04.12.2009

Fast Walk

Après le fast food et le fast love, il y a le fast walk: une manière de découvrir une ville en une promenade de moins de 45 minutes, de prendre quelques clichés à la japonaise, faire un petit commentaire question de donner l'air de se cultiver et puis retour à l'hôtel pour bosser. Ben oui, c'est pour cela que je suis à Mexico City.

Je vous invite à me suivre.

Il y a cette façade d'un supermarché qui tente d'immiter celle des Galeries Lafayette. C'est pas aussi féerique mais c'est plus sympathique à l'approche de Noël. En plus il y a un soleil agréable. Il fait 26°. C'est vrai qu'il n'y a pas de neige mais bon, il y a quelques marchands de glace pour compenser.

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A côté, la belle cathédrale. En vrai, les travaux de restauration gâchent la vue ainsi que le trafic infernal. Mais comme cela ne se voit pas sur la photo, j'ai décidé de la publier.

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Ils sont plus tolérants que chez nous ces chicos. Le port d'une burkha qui ne cache pas le visage, est toléré. Peut-être une exemption à prévoir dans le projet de loi interdisant son port.

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 Je - et si vous parvenez toujours à me suivre - nous tombons sur une crèche de Noël qui confirme qu'ils sont vraiment tolérants. Joseph est décidemment gay.

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Partout au monde, l'amour c'est beau. Il rend aveugle aussi mais ça, ils s'en foutent et tant mieux pour eux
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La seule belle femme que nous aurons vue, était sculpturale. Je pensais qu'elle s'appelait "Jouissance" mais en mettant mes lunettes, je vois qu'elle s'appelle "Douleurs". J'aurais dû le savoir car ici, elles s'appellent tout le temps "Dolores" (NDA: parfois précédé de Maria).

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Les historiens ont toujours cru que les Aztèques sont mort de la grippe espagnole. Plus récemment, certains affirment que c'était à cause de la grippe mexicaine. Ils ont tout faux. Je vous dis que c'est la constipation qui les a fait disparaître. Suffit de bien observer pour comprendre.

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Cirage de chaussures: 100 Pesos. Finition en bouche: + 100 Pesos. Avouez que ce n'est pas cher.

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J'aime bien cette oeuvre d'art moderne. En vrai, on dirait un cortège de fantômes. En photo, ça ne donne presque rien. Pas le temps de trouver un bon angle. C'est un fast walk après tout. 
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Nous croisons la n-ième manif de la journée. Selon la police, pas plus de 100 manifestants sans compter la police car police comprise, ils sont trois cents d'après moi. Un pays de rêve selon Sarkozy.
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Voilà. Retour à l'hôtel "Sheraton Centro Historico". Pas la peine de le prendre en photo puisque demain il change de propriétaire pour devenir un "Hilton". Rien à voir avec Paris. D'ailleurs Paris Sheraton n'existe pas. Il y a pas photo.
Sur ce, vu le décallage horaire, je vous souhaite une bonne poursuite de vos rêves alors que moi, je retourne bosser. Z'en avez de la chance.
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09.11.2009

Classified

Région de Kassel (Allemagne), septembre 1988 – La manœuvre de l’OTAN « Golden Crown » touche à sa fin. Plus de 300.000 soldats US, britanniques, allemands, hollandais et belges étaient déployés sur la rivière Weser dans le plus grand exercice militaire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Près de 20.000 véhicules militaires dont un tiers venus directement des Etats-Unis.

 

Ce fut un « Big Success » selon le commandant en chef.

 

Des années plus tard, je me souviens. Nous pensions que le Rideau de Fer était fait pour rester à moins qu’un jour, le camp ennemi déciderait de le franchir pour envahir l’Europe de l’Ouest. Ce que l’histoire ne dira pas [encore], c’est que des incursions dans l’autre sens ont bien eu lieu. Evidemment, c’est « classified » et ce qui est décrit ci-après ne sera rendu publique qu’en septembre 2038.  

 

L’unité multinationale dont je faisais partie comme « rappelé », dénotait à la fois par son nouvel uniforme bariolé aux couleurs d’automne mais également par sa mission « réelle ». Nous ne jouions pas comme notre rôle consistait à évacuer des combattants isolés en terrain ennemi : il pouvait s’agir d’un pilote abattu, d’un agent de renseignements, d’une unité de commandos ou d’un blessé grave en terrain hostile. J’ai toujours détesté le service militaire obligatoire mais je reconnais que j’adorais ce type de mission non seulement pour son côté aventure mais aussi parce qu’elle demandait énormément de préparation, de précision, d’action furtive et de diversion, de technologie et de coordination. Quand l’ordre de récupérer un ou des « isolated soul » parvenait à notre unité, généralement une équipe de six personnes décollait dans un hélico US immense – un Joly Green Giant, « JGG ». C’était grisant surtout que nos zones d’intervention se trouvaient parfois au-delà du Rideau de Fer… . Je passe le détail sur nos moyens technologiques pour repérer la cible et pour empêcher les défenses ennemies de nous repérer comme cible – ce qui pouvait s’avérer très gênant - à notre tour. Inutile de préciser pourquoi nous ne « jouions » pas. Se faire prendre revenait à ne plus revoir ses proches pendant quelques années. Dans le meilleur des cas.

