28.09.2009
Catharsis
Il m’arrive parfois, heureusement de moins en moins, de penser à vous ou plutôt, à nous.
Je ne regrette rien. Vous resterez un souvenir qui m’aura marqué. En m’ayant congédié du jour au lendemain, vous m’avez permis de me retrouver, de devenir plus entier. Vous avez été instrumentale dans ma découverte des émotions et des sentiments que jusqu’alors je n’exprimais jamais. Je pensais à tort que notre histoire nous élèverait. J’y mettais des espoirs que je ne parvenais pas encore à partager n’étant, dans ma candeur, pas encore capable de les nommer. Il y avait trop de barrières et de zones réservées imposées.
J’en subissais les propos et commentaires sans vraiment les saisir. Il fallait que je vous aime en observant le secret. Il fallait que je me taise pour ne pas vous exposer. Il fallait que j’essuie vos larmes et que je vous prête mon épaule. Il fallait que je vous baise pour vous rassurer de votre féminité.
J’en ai entendu les reproches dont la violence m’empêchait de les comprendre. Puis il y a eu cette rupture indigne et feinte, une blessure qui affecta mon ego et que je ne vous pardonnerai jamais. Un cinéma qui ne fut ni plus ni moins qu’un dénigrement de mon être. Je payais les conséquences de tout le mal que d’autres vous ont fait.
Le temps a fait son œuvre et j’ai eu cette chance de rencontrer celle qui me rend meilleur homme à chaque instant de la vie. Pas que ce soit facile ou évident. Mais la confiance et le respect partagés permettent à l’amour de se développer et à ne trouver qu’une cause de bonheur que dans l’épanouissement de l’autre, source essentielle de l’épanouissement de soi.
Du reste, je n’ai plus rien à vous dire et encore moins à vous expliquer. Cela ne vaut plus la peine et ce ne serait qu’une perte de temps vu l’opinion que nous garderons l’un de l’autre. Nous étions profondément incompatibles. Mon pire ennemi, dans l’hypothèse où j’en aurais un, je le verrai toujours comme un être humain qui par la force des choses se sera trouvé en face de moi. Cela ne m’incitera jamais à le vouer aux enfers car je sais que derrière sa force et sa faiblesse, il y a un être humain que je respecte.
Vous, c’est différent. Vous n’êtes pas mon ennemi. Vous êtes inqualifiable. Mettez-y le sens que vous voudrez pourvu que ce soit un propos qui transforme l’être en objet indigne d’intérêt de la part de quelqu’un qui un jour vous a aimée. En la matière, vous ne manquerez pas de vocabulaire arrogant, insultant, cruel ou dénigrant question « to make you feel better ».
C’est tout. Je ne regrette rien en ce qui vous concerne.
Depuis longtemps, le deuil, façon de parler, est consommé.
Une histoire s’est confondue avec et aura disparu dans la banalité - un souvenir à ne plus évoquer.
22:14 Publié dans amour, Rupture, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : amant, rupture, piaf, histoire, souvenir
06.07.2009
Two men's talk
_She really stole your heart, didn't she?"
_Guess so Charly. Must have been blind."
_You know, women, especially her kind, they seek the triple strike."
_...?"
_Well, they calculate their "coup". A triple strike means they got a guy combining an aristocrat, a sjeik and a student."
_So? What has that to do with me?"
_The "chic", the "check" and the "shock", You must have filled these in somehow."
_You think she calculated it all? She didn't need to. She could afford herself any guy. She was bright, wealthy, under divorce from a kind of prince. Why the hell would she calculate? I always sensed she was in deep pain and that her choice of being an escort was simply to convince herself that she was an attractive young woman who could seduce any kind of guy she wanted. As an escort, she didn't have to start cruising. Her agency only accepted decent guys."
_Yeah. But meanwhile she turned out to get money from our - I mean, your weakness. That is calculated. And since you filled in the other boxes beside the money, you surely were a target to be trapped."
_You probably are right. The way she disposed of me in "overnight", even if she wrote me a goodbye letter, demonstrates somehow that she was calculating... I also think she wanted to get rid of me because our affair was at a point where it could become either "solid for ages" either "Nice to have met you". The former was a potential threath for her since I would soon have discovered why her previous marriages went wrong. She always told me it were her former husbands who chose the wrong track. That must have been a gentle lie... She was French after all."
