04.12.2009

Fast Walk

Après le fast food et le fast love, il y a le fast walk: une manière de découvrir une ville en une promenade de moins de 45 minutes, de prendre quelques clichés à la japonaise, faire un petit commentaire question de donner l'air de se cultiver et puis retour à l'hôtel pour bosser. Ben oui, c'est pour cela que je suis à Mexico City.

Je vous invite à me suivre.

Il y a cette façade d'un supermarché qui tente d'immiter celle des Galeries Lafayette. C'est pas aussi féerique mais c'est plus sympathique à l'approche de Noël. En plus il y a un soleil agréable. Il fait 26°. C'est vrai qu'il n'y a pas de neige mais bon, il y a quelques marchands de glace pour compenser.

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A côté, la belle cathédrale. En vrai, les travaux de restauration gâchent la vue ainsi que le trafic infernal. Mais comme cela ne se voit pas sur la photo, j'ai décidé de la publier.

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Ils sont plus tolérants que chez nous ces chicos. Le port d'une burkha qui ne cache pas le visage, est toléré. Peut-être une exemption à prévoir dans le projet de loi interdisant son port.

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 Je - et si vous parvenez toujours à me suivre - nous tombons sur une crèche de Noël qui confirme qu'ils sont vraiment tolérants. Joseph est décidemment gay.

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Partout au monde, l'amour c'est beau. Il rend aveugle aussi mais ça, ils s'en foutent et tant mieux pour eux
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La seule belle femme que nous aurons vue, était sculpturale. Je pensais qu'elle s'appelait "Jouissance" mais en mettant mes lunettes, je vois qu'elle s'appelle "Douleurs". J'aurais dû le savoir car ici, elles s'appellent tout le temps "Dolores" (NDA: parfois précédé de Maria).

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Les historiens ont toujours cru que les Aztèques sont mort de la grippe espagnole. Plus récemment, certains affirment que c'était à cause de la grippe mexicaine. Ils ont tout faux. Je vous dis que c'est la constipation qui les a fait disparaître. Suffit de bien observer pour comprendre.

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Cirage de chaussures: 100 Pesos. Finition en bouche: + 100 Pesos. Avouez que ce n'est pas cher.

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J'aime bien cette oeuvre d'art moderne. En vrai, on dirait un cortège de fantômes. En photo, ça ne donne presque rien. Pas le temps de trouver un bon angle. C'est un fast walk après tout. 
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Nous croisons la n-ième manif de la journée. Selon la police, pas plus de 100 manifestants sans compter la police car police comprise, ils sont trois cents d'après moi. Un pays de rêve selon Sarkozy.
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Voilà. Retour à l'hôtel "Sheraton Centro Historico". Pas la peine de le prendre en photo puisque demain il change de propriétaire pour devenir un "Hilton". Rien à voir avec Paris. D'ailleurs Paris Sheraton n'existe pas. Il y a pas photo.
Sur ce, vu le décallage horaire, je vous souhaite une bonne poursuite de vos rêves alors que moi, je retourne bosser. Z'en avez de la chance.
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19.08.2009

Cascais, mon Amour

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_Ils ont peint les murs en blanc ! C’est beaucoup plus joli ! » s’écria Saown en pénétrant dans l’enceinte de la Citadelle de Cascais, quelques kilomètres à l’ouest de Lisbonne. Elle me sourit. « Je suis heureuse d’être ici avec toi. ».

 

Je l’écoutais pendant que nous parcourions ce qu’elle appelait « ma maison ». Parfois elle éprouvait du mal à parler, prise qu’elle était par l’émotion en revoyant ce lieu d’une enfance déracinée. Malgré son sourire, je vis une larme apparaître au coin de ses yeux. « Disculpa » me dit-elle. « Ne t’en fais pas ma Belle. » Je la serrai contre moi.

 

Elle se souvenait. Dix ans auparavant, elle est arrivée dans ce fort austère comme réfugiée. Elle n’avait rien. Pas de papiers, pas de parents, pas de valise, seule avec sa cousine. Elles avaient été placées à bord d’un bateau de pêche pour échapper aux tueries aveugles perpétrées par des rebelles dans la ville de Bissau. Plus d’un mois en mer, refoulées partout pour enfin arriver au Portugal.