 

Si la cible était un blessé grave, pas le temps d’improviser non plus. Il fallait sauver une vie humaine. Pas question de « jouer » au soldat.

 

Le dernier jour de la manœuvre « Golden Crown », nous devions récupérer un commando allemand qui avait eu une mission de reconnaissance secrète dans l’arrière-pays ennemi. Le lieu du rendez-vous nocturne se trouvait à plus de cents kilomètres à l’intérieur de la RDA. C’était risqué comme le Pacte de Varsovie était lui aussi en alerte maximale si jamais la manœuvre « Golden Crown » débordait au-delà du Rideau de Fer. Notre équipe était composée d’autant de nationalités que de pays participant à l’exercice. C’était tous des spécialistes militaires hyper-entraînés sauf moi. En cas de pépin – lisez « capture », je devais donner à notre mission un caractère « d’exercice » et faire croire à notre adversaire pendant la Guerre Froide que nous nous étions égarés. Un « rappelé » du civil comme moi servait d’alibi. Humm.

 

L’hélico avançait dans la nuit. L’officier navigateur venait de repérer le signal du commando isolé: « Ça y est, je l’ai. RV dans un peu moins de sept minutes». Il fallait s’accrocher dans tous les sens du terme : nous devinions à peine le paysage nocturne qui défilait à toute vitesse sous le JGG fonçant à plus de deux cents kilomètres à l’heure en rase-mottes entre les arbres… Nos systèmes avaient bien fonctionné : nous nous posions en lisière de bois au lieu prévu. Une surprise nous attendait. Le commando était bien là mais… il n’était pas seul. Avec lui, un jeune couple et un bébé : « Emmenez-les également ! ». L’équipe se tourna vers moi : « Pouvons-nous faire ça ?!! ». « C’est strictement interdit ! Nous ne sommes même pas sensés d’être là… » Le commando allemand m’interpella : « C’est mon cousin. Il veut un avenir pour sa famille. L’abandonner maintenant revient à les condamner à mort ! Ils crèveront tous.» Je ne pouvais appeler le QG par radio au risque de nous faire repérer et de déclencher un incident diplomatique majeur. Un de nos gars sortit l’argument qu’il fallait « Tu n’es pas un militaire, juste un gars de la réserve. Alors quel risque prends-tu ?  Moi, je te dis qu’il faut les emmener avec nous. »

 

A quatre heures du matin, l’hélico se posa à l’aéroport militaire US de W***. Le commandant nous attendait sur le tarmac : « Bien joué les gars. Mission réussie. Capitaine Nemo, venez avec moi pour le debriefing. »

 

Dans la Jeep qui nous conduisait au Mess, le commandant se tourna vers moi : « J’avoue que j’étais fort inquiet et qu’en réalité, je suis loin d’être satisfait. Pourquoi vous vous êtes posés près de Giershagen en RFA, sans annoncer cet arrêt au QG ? »

 

« L’hélico a raflé quelques branches d’arbres. Le pilote voulait les enlever pour qu’elles ne rentrent pas dans les bouches d’aspiration des turbines. »

 

-« Ah bon ? Rien que ça ! Cher ami, une section d’arbitres[1] a vu l’hélico se poser dans un champ non autorisé[2]! La mission devait être secrète ! »

 

« Tant que ce n’étaient pas les Soviets qui nous aient repérés, je ne vois pas où est le problème, mon commandant. »

 

«Ah vous les réservistes. C’est toujours pareil. Jamais sérieux. Bon. Oublions cela mais la prochaine fois, vous perdrez vos gallons. »

 

Après le débriefing, je rejoignis l’équipe au Festhalle pour fêter la fin de la manœuvre. Plus de trois cents officiers des pays participants étaient là. La bière coulait à flots. A un certain moment, un jeune lieutenant allemand s’avança vers moi : « Capitaine Nemo ? »

« Oui ».

« Je suis le lieutenant Otto N***, Bundesheer. Vous me reconnaissez ? »

« Ah, vous voilà. Sans votre camouflage de singe bariolé, vous me paraissez plus sympathique ! »

« Je voulais vous remercier de la part de mon cousin.»

« Quel cousin ? »

« Je vous ai exposé, vous et votre équipe, à d’énormes risques.»

« Je ne connais pas votre cousin et je ne sais pas de quoi vous parlez. »

« Je voulais juste vous dire qu’ils sont tous sains et saufs. Ils ne vous dénonceront pas. Ils sont maintenant chez moi à Giershagen.»

« Comment avez-vous su que cela se passerait ainsi ? Nos interventions ne sont pas annoncées… »

« Vous avez vos secrets. J’ai les miens. Je ne peux pas vous expliquer comment nous nous étions organisés pour être au rendez-vous. Mais je tenais à vous remercier au nom de toute ma famille. Mon pays est divisé. De l’autre côté, des Allemands comme moi, souffrent. Vous et vos hommes, vous venez d’en sauver trois. Cela ne s’oublie pas. Encore merci. »

 

Mon équipe qui suivit la scène, était devenue silencieuse. Le jeune lieutenant nous salua et partit. Je ne l’ai plus jamais revu.