_Anyway Nemo, you overcame the fact she abandoned you. You found love again."
_I did. Nevertheless, the experience I went through sometimes makes me doubt about a woman's sincerity. Aren't they always calculating their "coup"?
_They probably do to a certain extent. Men can be seduced just for having a short night between the blankets. They are hunters. Most women take the long view. Sex seldom drives their appetite. A perspective of dollars and material comfort do. They are farmers."
_You exagerate Charly."
_Maybe. Anyway, you got yourself a girlfriend who doesn't reason the way white women do. Her african origins and poor background prevented her mind from getting spoiled. You are lucky. She loves you just because she loves you...."
_She is a wonderful person. But I've been supporting her financially for nearly three years - even if she doesn't know that. She could well be dependent from me. Ain't it a kind of Pygmalion relationship? The idea has crossed my mind a few times."
_Nemo, your previous experience made you a bit suspicous. A black woman coming out of the middle of nowhere can't have the mindset of a white-judeochristian-wealthy-golf-playing-highly-educated-would-be-desperate-housewife."
_Charly. I hope you are wrong about most white women. I was a fool to fall in love with the only escort I ever dated. I should have known better. I refuse to think all women are alike."
_Another mojito?"
_No. A double P&M pure malt. Dry."
_Garçon !!"
23:47 Publié dans amour, Rupture, Souvenir | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
23.03.2009
Suis j'une espèce mieux protégée??
Extrait du journal « Le Monde » d'aujourd'hui :
Alors que le gouvernement espagnol s'apprête à assouplir les critères légaux de l'avortement, la Conférence épiscopale espagnole a lancé, lundi 16 mars, une campagne anti-avortement en déclarant que certaines espèces animales menacées seraient plus protégées que les embryons humains.
Au cœur de la campagne publicitaire de l'Eglise espagnole, qui commencera le 25 mars, "journée de la vie" pour les ecclésiastiques, une affiche où l'on voit un jeune enfant à côté d'un lynx ibérique. Une mention "lynx protégé" est apposée sur l'animal, l'une des espèces animales les plus en danger d'Espagne, et le bébé demande "et moi ?" au-dessus d'un slogan "protège ma vie !" L'affiche sera collée sur 1 300 panneaux en Espagne. […]
Réaction de Lynx
Ils cherchent à me provoquer vu mon pseudo ??
La morale résulterait-elle d’un raisonnement qui met en balance la vie d’un bébé et la survie d’une espèce en danger ??
C’est amoral, bassement provocateur, de l’émo-raisonnement vulgaire et culpabilisant pour tous ceux qui aiment la vie.
Mon frère est handicapé à 100%. C’est l’être que j’aime le plus au monde. Si mes parents avaient su avant qu’il naisse ce qu’il deviendrait et qu’ils avaient opté pour une interruption volontaire de grossesse, j’aurais compris et pardonné même si sans mon frère, ma vie n’aurait jamais été aussi intense que celle que j’ai connue jusqu’ici.
Très chère église, en ce qui me concerne, tu sais où tu peux te le mettre, ton nouveau slogan!!
(Tu portes une Rolex ou quoi??)
23:29 Publié dans amour, Réflexion, Rupture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : église, avortement, amoral, aliéné, dépassé, rage, vie, excommunier, lynx, pape
29.07.2008
Last Movie in Paris
_Tu vois que tu ne fais que ce qui te convient ! Non, ce soir je ne veux pas te recevoir. Je suis fatiguée. »
_Je ne comprends pas Céline. Evidemment que je ne veux pas m’imposer si cela tombe mal. Je suis désolé. »
Je fis demi-tour et repartis l’esprit confus. Le cadeau surprise que je voulus lui offrir, je le lui donnerai une autre fois. Le voiturier de l’hôtel me salua : « J’ai vu votre cousine ce weekend. Elle est venue à l’hôtel déposer un pli. » La cousine, c’était le surnom que le personnel de l’hôtel avait donné à Céline. Elle ne m’avait rien dit. Curieux. Je sentais les mauvaises ondes J’ouvris la porte de la suite. Sur la table de salon, une enveloppe en papier crème Vélin. Je reconnus son écriture.