 

_Tu sais, je n’avais que treize ans. Les Portugais nous ont accueillis. Pour nous, les murs solides de cette citadelle signifiaient la vie. Dans mon pays, les gens s’entretuaient. La vie ne valait rien. Ici, nous avions un toit et de la nourriture. Je me suis fait beaucoup d’amis avec qui nous jouions dans l’enceinte du fort et à la plage de Cascais. Je pense que nous étions trop jeunes pour comprendre le drame que vivaient nos parents restés à Bissau. »

 

Saown me montra le dortoir des filles : une longue salle au murs en pierre dénudés dont les fenêtres étaient à trois mètres au-dessus du sol. « C’est là que se trouvait mon lit ! » Me dit-elle et elle se mit dos au mur : « A ma droite dormait ma cousine. A ma gauche mon amie Duda, tu sais, la grande noire que tu as rencontrée à Sao Paulo. C’est ici que nous sommes devenues amies. J’aime y penser. »

 

_Tu as dû avoir froid pendant l’hiver… »

_Non. Je ne me rappelle plus. J’entends seulement le bruit du vent et des vagues qui nous rendait silencieux. Nous rêvions de notre pays que nous ne reverrions peut-être plus. Nous priions pour nos parents dont nous n’avions pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois. Cela je ne l’oublierai pas.

 

Mon Africaine ne se plaint jamais. Elle a toujours un regard souriant. Je le lui dis. En réponse, elle tira la langue.

 

_Tu es une vraie gamine Miss Saozinha ! ».

_Tu oublies d’ajouter que je suis coquine aussi ! Essaie de me rattraper !! » Et elle se mit à courir vers les remparts surplombant la mer. Je la rejoins. Elle regarda la mer. Je la pris par les hanches.

_Pourquoi tu ne cherches plus à m’échapper ? »

_Parce que j’ai envie de toi… » D’un geste sans équivoque elle frotta ses fesses contre mon sex et retourna sa tête pour me lancer un sourire ravageur comme elle seule sait le faire.

_ Saown ! Un jour, you gonna kill me ! »

_Yes !! » Fit-elle en fermant les yeux et en croisant les bras derrière ma nuque pendant que je lui caressais le ventre.

 

Adorable créature. Cadeau des dieux venu de cette terre lointaine aux confins du Sahel.

 

Saown voulait que la visite de la citadelle se termine par un passage à la Chapelle.

 

_Tu ne m’en veux pas si j’allume une bougie et que je prie à la Sainte Vierge? »

_Bien sûr que non. Prends ton temps ma Chérie. »

 

Je la vis s’agenouiller devant la statue de la Sainte Vierge. Je m’éloignai et l’attendis dehors. Le temps était radieux. Cinq heures de l’après-midi. Un soleil toujours aussi généreux. J’étais content d’avoir découvert avec elle une partie de son passé. Je pensai à cette phrase : « Qui n’a jamais été réfugié, ne sait pas ce que vaut la vie… » D’où détenait-elle cette force et cette joie de vivre ? Les conditions de vie dans cette citadelle transformée en camps de réfugiés auraient fait peur à n’importe quel enfant. Elle, elle ne s’en faisait pas. Elle me rejoignit quelques instants plus tard : « Nemo, je voulais te dire que je suis très heureuse. »

 

Nous reprenions nos bicyclettes : « Maintenant, j’aimerais te montrer mon école. Ce n’est pas très loin. Suis-moi mon Amour! ». Elle se mit à chanter en Brésilien en remontant la longue côte en direction de son ancienne école. Avec ses jambes interminables, son visage divin, ses yeux noisette et son sourire ravageur, elle attira tous les regards sur son passage. « Tu es très sexy sur ton vélo, ma Belle ! » Lui lançai-je. « Just for you my Love !» Qu’elle répliqua sans se retourner.