 

Un an plus tard, je regardais les images de la chute du mur de Berlin en direct à la télé. Je n’ai jamais eu beaucoup de sympathie pour les Allemands mais là, je n’ai pas su retenir mes larmes.

 

  

 

 

 

 

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[1] Militaires chargés de contrôler le déroulement de la manœuvre.

[2] Lieu qui n’était pas repris dans la zone officielle des manoeuvres

15.10.2009

Les Petits Pas

lune-200_jpg.jpgLa manoeuvre était compliquée : d’abord contourner la lune, ensuite revenir sur le devant après quoi il fallait retourner en arrière et puis se poser tranquillement sur la surface lunaire.

 

A ce moment-là, nous devions crier « L’HOMME MARCHE SUR LA LUNE !! »

 

Mon co-équipier et moi, nous nous étions parfaitement entraînés à effectuer les mouvements sans la moindre hésitation. Mais là, ce n’était plus de la simple répétition, c’était pour de vrai. Tous les yeux de notre petit monde nous fixaient.

 

Heureusement que des semaines de préparation nous avaient habitués à bouger dans notre combinaison d’astronaute qui nous faisait ressembler au bonhomme de Michelin.

 

Notre instructrice nous avait appris à parler à voix forte dans ce bocal embué qu’était notre casque. Peut-être que cela fait sourire mais pour nous l’effort paraissait surhumain.

 

Je me rappelle que pendant des soirées entières mes parents et ma petite soeur écoutaient avec patience mon récit de l’épopée en préparation. Ils étaient fiers que leur fils, jusqu’alors un tantinet timide, avait été choisi pour cette mission lunaire que l’on ne confie qu’à ceux qui ont l’étoffe d’un héros. C’est en tous les cas ce que j’ai appris quelques années plus tard. Au moment même, je ne pensais qu’à bien faire ce que toute la classe attendait de moi.

 

Le moment fatidique, je ne l’oublierai jamais.

 

Voilà que nous étions projetés sur les devants de la scène. J’avançais avec mon co-équipier d’un pas lent et presque synchronisé tenant par les mains notre engin spatial en forme de fusée.

 

Le public était débout et applaudissait dès que nous apparaissions. Je voyais mes parents et ma sœur qui me souriaient.

 

Alors que retentissait un impressionnant « Also sprach Zarathoustra », les deux would-be héros du moment entamaient la manœuvre finale : ils contournaient un gros ballon jaune qui faisait office de lune. J’étais très concentré à ne pas rater le virage… Zarathoustra devint muet et le silence se fit.

 

Soudainement, un gros tremblement s’empara de notre fusée. Je sentais derrière moi mon co-équipier qui flanchait... Je me retournai et lui soufflai de tenir bon. Je voyais que cela n’allait pas : « Je…Je n’en peux plus !! » et alors que le souffleur chuchota « L’homme marche sur la lune », il lâcha la fusée, enleva son bocal d’astronaute et lança un énorme cris de désespoir à travers toute la salle: « JE DOIS FAIRE PIPIIIIII !!! ».

 

Le public éclata de rire et mon co-équipier ne contenait plus ses pleurs ni sa vessie…

 

Ainsi donc se termina notre odyssée à bord de notre fusée en carton. Partis en héros pour alunir dans la Mer du Silence et voilà que nous terminions, la combinaison n’étant pas étanche, en zéro dans une flaque de pipi…

 

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais cinq ans et déjà une  première expérience des lois de Murphy. Et tout ça pendant une petite pièce de théâtre montée à l’occasion des fêtes de la maternelle.

 

Depuis lors je sais que les enfants, ils ont leur espace, leur imagination et leur sensibilité. Ce qui pour nous adultes paraît anodin, pour eux et leur monde fait de petits pas, tout est important. J’ai eu cette chance d’avoir eu des parents attentifs. Malgré le raté du voyage vers la Lune, ils ont continué à m’encourager tout au long du chemin de la vie tout en gardant les pieds sur terre.

 

De tout cœur, je leur dis: « Merci !! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01.10.2009

Fait divers

Ce matin au bistrot où j’ai l’habitude de prendre mon petit-déjeuner, un fait divers dans Le Parisien m’interpelle lourdement. Soudainement, je me retrouve trente huit ans en arrière et je m’en souviens comme si c’était hier.

 

J’adorais ma tante. Quand j’étais petit, elle me prenait par la main pour découvrir le beau jardin arboré qui entourait sa maison. C'était une très belle femme, douce, souriante et attentive, un peu effacée.

 

Mon oncle, sous ses airs austères de magistrat et de professeur en droit, faisait un peu son contre pendant avec sa personalité très présente. Mais c’était un homme sensible avec beaucoup d’humour. Fils de ministre, il n’en ratait pas une pour vouer au diable le monde politique.

 

Leurs trois enfants, une fille et deux garçons, étaient mes cousins préférés. Ils étaient beaucoup plus âgés que moi mais comme je passais souvent des séjours plus ou moins longs chez eux pendant que mes parents étaient partis à l’étranger, nous étions devenus très proches.

