et voilà qu’une salve de flash se déclenche à nouveau. Il a l’air légèrement abasourdi et pénètre dans le hall de l’hôtel par le tapis rouge autour duquel un public venu nombreux l’accueille sous les applaudissements. Les journalistes tendent leurs micros en espérant une réponse aux questions qu’ils lui lancent: «  Avez-vous eu un accident ? », « How long do you stay in Paris ? » , «Visite incognito ? »…

 

Le directeur de l’hôtel et la responsable communication de la chaîne à laquelle il appartient, vinrent vers moi : « Monsieur Nemo ! Bienvenue ! Mais, vous êtes blessé ?? Rien de grave ? Désolé pour cette foule mais ce soir, il y a la remise du Prix Saint-Valentin qui récompense le meilleur roman et le meilleur film d’amour. Nous attendons plus de cinq cents invités de marque parmi lesquels des vedettes de cinéma et des auteurs à succès. Soyez des nôtres !»

 

La foule et les reporters qui n’entendaient rien de cette conversation avec la direction de l’hôtel, ne voyaient qu’un mec ‘cool’ style mélange de Steve McQueen – en tous les cas vu de (très) loin et de Lagerfeld – vu mon déguisement tout en noir mais sans les cheveux gris et sans la boucle d’oreille, qui sort d’une limousine sous le feu des projecteurs et qui est reçu comme une vraie star.

 

En entrant dans le lobby, tous les regards se tournaient vers moi. Cela me faisait un drôle d’effet et comme j’avais compris qu’ils me prenaient pour une vedette – laquelle je ne le sais toujours pas – alors que je n’étais qu’un modeste client, je me suis dit que j’allais jouer le jeu. Pourquoi pas ?

 

Voilà que PPDA en personne et la Présidente du Jury m’accueillent dans le grand salon. Je m’y rendais juste pour le check-in mais eux pensaient que je faisais parti des pipole : « Bonsoir, heureux de vous avoir parmi nous. Oh ! Vous avez eu un accident ? ». Brève explication à PPDA de ma bête chute. Il était tout attentionné et interpella un serveur pour qu’il m’apporte une coupe de champagne : « Une coupe pour notre ami blessé ! » Je le remerciai of course et au lieu de procéder au check-in, je décidai de savourer ce moment plutôt inhabituel et surprenant dans ma petite vie de voyageur soudainement projeté sur les devants de la scène.  J’affichais donc tant bien que mal une espèce d’actor’s face de circonstance et j’étais de plus en plus amusé par la tournure que prirent les évènements.

 

Arriva donc ce qui devait arriver : quand les gens voient que vous parlez à du pipole qui a l’air de vous connaître, cela fait effet boule de neige et leur donne envie de vous connaître aussi. Une beauté blonde se présenta spontanément : « Enchantée, je m’appelle Kate, » qu’elle me fit, « Je suis américaine et je vis à Paris depuis bientôt deux ans. La soirée s’annonce longue n’est-ce pas ? Votre plâtre ne vous dérange pas ? Vous êtes seul ? Moi, aussi ! »

 

Je concédai volontiers à la miss le plaisir de s’écouter parler comme les Américaines savent le faire. Voilà qu’un autre spécimen, une brune milanaise, s’imposa dans la conversation qui porta sur tout et  - surtout - rien. Et encore une. En un minimum de temps je devenais sans le savoir un centre d’intérêt comme si j’étais une célébrité. Je me suis fait des réflexions du style « Qu’est-ce qui attire les mouches ? M…C’est moi !! ».

 

Il y a une de mes – en toute modestie – nombreuses admiratrices d’un soir qui me supplia de pouvoir signer mon plâtre ! C’était une parisienne trèèèèès connue et aussi transparente dans ses intentions que son chemisier transparent lui aussi dévoilant une paire siliconée à souhait: «Cela me ferait plaisir de dîner avec vous un de ces jours… Vous m’appellerez ? » tout en glissant dans ma poche une pochette d’allumettes avec son numéro de portable. A peine qu’elle avait fini de grifouiller son prénom sur mon bras, qu’une autre femme du monde fraîchement promue fan se précipita sur moi pour faire de même. Encore un peu et voilà qu’une brochette de belles faisait la queue pour signer mon bout blanc en plâtre.

 

Même si je suis du genre monogame inébranlable, je dois vous avouer que pendant cette soirée là j’aurais pu succomber aux avances d’une douzaine de nanas avides de s’afficher à côté d’un mec supposé appartenir au pipole par tous ceux qui ne le connaissent pas. Heureusement que mon plâtre m’empêcha de sortir le petit doigt. D’ailleurs rien qu’en pensant à ma Belle et son petit côté délicieusement carnivore voire cannibale quand l’autre sexe s’intéresse de trop près à mon cas, faisait que je n’allais surtout pas céder à la tentation de plusieurs one night stands en une seule nuit. En plus le one night stand n’était plus possible puisque la soirée se poursuivit au champagne jusqu’au lever du soleil… Comme je ne suis pas un one day lover non plus, je suis resté sage comme une image. (NDA : Ça, c’est pour rassurer encore un peu plus ma Belle qui passe parfois par ici.)