 

Arrivé à l’école, Saown était très émue : « Tu sais,  sans cette école, sans doute je ne serai restée qu’une noire africaine incapable de lire, sans aucune instruction. Tu n’aurais jamais rencontré cette étudiante à Sao Paulo… Je crois au destin, à notre destin. La Sainte Vierge à la Chapelle, elle m’a écoutée quand j’étais une petite fille perdue, une réfugiée sans avenir… C’est pourquoi, je tenais à revenir pour la remercier. »

 

_Saown, tu sais que je ne crois pas en un dieu tel que les hommes aiment le voir à travers leurs religions. Mais à t’entendre, s’il devait exister, ton nom doit être gravé dans sa main… »

 

Je l’embrassai doucement sur la joue. Cette journée passée avec Saown à Cascais, « Cachecaiche » comme ils disent au Portugal, restera gravée dans ma mémoire.

21.07.2009

About the French

 

(Extrait d'un billet écrit il y a quelques années à l'attention de visiteurs étrangers en France...)

 

My experience with “The French”, whether professional or private, open or intimate, friendly or hostile, cultural or gastronomic, stretches over several decades with variable intensity and about six years of semi-permanent stay in the City of Light. I-don't-remember-who once stated that “an experienced person is someone who committed many mistakes but never the same.” Hopefully my own large experience will be helpful to newcomers in France…

 

France is a permanent paradox: “black & white”, “inspiring & conspiring”, “moralizing & cheating”, “left & right”, “visionary & deceitful”, “republican and corrupt”, “Monogamous & permanently two-timing”, “grandeur & decadence”.

 

Since I am far from being a masochist, I clearly like France and even love (most of) its people. But it took me some time to find out some rules and guidelines to survive the French and eventually live “like a King in France” - without losing my head... If you’re well off and living in the nicer part of Paris or countryside, France really is a paradise. But of course, there are the French…

 

To the non-French, my opinion might sound frightening because the French are really peculiar and full of contrast. Don’t be afraid and don’t be surprised. I went through some roller-cast experiences in business and private matters. The French are a strange and unpredictable mix of rational thinking and emotional behaviour. The clue is to find out which part prevails. Once you got that, try to use it to your own advantage. In saying so, I clearly demonstrate I already picked up something about them…

 

Some basic rules to survival in France:

 

Never trust a Frenchy whether it is your business or bed partner. I mean NEVER. Once you stick to that attitude, Frenchies really become enjoyable. Most foreigners might find this a real obstacle in linking up with them. That shouldn’t be the case. If Frenchies cannot be trusted, this has to do with various enrooted cultural, historical, educational, chauvinistic and individualistic bias.

 

A Frenchy always acts or reacts out of self-interest. As long as this basic attitude can be satisfied, they are just wonderful. But be aware that they can suddenly put a dagger in your back while the day before they celebrated your lifetime partnership.

 

How come? First, their public educational system: it privileges the “concours”, a way of filtering out the best students by competition. Teamwork and sporting efforts as catalyst of personal developments are not part of the scheme.

 

The best or ‘elite’ is intended to serve the State or state-owned corporations. Since state and politics are interwoven, a Frenchy, if he wants to make it, clearly has to look after his own personal interests and be very suspicious about his competing colleagues’ career moves. So, a Frenchy will always act ‘politically’ meaning he will put the effort where his own self will be mostly rewarded. That is for the “professional side”.

 

The Frenchy also looks after his “allure” and ability to seduce. The French, and here Napoleon definitely had an impact, are historically conceived to conquer. If not countries or businesses, then at least female hearts. Being a conqueror or seducer is encoded in their genetic material talking about males. Being seduced, pampered, spoiled by a gallery of lovers, is the female’s existential meaning of life.  

 

Within France itself, it is the contest for acquiring power and women that prevails. And most Frenchies play the game without being victimised. As long as nobody looses his/her face, the French are totally committed to seduce, secret love affairs, cheating, … Very seldom this shocks. “C’est normal”. If, as a foreigner, you get caught by a French love affair, don’t be surprised if in overnight she or he is suddenly gone whatever you believed in until that very moment.

 

This could sound demoralizing to the non-French. In fact, it shouldn’t once you are aware of it.

 

An example.

