03.06.2009
Paradoxes
Quelques faits de l’actualité :
D’abord la catastrophe du vol Rio-Paris qui a coûté la vie à 228 êtres humains.
Les pauvres.
Le prix du billet varie entre 540 € et 7000 €.
Les moyens mobilisés pour retrouver les débris avoisinent les deux millions d’€.
La perte de l’appareil A330 et l’indemnisation des victimes coûteront près de 600 millions d’€.
Une messe de commémoration a eu lieu cet après-midi à la cathédrale Notre-Dame à Paris. Un message de condoléances du pape a été lu.
Le chef de l’état français et des membres du gouvernement étaient présents.
Difficile de chiffrer ce qu’aura rapporté aux médias et à la classe politique toute la médiatisation de cet accident.
Ensuite :
« 400 millions de personnes en Asie du Sud (Afghanistan, Sri Lanka, les Indes, Bangladesh, Les Maldives, …) crèvent de faim. L’Unesco et les Nations Unies appellent à l’aide… » (*)
« Le revenu moyen d’un habitant de ces pays est de 400 dollars par an… »
Et puis :
« Un ministre de Guinée au salaire officiel de 4000 dollars par mois, a acheté en 2006 une villa de 34 millions de dollars à Hollywood pour ne pas mentionner la Bugatti qu’il s’est achetée à Paris et les nombreuses propriétés qu’il possède en Afrique du Sud, en France, … Il a 38 ans. En Guinée, la mortalité enfantine est de 98 sur 1000. Etc. » (**)
Pour finir.
"Un attentat à la bombe a tué près de 100 personnes en Afghanistan".
Réflexions:
La mort et le malheur n'ont pas le même prix ni de valeur médiatique.
Le monde est cruel et notre indifférence tout autant quand l’évènement n’a pas un côté spectaculaire qui attire les médias et leur corollaire fait d’hommes politiques voulant occuper les devants. Juste parce qu'ils savent que l'émotion suscite l'attention des spectateurs.
Si notre époque doit porter un nom, appelons-la l'ère de l'émo-culture.
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(*) International Herald Tribune, 3 juin 2009, en bas de la page 6 – traduction)
(**) Idem, éditorial.
23:44 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : af_447, médias, pauvreté, famine, indifférence, émoculture
28.05.2009
Femmes au boulot
Parce qu’elles sont beaucoup plus précises que les hommes,
Parce qu’elles peuvent être de vrais chiennes lorsqu’il faut,
Parce qu’elles n’en démordent pas quand elles pensent avoir raison,
Parce qu’elles ont le sens d’organiser leur travail et leur vie de famille,
Parce qu’elles écoutent beaucoup mieux,
Parce qu’elles sont beaucoup plus capables de travailler en équipe,
Parce qu’elles s’expriment souvent beaucoup plus clairement,
Parce qu’elles n’ont pas peur d’afficher leurs émotions,
Pour toutes ces raisons et encore d’autres, j’adore, non, je préfère souvent de travailler avec des femmes.
Cela a toujours été ainsi : depuis l’université – quand j’étais jeune, l’école n’était pas mixte – en passant à travers mes premiers boulots en banque d’affaire et ensuite en véhicule d’investissements vers mon job actuel dans le domaine des services à forte conotation industrielle.
En débarquant en France, je fus surpris, parfois choqué par le côté macho des entreprises françaises en général.
Les hommes au travail y évoquent rarement les capacités et talents professionnels des femmes.
Dans les pays du Nord à conotation de gestion anglo-saxonne, les rapports entre femmes et hommes au boulot sont nettement plus marqués par une séparation stricte voire régulée entre la gente féminine et masculine au niveau des rapports professionnels d’une part et les rapports d’une autre nature d’autre part.
Exemples :
-S’embrasser au bureau est parfaitement admis dans les pays latins. Dans les pays non-latins, c’est à peine toléré voire passible de poursuites judiciaires pour cause d’harcèlement.
-Faire un compliment à l’autre sexe pour sa tenue vestimentaire ou son allure, « aïe, aïe… » si vous êtes dans un pays situé au nord de l’Hexagone.
-Faire un commentaire du style « Tu as l’air d’avoir peu dormi. La nuit était chaude ? » peut vous amener devant le tribunal si une quelconque connotation à caractère sexuel accompagne votre remarque dans un contexte de travail non-latin.
Est-ce bien ou est-ce mal ? Est-ce plus agréable ou plus convivial que de permettre au travail une certaine mixité entre les rapports professionnels et, disons, extra-professionnels ?
Personnellement, je suis pour une séparation claire et nette : tout rapport qui sort du cadre des compétences professionnelles, n’a pas lieu d’être présent dans le contexte du travail. A mon avis, si le contraire est permis, des cancans du style « favoritisme » et « promotion horizontale » risquent de pourrir l’atmosphère.
