19.08.2009

Cascais, mon Amour

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_Ils ont peint les murs en blanc ! C’est beaucoup plus joli ! » s’écria Saown en pénétrant dans l’enceinte de la Citadelle de Cascais, quelques kilomètres à l’ouest de Lisbonne. Elle me sourit. « Je suis heureuse d’être ici avec toi. ».

 

Je l’écoutais pendant que nous parcourions ce qu’elle appelait « ma maison ». Parfois elle éprouvait du mal à parler, prise qu’elle était par l’émotion en revoyant ce lieu d’une enfance déracinée. Malgré son sourire, je vis une larme apparaître au coin de ses yeux. « Disculpa » me dit-elle. « Ne t’en fais pas ma Belle. » Je la serrai contre moi.

 

Elle se souvenait. Dix ans auparavant, elle est arrivée dans ce fort austère comme réfugiée. Elle n’avait rien. Pas de papiers, pas de parents, pas de valise, seule avec sa cousine. Elles avaient été placées à bord d’un bateau de pêche pour échapper aux tueries aveugles perpétrées par des rebelles dans la ville de Bissau. Plus d’un mois en mer, refoulées partout pour enfin arriver au Portugal.

 

_Tu sais, je n’avais que treize ans. Les Portugais nous ont accueillis. Pour nous, les murs solides de cette citadelle signifiaient la vie. Dans mon pays, les gens s’entretuaient. La vie ne valait rien. Ici, nous avions un toit et de la nourriture. Je me suis fait beaucoup d’amis avec qui nous jouions dans l’enceinte du fort et à la plage de Cascais. Je pense que nous étions trop jeunes pour comprendre le drame que vivaient nos parents restés à Bissau. »

 

Saown me montra le dortoir des filles : une longue salle au murs en pierre dénudés dont les fenêtres étaient à trois mètres au-dessus du sol. « C’est là que se trouvait mon lit ! » Me dit-elle et elle se mit dos au mur : « A ma droite dormait ma cousine. A ma gauche mon amie Duda, tu sais, la grande noire que tu as rencontrée à Sao Paulo. C’est ici que nous sommes devenues amies. J’aime y penser. »

 

_Tu as dû avoir froid pendant l’hiver… »

_Non. Je ne me rappelle plus. J’entends seulement le bruit du vent et des vagues qui nous rendait silencieux. Nous rêvions de notre pays que nous ne reverrions peut-être plus. Nous priions pour nos parents dont nous n’avions pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois. Cela je ne l’oublierai pas.

 

Mon Africaine ne se plaint jamais. Elle a toujours un regard souriant. Je le lui dis. En réponse, elle tira la langue.

 

_Tu es une vraie gamine Miss Saozinha ! ».

_Tu oublies d’ajouter que je suis coquine aussi ! Essaie de me rattraper !! » Et elle se mit à courir vers les remparts surplombant la mer. Je la rejoins. Elle regarda la mer. Je la pris par les hanches.

_Pourquoi tu ne cherches plus à m’échapper ? »

_Parce que j’ai envie de toi… » D’un geste sans équivoque elle frotta ses fesses contre mon sex et retourna sa tête pour me lancer un sourire ravageur comme elle seule sait le faire.

_ Saown ! Un jour, you gonna kill me ! »

_Yes !! » Fit-elle en fermant les yeux et en croisant les bras derrière ma nuque pendant que je lui caressais le ventre.

 

Adorable créature. Cadeau des dieux venu de cette terre lointaine aux confins du Sahel.

 

Saown voulait que la visite de la citadelle se termine par un passage à la Chapelle.

 

_Tu ne m’en veux pas si j’allume une bougie et que je prie à la Sainte Vierge? »

_Bien sûr que non. Prends ton temps ma Chérie. »

 

Je la vis s’agenouiller devant la statue de la Sainte Vierge. Je m’éloignai et l’attendis dehors. Le temps était radieux. Cinq heures de l’après-midi. Un soleil toujours aussi généreux. J’étais content d’avoir découvert avec elle une partie de son passé. Je pensai à cette phrase : « Qui n’a jamais été réfugié, ne sait pas ce que vaut la vie… » D’où détenait-elle cette force et cette joie de vivre ? Les conditions de vie dans cette citadelle transformée en camps de réfugiés auraient fait peur à n’importe quel enfant. Elle, elle ne s’en faisait pas. Elle me rejoignit quelques instants plus tard : « Nemo, je voulais te dire que je suis très heureuse. »

 

Nous reprenions nos bicyclettes : « Maintenant, j’aimerais te montrer mon école. Ce n’est pas très loin. Suis-moi mon Amour! ». Elle se mit à chanter en Brésilien en remontant la longue côte en direction de son ancienne école. Avec ses jambes interminables, son visage divin, ses yeux noisette et son sourire ravageur, elle attira tous les regards sur son passage. « Tu es très sexy sur ton vélo, ma Belle ! » Lui lançai-je. « Just for you my Love !» Qu’elle répliqua sans se retourner.