 

Mon oncle était également un romancier intimiste assez connu de la littérature néerlandaise. Il fut un des premiers auteurs de souche catholique à décrire avec beaucoup de sensualité tout l’amour qu’il éprouvait pour sa femme dans ses romans à forte empreinte autobiographique. 

 

Un drame effroyable a mis fin à cet amour parfait et déchiré le cœur de nous tous.

 

Un détraqué sexuel purgeait une peine de quatre ans ferme pour cause de viol d’un mineur. Un weekend, pendant un congé pénitentiaire, il a sauvagement aggressé ma tante qui se promenait dans le bois avoisinant sa propriété. Son corps fut découvert la veille de Noël par mon cousin aîné. Selon le médecin légiste, elle a dû encore se traîner sur une dizaine de mètres avant de succomber à ses blessures. Violée et quarante-six coups de canif.

 

Avant elle, il y a eu une fille de dix-huit ans. Après elle une autre victime de trente quatre ans.

 

La justice n’a donc rien appris.

 

Le Parisien de ce matin m’apprend qu’une joggeuse de quarante deux ans a été  assassinée par un violeur libéré. Je n’ai pas su terminer mon café et suis sorti en larmes.

En lisant le drame qui est arrivé à cette femme que je ne connais pas, j'éprouve une douleur semblable à celle qui m'a ravagé il y a presque quarante ans. Je pense aux proches de la victime qui eux aussi...

 

Mon oncle est décédé depuis quelques années. Mes cousins ont été marqués à vie. L'aîné, jeune avocat brillant, a tout laissé tomber pour devenir sculpteur. Ses œuvres sont des références à la mémoire de celle qui n’est plus.

 

Ma tante repose dans le jardin qu’elle aimait tant. Sur sa tombe, un texte tout simple : « Ma douce compagne, où es-tu restée ? »

 

  

  

  

 

 

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28.09.2009

Catharsis

Il m’arrive parfois, heureusement de moins en moins, de penser à vous ou plutôt, à nous.

 

Je ne regrette rien. Vous resterez un souvenir qui m’aura marqué. En m’ayant congédié du jour au lendemain, vous m’avez permis de me retrouver, de devenir plus entier. Vous avez été instrumentale dans ma découverte des émotions et des sentiments que jusqu’alors je n’exprimais jamais.  Je pensais à tort que notre histoire nous élèverait. J’y mettais des espoirs que je ne parvenais pas encore à partager n’étant, dans ma candeur, pas encore capable de les nommer. Il y avait trop de barrières et de zones réservées imposées.

 

J’en subissais les propos et commentaires sans vraiment les saisir. Il fallait que je vous aime en observant le secret. Il fallait que je me taise pour ne pas vous exposer. Il fallait que j’essuie vos larmes et que je vous prête mon épaule. Il fallait que je vous baise pour vous rassurer de votre féminité.

J’en ai entendu les reproches dont la violence m’empêchait de les comprendre. Puis il y a eu cette rupture indigne et feinte, une blessure qui affecta mon ego et que je ne vous pardonnerai jamais. Un cinéma qui ne fut ni plus ni moins qu’un dénigrement de mon être. Je payais les conséquences de tout le mal que d’autres vous ont fait.

 

Le temps a fait son œuvre et j’ai eu cette chance de rencontrer celle qui me rend meilleur homme à chaque instant de la vie. Pas que ce soit facile ou évident. Mais la confiance et le respect partagés permettent à l’amour de se développer et à ne trouver qu’une cause de bonheur que dans l’épanouissement de l’autre, source essentielle de l’épanouissement de soi.

 

Du reste, je n’ai plus rien à vous dire et encore moins à vous expliquer. Cela ne vaut plus la peine et ce ne serait qu’une perte de temps vu l’opinion que nous garderons l’un de l’autre. Nous étions profondément incompatibles. Mon pire ennemi, dans l’hypothèse où j’en aurais un, je le verrai toujours comme un être humain qui par la force des choses se sera trouvé en face de moi. Cela ne m’incitera jamais à le vouer aux enfers car je sais que derrière sa force et sa faiblesse, il y a un être humain que je respecte.

 

Vous, c’est différent. Vous n’êtes pas mon ennemi. Vous êtes inqualifiable. Mettez-y le sens que vous voudrez pourvu que ce soit un propos qui transforme l’être en objet indigne d’intérêt de la part de quelqu’un qui un jour vous a aimée. En la matière, vous ne manquerez pas de vocabulaire arrogant, insultant, cruel ou dénigrant question « to make you feel better ».

 

C’est tout. Je ne regrette rien en ce qui vous concerne.

 

Depuis longtemps, le deuil, façon de parler, est consommé.

 

Une histoire s’est confondue avec et aura disparu dans la banalité - un souvenir à ne plus évoquer.

24.09.2009

A day in life

Déjà je vois son sourire quand elle m’appelle.

Elle me fait du bien.

Moment d’oubli.

Envolés les soucis le temps de

l’entendre raconter sa journée

sous un ciel morose à dix mille lieux d’ici.

Elle me réchauffe.

Je la vois devant moi.

Elle demande si les enfants vont bien.

Elle s’en fait pour ma santé.

Je la rassure.

Le virus ne tue pas le désir.

Elle sourit.

Ses mots me caressent.