 

Le bling bling n’est pas ma tasse de thé. Mais d’avoir été pris pour une star par méprise, je vous assure que quelque part, cela m’a bien fait rire… Jusqu’à ce que je retrouve ma Belle quelques jours plus tard : « C’est quoi tous ces cœurs et ces « I luv U »  écrits sur ton plâtre ??!!» qu’elle me sort en un portugais brésilien sur un ton fort inquisiteur.

 

J’ai eu beaucoup de mal à lui expliquer la vérité. La connaissant, elle aurait pu me dévorer tout crû. Heureusement qu’il y avait les photos de la soirée et le directeur de l’hôtel comme témoin. Si non je crois que tout ce qui resterait de moi après cette expérience de « star d’un soir » malgré moi se serait terminée par un tas d’os anonymes et un bout de plâtre plein de petits cœurs et de noms de belles que par respect pour la vie privée, je ne révèlerai pas ici. ;-)

 

18.12.2008

Fréquence basse

A cause de la fréquence des rapports sexuels que j’entretiens avec ma belle, les statistiques devraient être drôlement faussées ou plutôt « biaisées », ce qui me paraît plus à propos vu la ressemblance phonétique en rapport avec les rapports sexuels, une majorité d’entre elles étant composée de « baiser », pas le nom propre mais le verbe transitif par la force des choses.

 

Si un bloggeur ou une bloggeuse entame ce genre de sujet, j’ai remarqué que c’est généralement pour faire étalage de ses prouesses. Et pourtant, ils sont de ceux et celles qui font que la fréquence moyenne d’un(e) Français(e) moyen(ne) est de 2,8 fois par semaine à en croire les enquêtes publiées dans « Elle », magazine que je ne lis pas mais qui apparemment est la référence indiscutable des chercheuses dans l’Hexagone.

 

Ceux et celles qui me suivent parfois dans mon petit monde virtuel, savent entre temps que les statistiques et la normalité font partie des sujets qui m’interpellent par souci de la vérité mise à nue et non pas pour m’exhiber, dans le cas présent pour décortiquer les « 2,8 x par semaine… ». Ce serait donc la moyenne pour cette population dont nous faisons tous, enfin presque tous, partie (NDA : cela m’énerve sur le plan de l’écriture que « partie » apparaît deux fois d’affilée. J’ai longuement cherché à reformuler la deuxième phrase mais mon manque de vocabulaire français m’a empêché d’aboutir).

 

Voyons voir cela de plus près : comment obtient-on un tel chiffre ? Procédons avec méthode diraient Descartes et Colombo. Allez, c’est parti :

 

D’abord il y a ce 2,8. Cela fait 2 + 0,8.

 

Sérieusement, ce 0,8 a de quoi susciter ma suspicion en sens divers quant à la méthode d'enquête retenue. Serait-ce la résultante d’une division alors que la baise fait plutôt penser à la multiplication? Il y a de quoi être carrément induit en erreur en s'attaquant à la racine du problème.

 

Dans l’enquête du magazine en question, 1000 personnes ont contribué à répondre au questionnaire. Il n’est pas précisé combien d’entre elles « ne savent pas » ou « n’ont pas d’opinion » ou « n’ont pas voulu répondre. »

 

Déjà j’ai un soupçon sur la correctitude du sondage et du nombre de membres féminins ou masculins qui font partie de l’équipe de rédaction… Il y aurait-il eu de l’extrapolation ??

 

Ayant mené maintes enquêtes et pas mal de sondages du temps où je devais payer mes études, je sais combien d’enquêteurs, d’enquêtrices et d’enquêteuses se satisfaisaient de produire des formulaires d’enquêtes bidon dans les binoches à une époque où Nokia n’avait pas encore envahi la planète. Il ne faut pas se demander qu’avec la question « Combien de fois par semaine faites-vous l’amour ? » que les toilettes ont dû connaître une fréquentation autrement plus importante par des membres de l’équipe d’enquêteurs, seuls ou à plusieurs.

 

Mais, jusqu’à preuve du contraire, partons du principe que le sondage a vraiment sondé la vérité de 1000 personnes n’ayant aucune objection à se dévoiler. Mon expérience de terrain me dit que c’est rare. Et quand ils le font quand même, la réponse est souvent des plus approximatives : déjà quand on demande « Avez-vous une voiture ? » il y en a qui répondent par « Je ne sais pas. » Et quand on enchaîne avec « De quelle marque ? », les mêmes vous disent « Celle de mon mari est une Subaru 4x4, 16 soupapes à injection directe, deux fois championne du monde, 195 chevaux. »

 

Dois-je vous faire un dessin sur ce que l’enquêteur, même si c'est un gars intellectuellement correct qui ne passe pas son temps dans les binoches, aura noté ?

 

Je reviens à l’enquête, objet du présent billet (gratuit en plus).