 

If you are with a female partner, permanently ask her whether she is still satisfied and “not yet looking outside” your partnership. In other terms, check on her personal interest and self satisfaction. Even if her answer will be different from her thoughts, you might have a good chance in stopping her tendency to leave the partnership. Questioning her on her intentions always triggers some unspoken reaction such as “My God, how did he know I had sex two hours ago with his best friend?”

 

To hide that reaction, French charm will overwhelm you in all its neutralizing and convincing power. Since that forces you also to an extra-effort (“dîner aux chandelles, bijou de Cartier, sac de Hermès, parfum de Chanel, bouquet de roses …”), you just saved your partnership.

 

Please note that the French are probably the only species where both male and female are experts in seduction. It is part of life.

 

In politics, they are absolutely marvellous. Whether leftist or rightist, lying is seen as morally neutral. Everybody knows that Jaco is a crook, everybody knows that Mitterand forced public companies to pay bribes to his party. But it is accepted. That the successive Presidents – Monarchs without a crown – apart from de Gaulle who was an exception that confirmed the rule, were continuously fooling their spouses, didn’t offend anyone. It even gave them a positive image of “conquerors” towards the female voters.

 

France cultivated a kind of newthink – referring to Well’s newspeak, reality can be fairly different from the way the French perceive it. Since the French are one of the most “monoglot” people in the world, they seldom read or hear how the non-French media comment on them. When Jaco tried to convince the US that starting a war in Irak was immoral and illegal, how many French saw the foreign press commenting on the fact that “it is hard to accept lessons from a crook.” …?

 

“Grandeur & Décadence” are really omnipresent.

 

The non-French probably never have known Serge Gainsbourg – even if this musical genius created many soundtracks for the American movie industry. That guy represents most of the French strong and weak points: wonderful songwriter and composer, fantastic cultural background, incorrigible seducer despite his untidy appearance, sometimes incredibly arrogant and provocative, mostly plain drunken, mixing imagination and truth.

 

The guy was lucky when on national television he once declared to Witney Houston during a prime time show: “I want to f… you right now!”. The French found it absolutely hilarious. If this would have happened in New York, he would still be paying his lawyers…

 

Anyway, back to the initial advice by way of a conclusion on the first rule of survival: never trust the French. Don’t blame them for their lack of fairness. They ignore team play, they mix up facts and opinions, they think their perception of reality is the only right one. They have been dressed to self-fulfilment. Tant pis pour les autres. Un pour tous, tous pour moi.

 

So, dear fellow “in-patriate”, I warned you. What they tell you might be quite the opposite of what happened.

 

Not only to the female but to all the French, the mind sets the truth, not the naked fact. They will always ‘dress’ up the latter so that it suits the way reality should be and not as it is. Napoleon understood this perfectly well: "It is not the truth that but what people say."

 

You are in a “Cartesian” country where “reason” prevails. Unfortunately, whether this refers to rationality or to imagination isn’t clear. Descartes didn't survive in France (He died in Sweden...).

 

The French are masters in “abstraction” and deduction. They are capable of inventing general rules like no other and subsequently apply these to any situation – with of course the inevitable exceptions… to confirm the general rule.

 

The problem is that, depending on their self-interest, they are able to analyse the same situation to be black one day and white the next one. Absolutely mind boggling and destabilizing to a none-French. 

 

If for instance, in a management team, you adopt a decision based upon these and those elements, it could well be that next day, your fellow manager does exactly the opposite. If you ask him why, he’ll tell you that the situation has changed and requires a flexible change of response etc., etc. Don’t get fooled. This just means that he didn’t see his personal interest in yesterday’s decision and that he already decided at the time of the decision… To ignore it.

 

The French don’t like to work together because this exposes them too much towards the colleagues and dilutes the possibility of self-servicing personal interests. Most corporations are conducted by a PDG which translates as "next after God" or "keep talking guys, c'est moi qui décide!"

French love the concept of "elites" although the republique clearly states "liberté, égalité, fraternité". Beware if you dare to challenge an ENArque's or polytechnician's opinion… At that very moment, you are stigmatized as barbarian, a-cultural, stupid, badly-French speaking impolite imperialistic beefeater…

 

All this might sound a bit harsh. In fact, it isn’t.