Je la sens toute proche.

Aucune envie de raccrocher.

Parle ma Belle.

Tu es mon souffle de vie.

 

Je traverse la rue en direction de l’hôtel. Les voituriers me saluent. Envie de balancer ce porte- documents aux pièces si importantes frappées de la Marianne et autres apostilles d’ambassades de pays à la con. Avant-soirée consacrée à la lecture des projets de budget.  Dîner formel à vingt heures. Costume diplomate de rigueur.

 

Retour à l’hôtel. Pas le temps pour le blog. Une douche rapide. Juste un copié-collé de mon journal intime et puis au lit.

 

Tomorrow is another day. 

19.08.2009

Cascais, mon Amour

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_Ils ont peint les murs en blanc ! C’est beaucoup plus joli ! » s’écria Saown en pénétrant dans l’enceinte de la Citadelle de Cascais, quelques kilomètres à l’ouest de Lisbonne. Elle me sourit. « Je suis heureuse d’être ici avec toi. ».

 

Je l’écoutais pendant que nous parcourions ce qu’elle appelait « ma maison ». Parfois elle éprouvait du mal à parler, prise qu’elle était par l’émotion en revoyant ce lieu d’une enfance déracinée. Malgré son sourire, je vis une larme apparaître au coin de ses yeux. « Disculpa » me dit-elle. « Ne t’en fais pas ma Belle. » Je la serrai contre moi.

 

Elle se souvenait. Dix ans auparavant, elle est arrivée dans ce fort austère comme réfugiée. Elle n’avait rien. Pas de papiers, pas de parents, pas de valise, seule avec sa cousine. Elles avaient été placées à bord d’un bateau de pêche pour échapper aux tueries aveugles perpétrées par des rebelles dans la ville de Bissau. Plus d’un mois en mer, refoulées partout pour enfin arriver au Portugal.

 

_Tu sais, je n’avais que treize ans. Les Portugais nous ont accueillis. Pour nous, les murs solides de cette citadelle signifiaient la vie. Dans mon pays, les gens s’entretuaient. La vie ne valait rien. Ici, nous avions un toit et de la nourriture. Je me suis fait beaucoup d’amis avec qui nous jouions dans l’enceinte du fort et à la plage de Cascais. Je pense que nous étions trop jeunes pour comprendre le drame que vivaient nos parents restés à Bissau. »

 

Saown me montra le dortoir des filles : une longue salle au murs en pierre dénudés dont les fenêtres étaient à trois mètres au-dessus du sol. « C’est là que se trouvait mon lit ! » Me dit-elle et elle se mit dos au mur : « A ma droite dormait ma cousine. A ma gauche mon amie Duda, tu sais, la grande noire que tu as rencontrée à Sao Paulo. C’est ici que nous sommes devenues amies. J’aime y penser. »

 

_Tu as dû avoir froid pendant l’hiver… »

_Non. Je ne me rappelle plus. J’entends seulement le bruit du vent et des vagues qui nous rendait silencieux. Nous rêvions de notre pays que nous ne reverrions peut-être plus. Nous priions pour nos parents dont nous n’avions pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois. Cela je ne l’oublierai pas.

 

Mon Africaine ne se plaint jamais. Elle a toujours un regard souriant. Je le lui dis. En réponse, elle tira la langue.

 

_Tu es une vraie gamine Miss Saozinha ! ».

_Tu oublies d’ajouter que je suis coquine aussi ! Essaie de me rattraper !! » Et elle se mit à courir vers les remparts surplombant la mer. Je la rejoins. Elle regarda la mer. Je la pris par les hanches.

_Pourquoi tu ne cherches plus à m’échapper ? »

_Parce que j’ai envie de toi… » D’un geste sans équivoque elle frotta ses fesses contre mon sex et retourna sa tête pour me lancer un sourire ravageur comme elle seule sait le faire.

_ Saown ! Un jour, you gonna kill me ! »

_Yes !! » Fit-elle en fermant les yeux et en croisant les bras derrière ma nuque pendant que je lui caressais le ventre.

 

Adorable créature. Cadeau des dieux venu de cette terre lointaine aux confins du Sahel.

 

Saown voulait que la visite de la citadelle se termine par un passage à la Chapelle.

 

_Tu ne m’en veux pas si j’allume une bougie et que je prie à la Sainte Vierge? »

_Bien sûr que non. Prends ton temps ma Chérie. »

 

Je la vis s’agenouiller devant la statue de la Sainte Vierge. Je m’éloignai et l’attendis dehors. Le temps était radieux. Cinq heures de l’après-midi. Un soleil toujours aussi généreux. J’étais content d’avoir découvert avec elle une partie de son passé. Je pensai à cette phrase : « Qui n’a jamais été réfugié, ne sait pas ce que vaut la vie… » D’où détenait-elle cette force et cette joie de vivre ? Les conditions de vie dans cette citadelle transformée en camps de réfugiés auraient fait peur à n’importe quel enfant. Elle, elle ne s’en faisait pas. Elle me rejoignit quelques instants plus tard : « Nemo, je voulais te dire que je suis très heureuse. »

 

Nous reprenions nos bicyclettes : « Maintenant, j’aimerais te montrer mon école. Ce n’est pas très loin. Suis-moi mon Amour! ». Elle se mit à chanter en Brésilien en remontant la longue côte en direction de son ancienne école. Avec ses jambes interminables, son visage divin, ses yeux noisette et son sourire ravageur, elle attira tous les regards sur son passage. « Tu es très sexy sur ton vélo, ma Belle ! » Lui lançai-je. « Just for you my Love !» Qu’elle répliqua sans se retourner.