Cinq jours auparavant, elle suggéra d’aller au cinéma. « Bonne idée. Je viens te chercher vers 19 heures à ton appartement. Tu connais le programme des cinémas ? »
_Oui. Il y a un film assez drôle au ciné Rue de Passy. Il va sûrement te plaire. »
_Je t’invite à dîner après ? »
_Si tu veux. Je t’attends à 19 heures. »
Elle raccrocha. D’habitude elle parlait de sa journée. Là rien. Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond. Mais quoi ? Son divorce lui posait des soucis ? L’absence de ses enfants ? Quand j’arrivais à son appartement, j’attendais dans la voiture garée en double file. Elle sortait et ne me regardait pas. Un visage sans sourire, les yeux tournés vers le bas.
_Tu es en beauté ma Chérie. »
_Merci. Allons-y. Ce n’est pas très loin. »
_Tu as passé une bonne journée ? »
_Rien de spécial. Comme d’habitude… Tiens ! Là tu pourras garer ta voiture. »
Elle voulut voir « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » avec entre autres Charlotte Gainsbourg et Johnny Depp. Ce n’était pas vraiment mon genre de film mais Céline insistait. Un détail qui me frappa : elle sortit son porte-monnaie pour payer son billet d’entrée. Je l’arrêtais : « Laisse, j’invite. » L’air légèrement contrarié, elle rangea le porte-monnaie dans son sac : « Merci… »
Le film parle de trois Parisiens qui ont chacun une vie amoureuse différente : l’un couche tous les jours avec une autre conquête du jour ; le second vit un enfer avec une épouse des plus chiantes ; le troisième est amoureux fou de sa femme depuis toujours. Cela ne se termine pas vraiment bien pour le couple d’amoureux. Lui vit une aventure qu’elle découvre. Elle se laisse séduire par Depp. Céline tout au long du film riait à haute voix des moindres petites scènes caricaturales des amants adultères pris dans leurs ébats et mensonges. Je sais maintenant que le choix du film n’était pas un hasard. Elle l’avait vu quelques jours auparavant avec son presque ex dont elle divorçait. Il lui avait apporté un cadeau lors de sa dernière visite. Elle me l’avait dit au téléphone.
Les causes de son divorce étaient multiples: selon sa version à elle parce que son mari lui avait dit qu’il ne pouvait se passer de « la baise d’une Black (sic !) », surtout quand cette dernière était une vénale qu’il se tapait gratuitement – le summum du plaisir (re-sic et moi, c’est histoire me rendait « sick »). Ce qui aurait fait déborder le vase, c’est qu’un jour, elle aurait découvert que sa mère avait couché avec son presque ex-mari. Malgré l’énormité de cette histoire, je la croyais lorsqu’elle me raconta tout cela tout au début de notre histoire. Et puis, que des « petits » mensonges viennent pimenter le vécu d’une Parisienne en la transformant en victime de l’amour, cela ne me choquait pas outre mesure. Je l’aimais et de ce fait, je lui pardonnais toutes ses adaptations et transformations de la vérité.
En sortant du cinéma, elle m’amena dans un bistrot Avenue Longchamp. Je n’avais pas vraiment faim. Pendant le dîner, un voisin de table envahissant tenta de la draguer. C’était un juif du quartier plutôt cavalier. Elle le découragea rapidement par un « Je préfère les blonds aux yeux bleus comme mon amant ! ». L’ambiance de l’endroit ne me plaisait guère. Je pense que j’avais aussi capté le fait que Céline, contrairement à son attitude habituelle, paraissait plutôt distante et n’engagea aucun sujet de conversation. L’effigie des présidents US était imprimée sur la nappe de table. « Georges Bush Senior est un bon ami de mon cousin… »
_Arrête de ne parler que de toi !! » fit-elle en me coupant brutalement la parole. J’étais interloqué. Je ne parlais presque jamais de moi. Elle était rouge écarlate de colère et ses mots tranchaient comme une lame de rasoir. Jusqu’alors je ne pouvais m’imaginer qu’elle était capable d’une telle violence. Elle m’avait parlé de sa mère qui lui avait un jour arraché les cheveux – au sens propre du terme – et traitée de pute. Toujours selon elle, sa mère était une mère castratrice, un brin hystérique, entourée de et gâtée par plusieurs amants mais toujours auprès de son mari qui lui paraissait intelligent et sage comme sa fille.