 

If you adopt a gentle smile, it will help you through those circumstances that otherwise would culminate into conflict. French like people with charm. We, the none-French, haven’t got the French charm in our fingers, but a smile usually will do. The French are very sensitive to a well placed smile. It translates as “I am able to see through you, to ‘relativiser’ as they say, and to play your game without being sucked too much”.

 

That’s it for today.

 

 

19.04.2009

Carte postale

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03.12.2008

Ma bonne étoile

Jusqu’iI y a cinq ans, j’étais un sac vide à peine attentif à une marque d’attention, insensible parce que l’esprit trop occupé à autre chose, que ce soit le job, les enfants, la maison ou les amis.

Matériellement, au début, comme la plupart des jeunes qui se lancent, j’ai mangé mon pain gris. Pendant tout un temps, je ne savais pas ce que j’avais parce que je n’avais rien, tout simplement. Aujourd’hui pareil, à cette nuance près que je ne sais pas combien j’ai. Une partie est le fruit du travail et quelques investissements hasardeux par hasard heureux. Il y a eu cet héritage venu par surprise d’Outre-Mer d’une vieille tante dont j’avais oublié les traits et à qui chaque année j’envoyais une carte de vœux. Elle ne m’a pas oublié. Son testament m’a désigné comme seul héritier. Pas que ce soit du style Largo Winch, mais comme feu son mari avait été captain of industry, c’était pas mal non plus.

Il y a aussi les affaires de la famille, ces trucs que les fainéants  et envieux espèrent de récolter quand « au revoir » ou « adieu » à papa et maman pour de bon. Ce ne sera pas mon cas, tout étant casé en trust et donc «à ne pas toucher». Je trouve d’ailleurs malsain l’idée et le concept de l’héritage assuré – sauf par voie de testament… Avec un petit clin d’œil à celle qui est devenue post mortem l’une de mes nombreuses tantes préférées.

J’ai donc en partie eu du bol et sans doute que je dois être né sous une bonne étoile – signe du Taureau lors d’une éclipse lunaire, le même jour que la date d’anniversaire de Dante Alighieri – d’où mon passage en enfer sans doute - ainsi que celui de la naissance ET la mort de Sydney Bechet, mon clarinettiste préféré avec Woody Allen – né un autre jour et toujours vivant. La bonne étoile de ce jour là, je la partage aussi avec George Lucas, réalisateur de « La Guerre des Etoiles ». Inutile d’insister. Mais le côté zodiaque et matériel des choses ne m’a jamais préoccupé. Aucun intérêt. C’est venu comme c’est venu, que ce soit écrit ou non – à l’exception du testament of course. Que j’ai vécu et que je vis un peu partout dans le monde, que je m’offre le luxe –selon les Français car chez moi, c’est un sport populaire - de jouer au golf et de partir souvent skier en haute montagne, une passion depuis que je sais marcher, que j’ai une maison plutôt grande que je vois rarement, que ma voiture auraient 465 chevaux – selon mes fils - et à peine 6000 Kms parcourus y compris un aller-retour vers le Sud de l’Espagne et la Toscane, je m’en fous éperdument. Tout cela n’est que superflu et je m’en passe de plus en plus voire totalement. La plupart du temps.

Ce qui était absent pendant toute une période de ma petite existence s’appelle tout simplement l’amour d’une femme. Je ne m’en rendais pas compte. J’étais comme un poisson rouge heureux dans son bocal et qui ne savait pas qu’il existe un étang.  Une escorte parisienne, mère de deux enfants en instances de divorce, est devenue ma maîtresse et a éveillé mes sens et du coup activé ma production d'hormones pendant une courte mais chaude période d’été. J’ai passé en quelque sorte l’âge de l’adolescence à plus de quarante ans. Qu’elle m’ait largué n’avait rien d’étonnant. J’étais invivable et pas prêt à m’engager durablement, un contrat de mariage en place n’étant pas encore dissolu. Trop compliqué tout cela. J’en ai quand même souffert d’avoir été largué par cette poisonnière... pardon (pas d'insulte dans ce blog), courtisane: retourner dans un bocal en étant bourré de testostérone après avoir surfé sur des vagues, je vous assure que cela vous porte un joli coup au moral et en-dessous de la ceinture également.