 

Arrivé à l’école, Saown était très émue : « Tu sais,  sans cette école, sans doute je ne serai restée qu’une noire africaine incapable de lire, sans aucune instruction. Tu n’aurais jamais rencontré cette étudiante à Sao Paulo… Je crois au destin, à notre destin. La Sainte Vierge à la Chapelle, elle m’a écoutée quand j’étais une petite fille perdue, une réfugiée sans avenir… C’est pourquoi, je tenais à revenir pour la remercier. »

 

_Saown, tu sais que je ne crois pas en un dieu tel que les hommes aiment le voir à travers leurs religions. Mais à t’entendre, s’il devait exister, ton nom doit être gravé dans sa main… »

 

Je l’embrassai doucement sur la joue. Cette journée passée avec Saown à Cascais, « Cachecaiche » comme ils disent au Portugal, restera gravée dans ma mémoire.

04.08.2009

Avec le temps...

 

 

Tellement de choses à faire, tellement de sujets à décrire mais non susceptibles d’être publiés dans un blog. Si seulement je pouvais dégager un peu de temps pour cet espace-ci…

 

Et puis, faut pas oublier que le français n’est pas ma langue maternelle ce qui fait qu’avant de poster, ben oui, faut que je vérifie un peu plus que d’autres ce qui sort de ma plume. C’est que je déteste les fautes d’orthographe, de grammaire ou de ponctuation avant même d’évaluer le contenu d’un billet.

 

Je me fais vieux sans doute.

 

Pas que cela m’affecte. J’ai toujours accepté les choses de la vie telles qu’elles se présentent.

 

Sans doute parce que j’en ai vu beaucoup partir. Des proches et des inconnus.  Et cela ne fût pas toujours très drôle. Ayant été ambulancier volontaire, j’en ai vu des vertes et des pas mûres…

 

Je suis passé moi-même à quelques reprises tout près d’une dalle marquée d’une épitaphe du style « parti trop tôt » quand j’étais môme ou « toujours prêt » quand j’étais scout ou « parti au ciel » quand mon avion a raté la piste d’atterrissage ou « emporté par la maladie entouré par ceux qu’il soignait » quand une sale bestiole de la brousse a failli me bouffer moi aussi.

 

 Pourquoi j’écris tout ça… ?

 

Je ne sais plus.

 

Ah oui !  Cela me revient. J’écrivais donc – en résumé - que je me fais vieux et que je m’enfous.

 

En fait, je m’en fais quand même un tout petit peu de temps à autre.

 

Pour me rassurer, ma compagne qui a vingt-huit ans ET trente jours ET six heures de moins que moi, me dit toujours que l’âge n’a pas d’importance. Peut-être qu’elle a raison mais je sais une chose, il avance. Impossible de faire demi-tour, impossible de la laisser me rattraper – je parle de l’âge. Du reste, elle peut me rattraper quand elle veut et où elle veut. J’adore.

 

Le temps m’a toujours passionné. J’ai souvent tenté de transformer les formules de la relativité en applications concrètes. Des films comme « Back-to-the-future » ou des histoires comme « The-Time-Machine » de H.G. Welles m’ont émerveillé. A douze ans, Encyclopedia Brittanica à l’appui, j’avais construit un engin qui aurait dû me permettre de me déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. L’expérience s’est terminée quand tous les plombs de la maison ont sauté… Cela aurait pu faire une belle épitaphe de plus. M’en suis sorti avec une fessée. Depuis lors, j’ai toujours tiré la langue en direction des posters d’Einstein. Je comprends aussi pourquoi ses cheveux pointaient dans tous les sens : ce n’est pas très bon de mettre les doigts dans une prise d’électricité…

 

Je m’égare. Autre signe de…

 

Faut que j’abrège.

 

J’ai hâte d’entendre ma belle au bout du fil avant que je n’oublie.

 

_Coucou ma Belle. Tudo bem ? »

_Siiiim. J’ai fait du shopping !! »

_Ah oui ? Tu as acheté plein de jolies choses ? »

_Ouiiii !! C’est très sexy. Tu vas adorer. J’ai acheté de la lingerie et … »

 

Ne sachant pas si des jeunes oreilles peuvent entendre nos propos, je n’écris pas l’intégralité de notre conversation de deux heures dans ce billet.

 

En tous les cas, c’était rafraîchissant et plein de bonne humeur. Certes, un zeste coquin également mais comme il n’y a pas d’âge pour vous voyez ce que je veux dire, elle m’a totalement changé les idées.

 

Faut pas que j’oublie de prendre mes vitamines au ginseng.

 

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21.07.2009

About the French

 

(Extrait d'un billet écrit il y a quelques années à l'attention de visiteurs étrangers en France...)