_Rentrons. » proposai-je n’appréciant pas vraiment l’ambiance bobo parisien de l’endroit et l’attitude de Céline.
Nous ne nous disions rien en marchant vers la voiture. La violence soudaine, presque explosive, de ses propos au restaurant m’avait rendu muet. Je la tenais par la main. Je montais avec elle à son appartement. Elle se mit en peignoir et me rejoignit au salon et se vautra dans le canapé : « Tu vois, même sans faire l’amour et sans sexe, une soirée peut être agréable. » Je ne voyais pas le sens de son propos. Que voulait-elle dire au juste ?
Elle sortit du salon. Je la suivis dans le couloir. Elle se retourna : « Ecoute Alexander. Je ne me sens pas bien. J’aimerais rester seul cette nuit. » Elle me prit par le bras et m’amena à la porte d’entrée de son appart’. Elle m’embrassa. « Tu es sûre que cela ira ? Tu m’inquiètes. » « Ne t’en fais pas, cela m’arrive parfois. Cela passera. » fit-elle.
_Alors bonne nuit mon Amour. Soigne-toi bien. »
_Bonne nuit. Sois prudent en rentrant. Je t’aime. »
Elle me suivait du regard alors que je descendis l’escalier en colimaçon. Je me retournai et la vis une dernière fois. Elle me sourit et ferma la porte. Je ne savais pas encore que je ne la reverrai plus jamais. Elle, elle savait.
18:23 Publié dans amour, Rupture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parisienne, mensonge, faux_semblant, divorce
16.07.2008
Les choses de la vie
Ce n’est pas que je les méprise mais j’ai toujours eu le jugement sévère envers ceux qui succombent à leurs envies d’ailleurs. En me mariant, c’était pour la vie. Par amour. Par promesse aussi. Et puis les enfants et toutes ces raisons qui font que « unis pour le meilleur et pour le pire, quoiqu’il arrive… »
Le grain de sable s’est présenté un jour sous forme de sms sur un téléphone portable découvert par distraction. Clairement, elle ne partageait pas toutes mes convictions et certitudes.
Elle appréciait tout ce que le mariage lui avait apportée : une belle maison, de beaux enfants intelligents, les voyages au bout du monde, les bijoux, un cercle d’amis « nantis ». Un job à haute visibilité et satisfaction aussi. Un mari homme à succès. Une vie proche du rêve pour laquelle je m’étais battue. J’étais heureux qu’elle se sentait épanouie.
Ce sms a tout fait basculer. L’endroit et l’heure du rendez-vous allaient clairement mettre fin à la monogamie. J’avais envie d’hurler, de crier, de dénoncer, de reprocher. Je ne l’ai pas fait. Aucune réaction. Comme si de rien était. Pas de questions.
Désormais, nous étions unis pour le pire: un mariage bourgeois où tout tient par la convenance et le non-dit.
L’amour avait vécu.
00:02 Publié dans Rupture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : amour, déception, infidélité
11.07.2008
Prenez soin de vous
Ce n’est qu’à travers des recensements que j’ai découvert cette exposition à la BNF de Sophie Calle où elle présente les réactions de diverses femmes par rapport à une lettre de rupture qu’elle avait reçue.
Les avis sont fort partagés sur le côté exhibe, accusateur et provocateur. Le lecteur pourra googler sur le sujet et trouver des critiques et réactions à souhait. Je ne rentre pas dans le débat.
Quo qu’il en soit, l’expérience et les diverses réactions sont intéressantes. Me suis donc fait plaisir en achetant le livre publié par Actes Sud qui, au-delà du contenu, est un bel ouvrage à la fois par sa composition, la qualité des photos et supports – il contient des CD’s et des DVD’s.
Et puis il y le fond. L’initiative d’écrire une lettre de rupture ne tombe pas du ciel. Elle peut résulter d’un fait précis, d’une situation mal vécue, d’un sentiment de lassitude, d’une envie d’ailleurs... Je pense qu’elle peut aussi être une sorte de dernier recours, une dernière tentative de sauvetage d’un amour que l’on croit perdu mais que l’on espère de récupérer.