 La situation a évolué depuis sans drame ni blessures. Modus vivendi entre conjoints formels raisonnables, mon épouse à durée déterminée ayant fait le calcul froid mais juste, fidèle à ses habitudes, de tout ce qui fait son bien-être, sa façade de femme bourgeoise vis-à-vis de ses copines et prétendants et - il faut le reconnaître - le bonheur de nos enfants. Si j’ai une qualité, c’est celui d’être un père certes souvent absent mais toujours disponible où que je me trouve. Si j’ai du temps libre ou un peu de vacances en perspectives, dans ces moments-là, je ne vis que pour eux, inatteignable pour le reste du monde en refaisant le monde avec eux. Je les adore et je les sens prêts et pleins d’envie à s’envoler du nid pour découvrir de nouveaux horizons.

Le bilan n’est pas trop mal mais finalement sans importance. Il n’y a que demain qui m’intéresse vraiment. J’ai failli partir l’année dernière pour ne plus revenir. Le départ aux USA n’a duré que quelques semaines because crise financière – j’allais dire heureusement. Le moment n’est pas loin où je quitterai l’Europe à nouveau, cette fois-ci sans projet précis ni préparation aucune – tout ce qui ne me ressemble pas. Je laisserai dernière moi de quoi assurer l’avenir de mes proches quand je serai loin et le reste, je le vends.

J’irai vers un pays dans l’hémisphère sud - que perso je n’aime pas trop - pour tout recommencer from zéro. La raison ? Il y a cinq ans, j’étais un sac vide. Aujourd’hui, mon cœur est rempli. Ce n’est plus la raison mais l’amour qui guidera mes pas vers ce pays où ma bonne étoile ne brille pas. Peu importe si c’est vers l’inconnu. L’essentiel, je le sais depuis bientôt deux ans :

 Elle m’attend.

01.11.2008

Note à dieu

Bonsoir dieu.

 

J’espère que tu ne t’offusques pas du fait que je ne te majuscule - désolé pour le néologisme - pas. Plus aucune envie de te vouvoyer non plus. Cela fait un bail que je ne me rends plus à ton temple sauf, dans le désordre, en cas de cérémonie de mariage, de baptême ou d’enterrement. Cela fait partie des traditions des autres que je respecte – les traditions èt les autres.

 

Ce n’est pas à cause de l'absence de mes deux mes oncles, l’un jésuite, l’autre dominicain, tous les deux ayant rejoint ton paradis – enfin, je l’espère pour eux,  que je n’entends plus ton discours. J’aimais bien les écouter, ces deux compères complices dans la foi de toi. Surtout quand ils se disputaient entre eux : des débats hautement érudits pendant lesquels ils n’hésitaient pas à se lancer des vacheries à propos de Saint Augustin ou Saint François ou autres Saint-paulin d’Isigny AOC pour savoir s’ils étaient surfaits. Ils m’ont toujours impressionnés. Même sans leurs soutanes.

 

Si je te cause à travers ce billet, c’est que j’espère bien que tu réagiras dans un commentaire. Surtout n’hésite pas ! Tu peux même préserver ton anonymat si des fois, tu n’existais pas. Alors, ne te fais surtout pas prier hein !

 

Le sujet qui me trotte dans la tête et pour lequel je m’adresse à toi, c’est la capote, tu sais, ce bout de plastique que tu sembles ignorer voire condamner. Oui, dieu, je sais qu’au début, la capote était faite en tissu de vessie porcine. Je ne vais pas étaler toute son histoire que tu trouveras certainement dans la bible du net, le wikipédia, mais je tenais quand même à souligner le fait que ce sont d’abords ceux qui devenaient roi de par la grâce de toi, qui en étaient les premiers clients quand ils ne voulaient pas ensemencer leurs multiples compagnes successives ou simultanées.