Cela ne signifie pas qu’il ne peut y avoir une certaine répartition des tâches ou responsabilités basées sur des qualités souvent inhérentes à l’appartenance à l’un ou l’autre sexe. Il faut être attentif aux différences qu’il peut y avoir.
Une de mes collaboratrices, par exemple, est absolument incollable sur toutes les questions de consolidation financière. Je sais aussi qu’elle a un bébé et un enfant en bas age. Jamais je ne planifierai une réunion tôt le matin ou en fin de journée si sa présence est indispensable. A ces moments-là, elle a d’autres priorités à gérer. Je sais aussi que si je lui demandais d’être présente, qu’elle ne refuserait pas.
En revanche, il est rare que je confie à une femme une tâche ‘politique’ – exemple : réorganiser un service - ou de création – inventer un nouveau produit au service. Autrement dit, quand le résultat ou l’objectif requiert une traversée de l’inconnu marquée par des incertitudes ou des rapports de force, je penche plutôt pour les hommes pour s’atteler à la tâche.
Peut-être ai-je des préjugés en fonctionnant ainsi mais je garde toujours à l’esprit l’image du chasseur en pensant aux hommes qui se lancent dans l’inconnu et de la femme pieds sur terre qui doit gérer l’immédiat et les certitudes.
Ces quelques réflexions n’ont aucune vocation d’universalité. Je fonctionne avec ce que mon bagage comporte comme expériences, formation et éducation. Et je sais que toute règle générale connaît ses exceptions.
Et vous, qu’en pensez vous? Les femmes au boulot, égales aux hommes? Faut-il dissocier vie professionnelle et vie « privée »? Faut-il une discrimination positive pour promouvoir la présence des femmes à tous les niveaux d'une hiérarchie?
Tous les commentaires, suggestions, critiques etc. sont la bienvenue.
01:25 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : égalité_des_sexes, discrimination_au_travail, macho, hommes_et_femmes
20.05.2009
Waterloo et moi
Je viens d’acheter « Waterloo, les mensonges » ou les manipulations de l’histoire enfin révélées. L’auteur, Bernard Coppens, y démontre que Napoléon a trafiqué le véritable déroulement de la bataille rien que pour rejeter la responsabilité de la défaite sur les maréchaux Ney et Grouchy.
Comme je n’ai pas encore eu le temps de lire cet ouvrage, je me lance dans ce blog sur le sujet sans aucun a priori. C’est que l’histoire de la bataille de Waterloo m’a toujours intéressé et cela pour plusieurs raisons.
D’abord parce que tout petit, mon grand-père m’a fait escalader la bute du Lion de Waterloo, une espèce de monticule d’une cinquantaine de mètres de haut avec au sommet un lion en fer en provenance des canons pris à l’ennemi (NDA : euh, dans le temps c’étaient donc les français) et qui faisait mine de faire face à l’ennemi situé au sud si jamais ce dernier avait à nouveau envie d’étendre son territoire. L’histoire démontre qu’il aurait mieux fait de faire face à l’est… à deux reprises. Je détestais l’endroit. Il pleuvait et quel était l’intérêt pour un môme de six ans de monter 200 marches pour aller regarder un champ de bataille dans le brouillard alors que même sans brouillard, il n’y avait qu’un champ à contempler ?
En plus, je devais faire pipi. Comme je me suis allégé sur le socle du lion, inutile de préciser combien cette visite m’a marqué. Il n’y a pas que Napoléon qui a reçu une claque à cet endroit (NDA : je précise que c’est ma sœur qui me l’a donnée et non pas mon papie. Elle m’a avoué des années plus tard que cette visite la faisait chier elle aussi mais pas au sens propre et donc elle n'avait de petit besoin au sommet du monument).
Ensuite, je suis né dans une petite ville tranquille à la frontière de l’Europe germaine et latine. C’est le seul endroit hors France où vous trouverez un buste de Napoléon Ier exposé dans la grande salle de l’hôtel de ville. C’est qu’il n’y avait qu’en France que l’on criait « Vive l’Empereur ». Dans le reste de l’Europe de l’époque, c’était plutôt « Mort à Napoléon ! » sauf donc dans mon patelin parce qu’il devait sa richesse à l’industrie sucrière que Napoléon avait décidé d’y implanter. Notez que le buste n’est pas vraiment visible. En plus, le patelin est devenu flamand. L’arrivée des Français n’y est pas toujours bien perçue (NDA : Bonne chance BNP-Paribas…) tout comme celle des sans-culottes il y a un peu plus de deux siècles.
Il y a bien sûr ma grand-mère maternelle, descendante du Grand Maréchal de France, le Comte Rémy Joseph Exelmans selon ses dires. Dans la vitrine du salon, elle gardait une statuette en porcelaine de mon illustre ancêtre. J’ai enquêté sur les connaissances des Français sur ce militaire hors pair mais 90% des dix personnes interrogées (NDA : Echantillon composé de mes dix copines à Paris) pensent que c’est celui qui a construit un boulevard à Paris. Une seule a deviné la bonne réponse à la question multiple choice que je leur ai posée.