 

My experience with “The French”, whether professional or private, open or intimate, friendly or hostile, cultural or gastronomic, stretches over several decades with variable intensity and about six years of semi-permanent stay in the City of Light. I-don't-remember-who once stated that “an experienced person is someone who committed many mistakes but never the same.” Hopefully my own large experience will be helpful to newcomers in France…

 

France is a permanent paradox: “black & white”, “inspiring & conspiring”, “moralizing & cheating”, “left & right”, “visionary & deceitful”, “republican and corrupt”, “Monogamous & permanently two-timing”, “grandeur & decadence”.

 

Since I am far from being a masochist, I clearly like France and even love (most of) its people. But it took me some time to find out some rules and guidelines to survive the French and eventually live “like a King in France” - without losing my head... If you’re well off and living in the nicer part of Paris or countryside, France really is a paradise. But of course, there are the French…

 

To the non-French, my opinion might sound frightening because the French are really peculiar and full of contrast. Don’t be afraid and don’t be surprised. I went through some roller-cast experiences in business and private matters. The French are a strange and unpredictable mix of rational thinking and emotional behaviour. The clue is to find out which part prevails. Once you got that, try to use it to your own advantage. In saying so, I clearly demonstrate I already picked up something about them…

 

Some basic rules to survival in France:

 

Never trust a Frenchy whether it is your business or bed partner. I mean NEVER. Once you stick to that attitude, Frenchies really become enjoyable. Most foreigners might find this a real obstacle in linking up with them. That shouldn’t be the case. If Frenchies cannot be trusted, this has to do with various enrooted cultural, historical, educational, chauvinistic and individualistic bias.

 

A Frenchy always acts or reacts out of self-interest. As long as this basic attitude can be satisfied, they are just wonderful. But be aware that they can suddenly put a dagger in your back while the day before they celebrated your lifetime partnership.

 

How come? First, their public educational system: it privileges the “concours”, a way of filtering out the best students by competition. Teamwork and sporting efforts as catalyst of personal developments are not part of the scheme.

 

The best or ‘elite’ is intended to serve the State or state-owned corporations. Since state and politics are interwoven, a Frenchy, if he wants to make it, clearly has to look after his own personal interests and be very suspicious about his competing colleagues’ career moves. So, a Frenchy will always act ‘politically’ meaning he will put the effort where his own self will be mostly rewarded. That is for the “professional side”.

 

The Frenchy also looks after his “allure” and ability to seduce. The French, and here Napoleon definitely had an impact, are historically conceived to conquer. If not countries or businesses, then at least female hearts. Being a conqueror or seducer is encoded in their genetic material talking about males. Being seduced, pampered, spoiled by a gallery of lovers, is the female’s existential meaning of life.  

 

Within France itself, it is the contest for acquiring power and women that prevails. And most Frenchies play the game without being victimised. As long as nobody looses his/her face, the French are totally committed to seduce, secret love affairs, cheating, … Very seldom this shocks. “C’est normal”. If, as a foreigner, you get caught by a French love affair, don’t be surprised if in overnight she or he is suddenly gone whatever you believed in until that very moment.

 

This could sound demoralizing to the non-French. In fact, it shouldn’t once you are aware of it.

 

An example.

 

If you are with a female partner, permanently ask her whether she is still satisfied and “not yet looking outside” your partnership. In other terms, check on her personal interest and self satisfaction. Even if her answer will be different from her thoughts, you might have a good chance in stopping her tendency to leave the partnership. Questioning her on her intentions always triggers some unspoken reaction such as “My God, how did he know I had sex two hours ago with his best friend?”

 

To hide that reaction, French charm will overwhelm you in all its neutralizing and convincing power. Since that forces you also to an extra-effort (“dîner aux chandelles, bijou de Cartier, sac de Hermès, parfum de Chanel, bouquet de roses …”), you just saved your partnership.

 

Please note that the French are probably the only species where both male and female are experts in seduction. It is part of life.

 

In politics, they are absolutely marvellous. Whether leftist or rightist, lying is seen as morally neutral. Everybody knows that Jaco is a crook, everybody knows that Mitterand forced public companies to pay bribes to his party. But it is accepted. That the successive Presidents – Monarchs without a crown – apart from de Gaulle who was an exception that confirmed the rule, were continuously fooling their spouses, didn’t offend anyone. It even gave them a positive image of “conquerors” towards the female voters.

 

France cultivated a kind of newthink – referring to Well’s newspeak, reality can be fairly different from the way the French perceive it. Since the French are one of the most “monoglot” people in the world, they seldom read or hear how the non-French media comment on them. When Jaco tried to convince the US that starting a war in Irak was immoral and illegal, how many French saw the foreign press commenting on the fact that “it is hard to accept lessons from a crook.” …?

 

“Grandeur & Décadence” are really omnipresent.

 

The non-French probably never have known Serge Gainsbourg – even if this musical genius created many soundtracks for the American movie industry. That guy represents most of the French strong and weak points: wonderful songwriter and composer, fantastic cultural background, incorrigible seducer despite his untidy appearance, sometimes incredibly arrogant and provocative, mostly plain drunken, mixing imagination and truth.