 

Comme ces mecs-là étaient souvent à la tête du troupeau pour étendre ton royaume, ceux de la troupe ne faisaient que les imiter quand ils étaient de sortie à la recherche de jeunes brebis innocentes ou payées par passe. Pas quand ils étaient en campagne bien sûr car pas besoin de capotes pour violer une grosse partie de la chair fraîche de la moitié du peuple conquis par le sang et l’épée. Tout ça en ton nom avec « Dieu est mon droit » ou autres « Gott (*) mit Uns » imprimés sur leur bannières et ceinturons.

 

Toi tu sais tout ça mais tu n’en parles pas. « C’est pas moi ça !! », tu diras, « C’est les hommes ! ». Je sais que je fais mon troll quand je constate que tu les as faits à ton image. Mais tu conviendras avec moi qu’il y a quand même quelque chose qui cloche dans ce que tu as fait.

 

Je reviens à mon problème de capote. Pourquoi tu t’y opposes ?

 

Tu sais bien que je n’en ai fait usage qu’à de très rares occasions. Je ne suis pas du tout capotomane. D’ailleurs, j’étais déjà quadragénaire quand je m’en suis fait enfiler une première par une pro de la chose que j’ai revue à plusieurs reprises et qui un jour, c’était le soir, m’a tout d’un coup enfourché sans dérouler le condom sur mon bout fièrement dressé. C’est qu’on est tombé follement amoureux l’un de l’autre. Elle la première car j’avoue qu’au moment où je sentais sa mouille pour la première fois sans mesure de préservation, qu’un tas de types inconnus et d’abréviations de bestioles douteuses me traversaient le crâne tels que SIDA et autres MST’s. Je ne craignais pas qu’elle soit fertilisée par mon sperme plutôt successful si je m’en réfère à mes statistiques perso. Ma progéniture s’est construite presque à chaque coup du premier coup alors que statistiquement, quand madame est à son plus haut point de fertilité, cela ne réussit que dans 12% des coups, statistiques officielles diffusées par ton vatican. (NDA de toi à moi : comment ils savent ça tes cardinaux ? Ils comptent les coups ? C’est donc ça l’Osservatore Romano ?)

 

Si elle ne risquait pas d’avoir une petite crevette - je parle d’un bébé en gestation, pas de mon zizi, dans son utérus, c’est que la miss avaient toute une batterie de moyens contraceptifs allant de pilules classiques au morning after à prendre après le petit-déjeuner quand elle a les yeux cernés et du mal à digérer le bol de lait battu que je lui ai servie. C’est que nous autres, nous avons les moyens de nous préserver et de contrôler le nombre de bébés que l’on veut bien t’accorder. Enfin, elle, pas moi.

 

La capote et moi, ça ne pose donc pas de problème.

 

Mais il y a un grand « mais ».

 

Tu sais que je me ballade un peu partout dans le monde. Pas pour compter les capotes qui traînent sur les plages au lendemain d’un feu de camps ou autres feux d’artifice. Ni pour visiter les lieux touristiques où « que c’est beau tout ça » ou me dorer au soleil avec mon pécule de vacances de fin d’année.

 

Tu sais que je fais ça parce que je bosse. Ça m’emmène souvent dans des lieux où on a du mal à tenir sans se pincer le né au sens propre. On s’y fait évidemment. Surtout quand on est nez là-dedans. Et ces petits bouts qui courent dans la boue, ils me sourient la plupart du temps quand ils m’aperçoivent. Ils n’ont pas choisi d’être là. Et moi j’ai toujours du mal à sourire mais je le leur rends évidemment en ayant beaucoup de mal à ne pas sortir mon mouchoir. J’ai beaucoup plus de chance qu’eux car à la fin de la journée, je sais que je dormirai dans des draps propres après une douche chaude et froide comme pour me laver l’esprit de tout ce que j’ai vu.