C’est intéressant de se mettre dans la peau de l’auteur. En écrivant une lettre d’adieu, l’auteur décale dans le temps une décision qui aurait pu résulter d’une conversation. C’est que le destinataire apprendra la fin de l’histoire comme si l’auteur s’adressait à lui au présent : « J’ai décidé de mettre fin à notre histoire… ». Les raisons invoquées seront tantôt des faits du passé, tantôt des sentiments au présent, tantôt des perspectives dans un avenir proche.
Quelques exemples successifs :
- J’étais follement amoureuse de toi mais il y a eu les premières fissures. Et puis le miroir s’est brisé […]. Tu ne pouvais pas être celui-là.
- Je suis d’une sensibilité trop différente de la tienne.
- Il vaut mieux y mettre fin dès maintenant car dans deux mois cela risque d’être encore plus douloureux.
Le destinataire aura compris que c’est la fin. Il n’aura pas nécessairement compris les raisons précises. Il peut les deviner mais la lettre empêche le dialogue.
Parfois, la lettre laissera une porte entr’ouverte. Je ne crois pas que ce soit un procédé très sain. Dans la lettre qui me fut adressée, elle ajouta « … et je pourrais être ta maîtresse de temps en temps.»
En lisant cela, autant que tout ce qui précédait tenait à un raisonnement et un constat que je parvenais à accepter, j’étais interloqué. Que voulait-elle dire ? Est-ce que cela signifiait qu’il resterait encore un espace commun rien que pour « baiser » à l’occasion ? Je n’écris pas « faire l’amour » car je trouve l’expression enfantine si l’acte ne cadre pas dans une relation durable et que les amants du moment le savent. « Faire semblant de faire l’amour » me parait plus correcte. Toujours est-il qu’en lisant cette phrase, je ne savais pas trop quelle sorte de période de deuil venait de commencer. Cette proposition me fit mal. Elle réduisait ce qui pouvait subsister à du coïte sur rendez-vous. Comme si l’amour n’avait été qu’un d’échappatoire inévitable à fréquence plus ou moins régulière des besoins physiologiques poussés respectivement par l’œstrogène et la testostérone et accentués par une perspective de libido satisfaite par toutes sortes d’endomorphines.
En m’écrivant cela, elle faisait de moi qu’un homme « comme tous les autres » qui, esseulé dans la solitude de son hôtel décide de faire appel à des filles de charme. Pour le coup, c’était un coup dans mon amour-propre. Je pensais jusqu’alors que j’avais un côté unique et que je n’étais pas comme les autres. C’est qu’elle m’avait souvent dit mais apparemment, elle savait revoir son opinion en fonction des circonstances et de l’effet recherché.
Elle avait oublié qu’avant de la connaître, cela ne m’était jamais arrivé. Cela faisait des années que je vivais à l’hôtel. Peut-être que je n’appartiens qu’à une minorité, mais « baiser » sans être amoureux, ce n’était pas mon truc et cela ne m’intéressait pas. Je note au passage que j’écris cela à l’imparfait. Aujourd’hui, je fais à nouveau l’amour que parce que je suis amoureux. Mais il y a eu un passage entre la fin de cette histoire et la redécouverte de l’amour pendant laquelle cela défilait dans mon lit, les « one-night-stands. » Je n’étais pas un moine avant de l’avoir connue mais je n’accordais pas beaucoup d’importance à la séduction et au sexe. La vie me donnait – et me donne toujours - tant de motifs de satisfaction et de plaisir que je pouvais passer des mois comme parfait ascète sans le moindre besoin de me « soulager » et de me rassurer. Je dois toutefois reconnaître que dans les semaines qui suivirent la rupture abrupte, j’ai eu beaucoup de mal à rester en place. La conjugaison de mon taux de testostérone et d’adrénaline combinée à la frustration de l’endomorphine avait fait de moi « une bête en manque ». Comme quoi, d’avoir goûté au sexe, en plus torride parce qu’elle était « très sexuée » suivant ses propres dires, a indiscutablement un effet d’addiction que j’ai dû guérir par doses successives dégressives.
Pour en revenir à la lettre de rupture, il y eut un deuxième fait plus ou moins inhabituel au niveau des circonstances dans lesquelles elle m’était parvenue. Elle m’avait envoyé un courriel avec une histoire drôle après m’avoir envoyé la lettre de rupture que je n’avais pas encore reçue alors qu’elle s’imaginait que je devais l’avoir reçue et lue. Mais elle se trompait. Je ne m’étais pas encore rendu à ma chambre d’hôtel où la lettre était posée sur mon bureau.