 

Arrivé à l’école, Saown était très émue : « Tu sais,  sans cette école, sans doute je ne serai restée qu’une noire africaine incapable de lire, sans aucune instruction. Tu n’aurais jamais rencontré cette étudiante à Sao Paulo… Je crois au destin, à notre destin. La Sainte Vierge à la Chapelle, elle m’a écoutée quand j’étais une petite fille perdue, une réfugiée sans avenir… C’est pourquoi, je tenais à revenir pour la remercier. »

 

_Saown, tu sais que je ne crois pas en un dieu tel que les hommes aiment le voir à travers leurs religions. Mais à t’entendre, s’il devait exister, ton nom doit être gravé dans sa main… »

 

Je l’embrassai doucement sur la joue. Cette journée passée avec Saown à Cascais, « Cachecaiche » comme ils disent au Portugal, restera gravée dans ma mémoire.

04.08.2009

Avec le temps...

 

 

Tellement de choses à faire, tellement de sujets à décrire mais non susceptibles d’être publiés dans un blog. Si seulement je pouvais dégager un peu de temps pour cet espace-ci…

 

Et puis, faut pas oublier que le français n’est pas ma langue maternelle ce qui fait qu’avant de poster, ben oui, faut que je vérifie un peu plus que d’autres ce qui sort de ma plume. C’est que je déteste les fautes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation avant même d’évaluer le contenu d’un billet.

 

Je me fais vieux sans doute.

 

Pas que cela m’affecte. J’ai toujours accepté les choses de la vie telles qu’elles se présentent.

 

Sans doute parce que j’en ai vu beaucoup partir. Des proches et des inconnus.  Et cela ne fût pas toujours très drôle. Ayant été ambulancier volontaire, j’en ai vu des vertes et des pas mûres…

 

Je suis passé moi-même à quelques reprises tout près d’une dalle marquée d’une épitaphe du style « parti trop tôt » quand j’étais môme ou « toujours prêt » quand j’étais scout ou « parti au ciel » quand mon avion a raté la piste d’atterrissage ou « emporté par la maladie entouré par ceux qu’il soignait » quand une sale bestiole de la brousse a failli me bouffer moi aussi.

 

 Pourquoi j’écris tout ça… ?

 

Je ne sais plus.

 

Ah oui !  Cela me revient. J’écrivais donc – en résumé - que je me fais vieux et que je m’enfous.

 

En fait, je m’en fais quand même un tout petit peu de temps à autre.

 

Pour me rassurer, ma compagne qui a vingt-huit ans ET trente jours ET six heures de moins que moi, me dit toujours que l’âge n’a pas d’importance. Peut-être qu’elle a raison mais je sais une chose, il avance. Impossible de faire demi-tour, impossible de la laisser me rattraper – je parle de l’âge. Du reste, elle peut me rattraper quand elle veut et où elle veut. J’adore.

 

Le temps m’a toujours passionné. J’ai souvent tenté de transformer les formules de la relativité en applications concrètes. Des films comme « Back-to-the-future » ou des histoires comme « The-Time-Machine » de H.G. Welles m’ont émerveillé. A douze ans, Encyclopedia Brittanica à l’appui, j’avais construit un engin qui aurait dû me permettre de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. L’expérience s’est terminée quand tous les plombs de la maison ont sauté… Cela aurait pu faire une belle épitaphe de plus. M’en suis sorti avec une fessée. Depuis lors, j’ai toujours tiré la langue en direction des posters d’Einstein. Je comprends aussi pourquoi ses cheveux pointaient dans tous les sens : ce n’est pas très bon de mettre les doigts dans une prise d’électricité…

 

Je m’égare. Autre signe de…

 

Faut que j’abrège.