 

2,8 x 1000 personnes = 2800 parties de panpanculcul pour l’échantillon en question. Il n’est pas précisé s'il y avait des couples qui répondaient en couple ou séparément. Ou qu’un couple donnait la même réponse. N’empêche, 2800, cela nous fait un chiffre tout rond. C’est déjà plus crédible et surtout satisfaisant. Baiser (2+ 0,8) fois par semaine, moi personnellement, ça ne rentrait pas. Toujours pas d'ailleurs.

 

Mais on peut aussi prendre la chose par l’autre bout : 2,8 fois par semaine égale 2,8 x 52 = 145,6 fois par an (NDA : année bissextile ou pas ??). Ce n’est pas vraiment satisfaisant, je précise, d'un point de vue intellectuel : baiser 0,6 fois commence à ressembler drôlement à un exercice en solitaire ou l’autre moitié n’a rien vu venir.

 

N’empêche, « restons objectif et factuel » comme le disait en 1933 Lord Beveridge lors de l’ouverture de l’année académique à l’Université d’Oxford, donc probablement homosexuel, en tous les cas inventeur de l’économie moderne et fin statisticien, c’est-à-dire homme capable de n’observer qu’un échantillon constitué de quelques espèces pour en déduire des vérités à vocation universelle. C'est un de ses disciples qui, lors d'un exercice pratique, en lisant que 33,7% des Anglish pratiquaient la sodomie, avait crié "Mon cul!". Le gars en question fut muté à Cambridge pour ne pas mettre dans l'embarras l'échantillon des assistants du célèbre professeur interrogés sur le sujet.

 

Mais "de qui" cet échantillon était-il composé dans le cas de l’enquête concernant la fréquence hebdomadaire de la baise ?

 

Imaginons l’enquêteur qui se promène Rue St Denis, un autre Avenue Montaigne et encore un autre sur la Grand Place de Tettegem, village près de Hondschoote avec 362 habitants, âge moyen 54,2 ans, composé de 40% d’agriculteurs, 45% de femmes au foyer, 3% d’homos, 1 lesbienne et le solde n’aimant que la vache. Plus de femmes que d’hommes à cause de la première et de la deuxième guère mondiale, Dien Bien Phu et Alger même si Marie a été fusillée sans procès en 1944 pour cause de sauteries avec l’ennemi dans la paille du grenier de Jules, son voisin amoureux d’elle depuis toujours sans succès, jaloux de surcroît, qui l’a dénoncée et qui depuis lors fait partie du solde précité, ayant échappé à un appel sous les drapeaux du temps de la guerre de Corée.

 

Imaginez-vous avec quel genre de questionnaires remplis l’équipe d’enquête va rentrer à la rédaction d’Elle après avoir interrogé l’échantillon choisi « au hasard » dans l’échantillon décrit ci-dessus…

 

Et pourtant, le résultat est là : « 2,8x par semaine. »

 

J’arrête là.

 

Aux lecteurs de conclure et de faire ses comptes. Je leur souhaite un chiffre rond suivi de beaucoup de zéros avant et après la virgule.

 

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Post-scriptum

 

Je me regarde dans la glace. Me sens tout nu. Après avoir mis ma deuxième paire de lunettes Affleflou de lecture rapprochée, celle qu’on reçoit gratuitement quand on en achète une première pour mieux voir son prix, je constate qu’en plus, je le suis.

 

Inutile de préciser que le résultat de l’enquête fait que je penche la tête vers le bas dans un mouvement d’empathie pour une partie de moi qui a le moral dans les chaussures : « Et oui, mon pauvre : que 1,6 fois par semaine ( !?) si je divise le nombre de fois par an par 52. Comme je te plains, moi qui t'observe dans ton désarroi et qui ne « fréquente » sa belle que trois semaines par an… »

 

Un grand moment de solitude. Je ne vous dis pas.

23.07.2008

Les Lois d'Augustine

Dans le domaine du management des organisations, on entend souvent parler de la Loi de Murphy (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Murphy) ou les Lois de Parkinson  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Parkinson), lois délicieusement humoristiques et facilement reconnaissables dans la vie de tous les jours  des grandes organisations et administrations.

Moins connues mais tout aussi amusantes sont les Lois d’Augustine, fruit de l’expérience d’un certain Norman Augustine, ancien dirigeant d’une société d’aéronautique.

Ces Lois d’Augustine décrivent les conneries inhérentes à la vie de l’entreprise. Je ne sais pas si elles ont été traduites en français mais la lecture vaut la peine et ne manquera pas d’amuser le lecteur. Augustine décrit la création, l’expansion, l’apogée et le déclin d’une entreprise imaginaire appelée « Icare ». Chaque chapitre part d’une loi née de l’observation ou de l’intuition. Quelques exemples (traduction libre):

«Si la terre tournait deux fois plus vite, les managers travaillerait deux fois plus vite. Si la terre tournait vingt fois plus vite, tout le monde travaillerait deux fois plus vite puisque les managers se seraient envolés. »

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