Imaginez-vous donc son étonnement quand je répondis à son courriel avec des mots du style « Gorgeous », « I Love you », « très fun ton histoire ». Comme l’objet était « la thermodynamique de l’enfer », je répliquais avec quelque chose du style « qu’avec un ange comme elle, cela chaufferait plutôt dans le ciel. » Bref. Elle devait se poser des questions sur l’effet de sa lettre de rupture…
J’avais été à Londres pour chercher de la lingerie exclusive que j’avais spécialement commandée pour elle quelques semaines auparavant. Son prénom était brodé dessus en diamants. Je voulais lui en faire la surprise ce soir-là et pris la voiture pour la rejoindre. Enfin elle prit mon appel téléphonique après quatre jours de silence…
14:02 Publié dans Rupture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : amour, sophie calle, rupture
Devinettes et pirouettes
Cela fait presque quatre ans qu’elle m’a abandonné. Elle l’a fait par lettre d’adieu sans avertissement aucun, juste quelques allusions.
Il y eut cette question la veille de ce qui serait notre dernière soirée : « Tu n’as pas peur d’être abandonné ? », question que je ne comprenais pas d’ailleurs. Je pensais qu’elle parlait de mes enfants qui me laisseraient tomber en apprenant que leur père était épris d'une autre femme. Je répondis "Non" ne soupçonnant pas qu'elle parlait de ses intentions à elle.
J’étais souvent parti en voyage pendant qu’elle menait sa vie à Paris pendant ce mois d’août.
_Tu sais qu’il y a beaucoup d’hommes seuls à Paris au mois d’août ? »
_Sans doute… »
_Il y en a qui me regardent quand je me promène en rue… »
_Cela ne m’étonne pas. Tu attires les regards ma Belle. »
Elle sourit, prit mon assiette et regagna sa cuisine simulant les pas d’une ballerine. Je ne me doutais pas qu’elle me fit une pirouette pour échapper à une poursuite de la conversation qu’elle avait lancée avec les idées bien rangées.
Entre le moment de notre dernière soirée passée ensemble et la découverte dans ma chambre d’hôtel de sa lettre d’adieu, il s’est passé quatre jours interminables pendant lesquels j’essayais de l’avoir au bout du fil. Pas de réponse ni à mes messages laissés dans sa boîte vocale ni à mes textos. Je m’inquiétais. Pendant notre dernière soirée, elle m’avait demandé de ne pas rester la nuit : « Je ne me sens pas bien. Cela m’arrive de temps en temps. » Je me demandais si elle avait des ennuis de santé. En me rappelant plus tard nos derniers moments passés ensemble, je me suis rendu compte que c'était une mise en scène qu’elle avait préparée depuis quelque temps.
Mais au moment même, je n’avais pas encore saisi ses intentions de ne plus me revoir après m’avoir raccompagné à la porte de son appart.
_Tu es sûre que tout ira bien ? »
_Ne t’en fais pas Alexander. Ce n’est que passager. Demain, tout ira mieux. »
Je l’embrassais sur les lèvres. Elle me sourit : « Bonne nuit mon amour. Sois prudent en rentrant. » Et elle ferma lentement la porte derrière moi tout en me fixant du regard avec le sourire.
_Bonne nuit, ma Belle ! »
Je croyais lire la tendresse dans ses yeux et dans son sourire. La porte se referma. Plus jamais je ne la reverrai.
Bien plus tard, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de tendresse. Le coup était préparé. Elle avait décidé de s’y prendre en douce. Elle savait vu ses envies d’ailleurs et autres externalités qui me rendaient encombrant.
L’été touchait à sa fin. Bientôt, c’était la rentrée. Elle savait que tôt ou tard, elle ne pouvait plus cacher l’inconnu que j’étais envers ses proches et ses amis. Elle leur avait parlé de son mystérieux amant. Son divorce suivait son cours. Elle espérait en retirer quelques compensations. L’argent et le pouvoir l’attiraient. Le sexe aussi. Sans doute était-ce pour cela qu’elle avait décidé, quelques mois auparavant, de s’abandonner à son soi disant deuxième client en refusant qu’il lui paye le prix convenu.
00:50 Publié dans amour, Rupture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : simuler, adieu, abandon