 

J’ai hâte d’entendre ma belle au bout du fil avant que je n’oublie.

 

_Coucou ma Belle. Tudo bem ? »

_Siiiim. J’ai fait du shopping !! »

_Ah oui ? Tu as acheté plein de jolies choses ? »

_Ouiiii !! C’est très sexy. Tu vas adorer. J’ai acheté de la lingerie et … »

 

Ne sachant pas si des jeunes oreilles peuvent entendre nos propos, je n’écris pas l’intégralité de notre conversation de deux heures dans ce billet.

 

En tous les cas, c’était rafraîchissant et plein de bonne humeur. Certes, un zeste coquin également mais comme il n’y a pas d’âge pour vous voyez ce que je veux dire, elle m’a totalement changé les idées.

 

Faut pas que j’oublie de prendre mes vitamines au ginseng.

 

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21.07.2009

About the French

 

(Extrait d'un billet écrit il y a quelques années à l'attention de visiteurs étrangers en France...)

 

My experience with “The French”, whether professional or private, open or intimate, friendly or hostile, cultural or gastronomic, stretches over several decades with variable intensity and about six years of semi-permanent stay in the City of Light. I-don't-remember-who once stated that “an experienced person is someone who committed many mistakes but never the same.” Hopefully my own large experience will be helpful to newcomers in France…

 

France is a permanent paradox: “black & white”, “inspiring & conspiring”, “moralizing & cheating”, “left & right”, “visionary & deceitful”, “republican and corrupt”, “Monogamous & permanently two-timing”, “grandeur & decadence”.

 

Since I am far from being a masochist, I clearly like France and even love (most of) its people. But it took me some time to find out some rules and guidelines to survive the French and eventually live “like a King in France” - without losing my head... If you’re well off and living in the nicer part of Paris or countryside, France really is a paradise. But of course, there are the French…

 

To the non-French, my opinion might sound frightening because the French are really peculiar and full of contrast. Don’t be afraid and don’t be surprised. I went through some roller-cast experiences in business and private matters. The French are a strange and unpredictable mix of rational thinking and emotional behaviour. The clue is to find out which part prevails. Once you got that, try to use it to your own advantage. In saying so, I clearly demonstrate I already picked up something about them…

 

Some basic rules to survival in France:

 

Never trust a Frenchy whether it is your business or bed partner. I mean NEVER. Once you stick to that attitude, Frenchies really become enjoyable. Most foreigners might find this a real obstacle in linking up with them. That shouldn’t be the case. If Frenchies cannot be trusted, this has to do with various enrooted cultural, historical, educational, chauvinistic and individualistic bias.

 

A Frenchy always acts or reacts out of self-interest. As long as this basic attitude can be satisfied, they are just wonderful. But be aware that they can suddenly put a dagger in your back while the day before they celebrated your lifetime partnership.

 

How come? First, their public educational system: it privileges the “concours”, a way of filtering out the best students by competition. Teamwork and sporting efforts as catalyst of personal developments are not part of the scheme.

 

The best or ‘elite’ is intended to serve the State or state-owned corporations. Since state and politics are interwoven, a Frenchy, if he wants to make it, clearly has to look after his own personal interests and be very suspicious about his competing colleagues’ career moves. So, a Frenchy will always act ‘politically’ meaning he will put the effort where his own self will be mostly rewarded. That is for the “professional side”.

 

The Frenchy also looks after his “allure” and ability to seduce. The French, and here Napoleon definitely had an impact, are historically conceived to conquer. If not countries or businesses, then at least female hearts. Being a conqueror or seducer is encoded in their genetic material talking about males. Being seduced, pampered, spoiled by a gallery of lovers, is the female’s existential meaning of life.  

 

Within France itself, it is the contest for acquiring power and women that prevails. And most Frenchies play the game without being victimised. As long as nobody looses his/her face, the French are totally committed to seduce, secret love affairs, cheating, … Very seldom this shocks. “C’est normal”. If, as a foreigner, you get caught by a French love affair, don’t be surprised if in overnight she or he is suddenly gone whatever you believed in until that very moment.

 

This could sound demoralizing to the non-French. In fact, it shouldn’t once you are aware of it.

 

An example.

 

If you are with a female partner, permanently ask her whether she is still satisfied and “not yet looking outside” your partnership. In other terms, check on her personal interest and self satisfaction. Even if her answer will be different from her thoughts, you might have a good chance in stopping her tendency to leave the partnership. Questioning her on her intentions always triggers some unspoken reaction such as “My God, how did he know I had sex two hours ago with his best friend?”