Exelmans n'était pas à Waterloo. Il tappait avec un certain succès sur les Prussiens de Blücher (NDA: autre vainqueur que mes copines ne connaissent pas malgré le multiple choice) quelques kilomètres au sud-est de Waterloo, plus précisément à Ligny. Ce fut d'ailleurs le dernier à avoir gagné une bataille de l'ère napoléonienne quelques jours après celle de Waterloo qui fut donc, je tiens à la préciser, l'avant-dernière.
Ma grand-mère était une vrai fan de son arrière grand-père et c’est elle qui m’a appris que si le maréchal Grouchy l’avait écouté – pas ma grand-mère mais son arrière grand-père (NDA : la preuve, si non j’aurais écrit « écoutéE »), Napoléon n’aurait pas perdu à Waterloo ! Elle m’a raconté tout plein d’anecdotes à son sujet. Un jour, je les pondrai dans ce blog et vous comprendrez que le brave homme était plutôt volage. Malgré tout son savoir, ma grand-mère n’a jamais su que son illustre arrière grand-père n’a jamais officiellement déclaré la naissance d’un de ses nombreux fistons à Bruxelles, village belge où il était en exil de 1815 à 1819… C’est que la maman n’était pas la Comtesse Pauline de la Croix, épouse attitrée du grand homme mort en tombant de son cheval en 1852 la tête la première sur un bord de trotoir à Paris à une époque où il n'y avait pas encore de couloir réservé au Bus (NDA pour mes copines belettes: ni de Vélib d'ailleurs). Si ma grand-mère avait su la vérité sur ses ancêtres, je pense qu’aujourd’hui, je n’aurais jamais hérité de la statuette en porcelaine d’Exelmans.
Ce que peu de Français savent, c’est que Napoléon n’a pas été battu à Waterloo. Il a été battu à Plancenoit-Lasne. C’est à cause de Wellington, le patron des alliés, que cette bataille fut appelée la « bataille de Waterloo », patelin qui se trouve en réalité à plusieurs kilomètres au nord de la zone des combats. Mais imaginez un anglais écrire à sa majesté qu’il a gagné à « Plancenoit-Lasne ».
Totalement et absolument I M P R O N O N Ç A B L E en english. Comme le gars a passé sa dernière nuit dans son QG situé dans le village de Waterloo, ben, c’était bien plus commode d’appeler la bataille ainsi surtout que « Waterloo » sonne un peu anglais. Même si je me fais la réflexion qu’un « loo », cela fait « toilettes» en anglais. Surtout que c’est précédé par water. Comme quoi les grands hommes de l’empire britannique avaient un faible pour le petit endroit. D’où le nom « Waterloo Station », une vespasienne version londonienne autour de laquelle ils ont construit une célèbre gare.
Autre exemple repris dans les annales – sans jeu de mots - de l’histoire des rosbifs : des années plus tard, un autre WC allait se battre avec l’ennemi (NDA: l'allié de l'époque). WC, c’était Winston Churchill.
J’ouvre une parenthèse : la Belgique a été fondée quinze ans après et suite à la bataille de Waterloo. Qui aurait pu prévoir que ce petit pays allait s’entredéchirer avec sa petite gueguerre linguistique malgré ce nom de Waterloo d’un bilinguisme exemplaire (NDA pour ceux qui n’ont rien compris : Water en flamand = l'eau en français) ?
Vous aurez compris que Waterloo a toujours fait partie de mon existence. Le lieu est mythique. Le champ de bataille a appartenu pendant des décennies à la famille du vainqueur Wellington – qui était irlandais et non pas british. C’est la vraie raison pour laquelle c’est resté une morne plaine. Aucune nouvelle construction depuis 1815 à l’exception d’un couvent en 1927. Et deux golfs dix-huit trous à proximité (NDA : autre raison pour laquelle je suis parfois dans le coin pour frapper quelques coups).
La dérision et les anecdotes ne m’empêchent pas de rester baba devant cet évènement de l’histoire. Aucune bataille n’a eu un impact aussi décisif sur le sors de l’Europe. Plus de quarante mille morts et blessés sur un bout de terrain d’à peine quelques kilomètres carrés. Ajoutez à cela vingt mille chevaux abattus… Imaginez le charnier et la désolation après la bataille (NDA: mes copines parisiennes ne savent pas non plus quel écrivain a dit que c'était une morne plaine. Ce n'était pourtant pas un Irlandais que je sache!)
Sur ce, je vous laisse et je plonge dans mon lit et dans le bouquin que je viens de m’offrir, « Waterloo, les mensonges ». Du coup je me fais la réflexion que Napoléon était sans doute un ancêtre de pas mal de politiciens français… ;-)
(à suivre)
01:27 Publié dans Divagations, Humour, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bataille_de_waterloo, napoléon, mensonges, manipulation