 

Tu me diras, « Bon Moi, quel est le rapport avec la capote et tes ballades de soi-disant anti-touriste qui fait semblant de porter sur ses épaules toute la misère du monde ? »

 

Je te réponds que je t’en veux, dieu ! Quand je me ballade, je distribue parfois ces trucs que tu condamnes à travers la bouche de tes apôtres. Je m’y prends avec beaucoup de précautions parce qu’il n’y a pas que tes apôtres qui veulent m’en empêcher. Il y a aussi les barons, les caIds des bidonvilles et les gens intéressés par l’extension incontrôlée de ton royaume. Cela leur fait beaucoup de petites mains bon marché et même parfois de dealers en herbe(s) ou autres petites crapules qui tôt ou tard pourront leur servir – parfois dans le troupeau, parfois dans la cité des dieux, ta cité !

 

En fait, ça arrange pas mal de monde hein qu’il n’y ait pas de capotes en certains lieux où la nuit un bout de carton est la seule chose qui protège tes agneaux de la pluie qui tombe de ton ciel pendant qu’à côté d’eux, un père désespéré sans protection encule leur mère qui ne sait plus combien elle en a mais qui sait qu’elle en aura bientôt un de plus à donner un nom grevé dans ta main. Ils font ça pour oublier leur misère croyant bien faire sans protection pour la gloriole de ton nom.

 

Ta main doit être grande, dieu. Si ça te dérange ces quelques capotes, toi qui vois tout, mets ta main devant tes yeux et dis à tes apôtres de la fermer avec leurs discours empruntés à tes consignes qui ne font qu'accroître le nombre d'âmes nés dans la misère ou affectés par des maladies à cause de ta volonté.

 

Tu vas me dire qu’il n’y a que l’Amour (**) des hommes qui compte et qui survivra. Je te donne l’avantage du doute et je respecte ton souci de préserver les lois naturelles.

 

Mais tu sais, quand tu tiens dans tes bras un petit bout qui ne comprendra jamais, qui n’apprendra jamais à lire et à compter et qui te regarde une dernière fois, sans cri, incapable de pleurer ou de fermer les yeux, tellement il a faim qu’il ne sent même plus le mal qui ronge son petit ventre aussi gonflé qu’il est grand, alors, tu peux m’envoyer en enfer si je ne te crois plus. Tu me diras que la souffrance a du sens – c’est vrai qu’elle porte en elle son contraire, mais que tu interdises tout ce qui empêche ton royaume de s’étendre ou de s'infester par la baise, là, je ne te suivrai plus jamais : ma foi en toi aura capoté.

 

T’es d’accord ou pas ?

 

Merci d'avance pour ton comm' qui ne sera pas censuré.

 

Sur ce, bonne nuit. Peut-être à demain. Si tu le veux bien... ;-)

 

 

 

 

 

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(*) En fait, les Teutons, c’est des pragmatiques : ils majusculent tous les noms (même les pas propres) y compris le tien.

(**) Avec un grand « A » fait exprès.

 

 

 

Imagens de Mexico (Suite)

Toujours pas de temps pour écrire. Donc quelques images de plus de mon séjour au Mexique pour faire interlude.

Mexique_31102008 003.jpg
Tours à moitié vide du quartier de Santa Fe, Mexico DF
Fête_des_morts.JPG
Petit sanctuaire pour la Fête des Morts, ce 31 octobre
(Tradition de l'époque pré-hispanique, rien à voir avec Halloween)
Mexique_31102008 020.jpg
"Tequila traditional" comme je l'aime accompagnée d'un mélange de jus de tomates et oranges 
assaisonné au Tabasco. D'abord se frotter la langue avec un zeste de limon sâlé.
Ensuite déguster avec modération (C'est fort!)...A mourir!!
(On notera la pollution Halloween exportée par les Gringos...)
W_hotel.JPG
Après la fête et la Tequila, regagner (si possible) les pénates au "W" pour ensuite...
Teotituacan.jpg
... de cet incroyable sanctuaire de Teotihuacan.
Bonne nuit et à bientôt!

31.10.2008

Imagos mexicanos

Comme je n'ai pas le temps pour écrire, voici quelques images prises hier lors de mon déplacement de Mexico DF vers Salamanca.

pêcheur.JPG
Pêcheur
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Lagune
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Un bol de bouillon servi par Maria Dolores
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Piquet de grève (des enseignants) au péage de l'autopista
Mexique_31102008 017.jpg
Chien errant
Hasta la huego.