 

To hide that reaction, French charm will overwhelm you in all its neutralizing and convincing power. Since that forces you also to an extra-effort (“dîner aux chandelles, bijou de Cartier, sac de Hermès, parfum de Chanel, bouquet de roses …”), you just saved your partnership.

 

Please note that the French are probably the only species where both male and female are experts in seduction. It is part of life.

 

In politics, they are absolutely marvellous. Whether leftist or rightist, lying is seen as morally neutral. Everybody knows that Jaco is a crook, everybody knows that Mitterand forced public companies to pay bribes to his party. But it is accepted. That the successive Presidents – Monarchs without a crown – apart from de Gaulle who was an exception that confirmed the rule, were continuously fooling their spouses, didn’t offend anyone. It even gave them a positive image of “conquerors” towards the female voters.

 

France cultivated a kind of newthink – referring to Well’s newspeak, reality can be fairly different from the way the French perceive it. Since the French are one of the most “monoglot” people in the world, they seldom read or hear how the non-French media comment on them. When Jaco tried to convince the US that starting a war in Irak was immoral and illegal, how many French saw the foreign press commenting on the fact that “it is hard to accept lessons from a crook.” …?

 

“Grandeur & Décadence” are really omnipresent.

 

The non-French probably never have known Serge Gainsbourg – even if this musical genius created many soundtracks for the American movie industry. That guy represents most of the French strong and weak points: wonderful songwriter and composer, fantastic cultural background, incorrigible seducer despite his untidy appearance, sometimes incredibly arrogant and provocative, mostly plain drunken, mixing imagination and truth.

 

The guy was lucky when on national television he once declared to Witney Houston during a prime time show: “I want to f… you right now!”. The French found it absolutely hilarious. If this would have happened in New York, he would still be paying his lawyers…

 

Anyway, back to the initial advice by way of a conclusion on the first rule of survival: never trust the French. Don’t blame them for their lack of fairness. They ignore team play, they mix up facts and opinions, they think their perception of reality is the only right one. They have been dressed to self-fulfilment. Tant pis pour les autres. Un pour tous, tous pour moi.

 

So, dear fellow “in-patriate”, I warned you. What they tell you might be quite the opposite of what happened.

 

Not only to the female but to all the French, the mind sets the truth, not the naked fact. They will always ‘dress’ up the latter so that it suits the way reality should be and not as it is. Napoleon understood this perfectly well: "It is not the truth that but what people say."

 

You are in a “Cartesian” country where “reason” prevails. Unfortunately, whether this refers to rationality or to imagination isn’t clear. Descartes didn't survive in France (He died in Sweden...).

 

The French are masters in “abstraction” and deduction. They are capable of inventing general rules like no other and subsequently apply these to any situation – with of course the inevitable exceptions… to confirm the general rule.

 

The problem is that, depending on their self-interest, they are able to analyse the same situation to be black one day and white the next one. Absolutely mind boggling and destabilizing to a none-French. 

 

If for instance, in a management team, you adopt a decision based upon these and those elements, it could well be that next day, your fellow manager does exactly the opposite. If you ask him why, he’ll tell you that the situation has changed and requires a flexible change of response etc., etc. Don’t get fooled. This just means that he didn’t see his personal interest in yesterday’s decision and that he already decided at the time of the decision… To ignore it.

 

The French don’t like to work together because this exposes them too much towards the colleagues and dilutes the possibility of self-servicing personal interests. Most corporations are conducted by a PDG which translates as "next after God" or "keep talking guys, c'est moi qui décide!"

French love the concept of "elites" although the republique clearly states "liberté, égalité, fraternité". Beware if you dare to challenge an ENArque's or polytechnician's opinion… At that very moment, you are stigmatized as barbarian, a-cultural, stupid, badly-French speaking impolite imperialistic beefeater…

 

All this might sound a bit harsh. In fact, it isn’t.

 

If you adopt a gentle smile, it will help you through those circumstances that otherwise would culminate into conflict. French like people with charm. We, the none-French, haven’t got the French charm in our fingers, but a smile usually will do. The French are very sensitive to a well placed smile. It translates as “I am able to see through you, to ‘relativiser’ as they say, and to play your game without being sucked too much”.

 

That’s it for today.