 

The guy was lucky when on national television he once declared to Witney Houston during a prime time show: “I want to f… you right now!”. The French found it absolutely hilarious. If this would have happened in New York, he would still be paying his lawyers…

 

Anyway, back to the initial advice by way of a conclusion on the first rule of survival: never trust the French. Don’t blame them for their lack of fairness. They ignore team play, they mix up facts and opinions, they think their perception of reality is the only right one. They have been dressed to self-fulfilment. Tant pis pour les autres. Un pour tous, tous pour moi.

 

So, dear fellow “in-patriate”, I warned you. What they tell you might be quite the opposite of what happened.

 

Not only to the female but to all the French, the mind sets the truth, not the naked fact. They will always ‘dress’ up the latter so that it suits the way reality should be and not as it is. Napoleon understood this perfectly well: "It is not the truth that but what people say."

 

You are in a “Cartesian” country where “reason” prevails. Unfortunately, whether this refers to rationality or to imagination isn’t clear. Descartes didn't survive in France (He died in Sweden...).

 

The French are masters in “abstraction” and deduction. They are capable of inventing general rules like no other and subsequently apply these to any situation – with of course the inevitable exceptions… to confirm the general rule.

 

The problem is that, depending on their self-interest, they are able to analyse the same situation to be black one day and white the next one. Absolutely mind boggling and destabilizing to a none-French. 

 

If for instance, in a management team, you adopt a decision based upon these and those elements, it could well be that next day, your fellow manager does exactly the opposite. If you ask him why, he’ll tell you that the situation has changed and requires a flexible change of response etc., etc. Don’t get fooled. This just means that he didn’t see his personal interest in yesterday’s decision and that he already decided at the time of the decision… To ignore it.

 

The French don’t like to work together because this exposes them too much towards the colleagues and dilutes the possibility of self-servicing personal interests. Most corporations are conducted by a PDG which translates as "next after God" or "keep talking guys, c'est moi qui décide!"

French love the concept of "elites" although the republique clearly states "liberté, égalité, fraternité". Beware if you dare to challenge an ENArque's or polytechnician's opinion… At that very moment, you are stigmatized as barbarian, a-cultural, stupid, badly-French speaking impolite imperialistic beefeater…

 

All this might sound a bit harsh. In fact, it isn’t.

 

If you adopt a gentle smile, it will help you through those circumstances that otherwise would culminate into conflict. French like people with charm. We, the none-French, haven’t got the French charm in our fingers, but a smile usually will do. The French are very sensitive to a well placed smile. It translates as “I am able to see through you, to ‘relativiser’ as they say, and to play your game without being sucked too much”.

 

That’s it for today.

 

 

06.07.2009

Two men's talk

_She really stole your heart, didn't she?"

_Guess so Charly. Must have been blind."

_You know, women, especially her kind, they seek the triple strike."

_...?"

_Well, they calculate their "coup". A triple strike means they got a guy combining an aristocrat, a sjeik and a student."

_So? What has that to do with me?"

_The "chic", the "check" and the "shock", You must have filled these in somehow."

_You think she calculated it all? She didn't need to. She could afford herself any guy. She was bright, wealthy, under divorce from a kind of prince. Why the hell would she calculate? I always sensed she was in deep pain and that her choice of being an escort was simply to convince herself that she was an attractive young woman who could seduce any kind of guy she wanted. As an escort, she didn't have to start cruising. Her agency only accepted decent guys."

_Yeah. But meanwhile she turned out to get money from our - I mean, your weakness. That is calculated. And since you filled in the other boxes beside the money, you surely were a target to be trapped."

_You probably are right. The way she disposed of me in "overnight", even if she wrote me a goodbye letter, demonstrates somehow that she was calculating... I also think she wanted to get rid of me because our affair was at a point where it could become either "solid for ages" either "Nice to have met you". The former was a potential threath for her since I would soon have discovered why her previous marriages went wrong. She always told me it were her former husbands who chose the wrong track. That must have been a gentle lie... She was French after all."

_Anyway Nemo, you overcame the fact she abandoned you. You found love again."

_I did. Nevertheless, the experience I went through sometimes makes me doubt about a woman's sincerity. Aren't they always calculating their "coup"?

_They probably do to a certain extent. Men can be seduced just for having a short night between the blankets. They are hunters. Most women take the long view. Sex seldom drives their appetite. A perspective of dollars and material comfort do. They are farmers."

_You exagerate Charly."

_Maybe. Anyway, you got yourself a girlfriend who doesn't reason the way white women do. Her african origins and poor background prevented her mind from getting spoiled. You are lucky. She loves you just because she loves you...."

_She is a wonderful person. But I've been supporting her financially for nearly three years - even if she doesn't know that. She could well be dependent from me. Ain't it a kind of Pygmalion relationship? The idea has crossed my mind a few times."

_Nemo, your previous experience made you a bit suspicous. A black woman coming out of the middle of nowhere can't have the mindset of a white-judeochristian-wealthy-golf-playing-highly-educated-would-be-desperate-housewife."

_Charly. I hope you are wrong about most white women. I was a fool to fall in love with the only escort I ever dated. I should have known better. I refuse to think all women are alike."

_Another mojito?"

_No. A double P&M pure malt. Dry."

_Garçon !!"

 

 

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